Histoire des progrès de la géologie, vol. I, p
MESURE DE LA TERRE
mouvement de rotation sur son axe. Cette figure, donnée par la théorie. et vérifiée pour tous les corps célestes que l’astronomie à pu mesurer, a été obtenue par des expériences directes. Ainsi une masse d'eau contenue dans une enveloppe sphérique flexible comme un ballon de caoutchouc, placée sur une plaque tournante et soumise à un mouvement de rotation, se déprime aux extrémités de son axe et se renfle à son équateur. M. Plateau, en faisant flotter librement une boule d’huile dans un mélange d’eau et d’alcool et imprimant un mouvement de rotation au vase qui contenait le tout, observa que la boule d’huile s’aplatissait faiblement, comme la Terre et Mars, quand le mouvement était peu rapide, mais, si celui-ci était de plus en plus prononcé, l’aplatissement devenait comparable et même supérieur à celui de Jupiter et de Saturne, planètes qui, malgré leurs énormes volumes, tournent sur elles-mêmes avec une rapidité telle que leurs jours n’ont que neuf ou dix heures des nôtres.
L’aplatissement de la Terre ou la différence entre ses deux axes, évalué par Newton à 7^ et par Huygens à s’est trouvé, par les nombreux calculs exécutés depuis, compris entre ces deux évaluations extrêmes, quelle que soit la méthode employée, c'est-à-dire les opérations géodésiques et r astronomiques à la fois, les expériences du pendule, ou les inégalités lunaires, cette dernière étant due à de Laplace.
Sans entrer ici dans l'examen comparatif de ces diverses méthodes et des résultats différents qu’ elles ont fournis, la première, celle qui semble la moins susceptible de causes d’erreurs, a donné à Bessel, par la combinaison faite avec soin de 10 mesures de degrés, pour le rayçn équatorial,
6, 377, 308'”. 1, pour le rayon polaire, 0,356,079'". 9, et pour l’aplatissement 7,,*,,,, enfin la circonférence entière ou la longueur totale d’un méridien serait de 40,003,423 mètres*.
1. Dos résultats plus récents déduits par M. Struve et par l'Ordnance Survey ont donné pour l'aplatissement , et M. Yvon Villarcc&u a déduit des travaux relatifs à la géodésie de la France vstar
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DENSITÉ DE LA TERRE
D’après ces données le renflement de la terre à l’équateur serait de 21318"’. 55, et, si on voulait le comparer à la hauteur des montagnes qui nous sont connues, on trouverait qu’il n’est pas égal à trois fois l’élévation du Kintschindjinga audessus de la mer (8587 m.4A), et qu’il est à peu près cinq fois celle du plateau oriental du Tibet (A677ro.j(}8). Quant aux différences qui en résulteraient, suivant les valeurs diverses de l’aplatissement fournies soit par les mesures de degrés, soit par les expériences du pendule, soit enfin par les inégalités lunaires, Alex, de llumboldt fait remarquer qu’ elles ne sont pas aussi considérables qu’on pourrait le croire au premier abord. Ainsi la différence entre et fractions qui sont les limites extrêmes, ne correspond qu’à 2143 mètres, c’està-dire quelle n'est pas le double de la hauteur du Brocken ou du Vésuve, et que c’est le ^ environ de la valeur donnée pour le renflement à l’équateur par l’aplatissement de adopté quant à présent.
§ 3. DENSITÉ DR LA TERRE
La fraction de l’aplatissement admise par les premiers géologues avait été obtenue dans la supposition que toute l’attraction se trouvait réunie au centre même de figure de F ellipsoïde, mais les mesures de degrés les plus exactes ont fait voir que cette valeur était beaucoup trop forte et que la densité intérieure de la terre n’était pas uniforme. De là les nombreuses expériences du pendule porté sur divers points du globe pour mesurer l’intensité de la pesanteur à sa surface, pour apprécier l’attraction exercée par la masse des montagnes sur le fil à plomb et dont Newton semble avoir le premier compris l’importance et cherché à estimer les effets.
On sait que la densité de notre planète peut être déterminée par trois méthodes : la déviation du fil à plomb, les oscillations du pendule et la balance de torsion.
DENSITÉ DE IK TERRE
Par la première, qu'ont employée Hutton et Playfair au mont Schehallien, en Écosse, la moyenne des observations a donné
pour sa densité .' 4,713
Par la seconde, employée par Carlini au mont Cenis, et dont les calculs ont été repris parGiulio, cette densilé s’est trouvée
de 4,930
Et par la troisième, les observations de Cavendish ont donné. 5,448
Celles do M. Reich, en 1838 5,440
Celles de M. Baily. en 18-12 5,660
Celles de M. Reich, en 1847-30 5,577
La moyenne de ces deux derniers résultats, dit Alex, de Humboldt1, donnerait 5,62 pour la densité de notre globe, celle de l’eau étant 1.
On peut remarquer que cette densité est presque double de celle des roches basaltiques les plus compactes, et elle dépasse celle des pierres d’aimant (4,9 à 5,2). La densité moyenne de toutes les roches qui forment la partie connue de l’écorce terrestre ne dépasse pas 2,4 à 2,6. Si l’on admet, avec Rigaud’, que l’élément solide est à l’élément liquide :: 10:27, et si l’on tient compte de la profondeur des eaux qui, sur certains points, dépasse 8000 mètres, la densité des couches situées immédiatement au-dessous de la surface solide et de celle de l’Océan est à peine de 1,5. Plana, qui admettait pour cette dernière 1,83, portait à 16,27 celle du centre de la terre, que de Laplace n’estimait que 10,047, quoiqu’il exagérât celle des couches de la surface et celle du granité.
Mais des observations faites en 1854 par M. Airv, au moyen du pendule, avec une grande précision à ce qu’il semble, dans les mines de Harton, ont apporté un chiffre sensiblement plus fort que tous les précédents, celui de 6,5663. Une modification faite à ce résultat par M. Stocke, en raison de l’effet de la rotation et de l’ellipticité du sphé-