‹ Géologie et paléontologieChapitre 81 sur 190 · ÉPOQUES · texte numérisé non relu

ÉPOQUES

I moderne. # quaternaire.

tertiaire.

secondaire. <

intermédiaire

ou

de transition.

primaire.

Boches

ignées

et

massives

de

divers

Ages.

CLASSIFICATION GÉOLOGIQUE

duisent encore à sa surface, sont aussi les dernières manifestations de celles qui, aux époques antérieures, ont agi avec plus de force et sur un plus grand nombre de points.

Il résulte de là que l’on ne peut tracer de divisions absolues dans l’histoire de la terre; les .plantes n'ont jamais cessé de végéter sur un point ou sur un autre, les animaux de se reproduire ou de se remplacer, les sédiments de se déposer au fond des mers et des lacs, les phénomènes ignés ou volcaniques d'apporter de l’intérieur de la terre des roches diverses, des laves, des gaz et des vapeurs, les fentes de se remplir de substances minérales tapissant leurs parois, et tout cela, pas plus que le temps, n’a cessé de marcher;

Les divisions que nous cherchons à établir : les mots terrain ou ipoquc, formation, système ou période, groupe, etc., dont nous nous servons pour les désigner, ne sont que des moyens plus ou moins artificiels pour coordonner et classer les faits, pour nous les représenter, nous aider à les comprendre «t à les retenir. Le commencement d’une de ces divisions représentatives du temps , auxquelles on attache souvent trop d’importance, n’est séparé de la fin de celle qui l’a précédée, que par des différences le plus ordinairement conventionnelles, |>ar conséquent sans valeur absolue. Aussi leurs limites respectives peuvent-elles être changées sans grand inconvénient, suivant le point de vue où l’on se place, et sont-elles le champ le plus habituel des discussions entre les géologues et les paléontologistes. Les lacunes que l'on croit avoir observées pour les justifier ne sont qu’accidentelles, locales, bornées à tel ou tel pays, mais en réalité les véritables lacunes sont dans nos connaissances et non dans la nature. En effet, au fur et à mesure que les premières se remplissent, on voit disparaître les secondes; et, pour quiconque a suivi attentivement la marche de la science depuis trente ans, ce résultat est déjà très-sensible et l’avenir ne peut manquer de le rendre encore plus frappant.

dépendant ces hiatus ne seront jamais tous comblés, parce

CLASSIFICATION GÉOLOGIQUE. w

qu’il y a bien des feuillets du grand livre qui ont été détruits, et que d’autres se trouvent enfouis «à des profondeurs inaccessibles pour nous. L’induction la plus probable et la plus philosophique à laquelle conduisent les connaissances actuelles, c’est l’enchaînement suivi des faits physiques et biologiques à la surface de la terre, conformément à des lois propres à l’un et à l’autre ordre de phénomènes. 11 ne faut donc pas attribuer à des causes générales des perturbations momentanées et restreintes à telle ou telle contrée, perturbations ou oscillations légères qui n’affectent pas plus, en réalité, 1 ordre de la nature terrestre,' que celles des corps célestes n’influent sur la stabilité de tout le système planétaire. Nous devons donc nous abstenir de ces expressions si usitées, devenues banales et si peu en rapport avec les choses : de révolu! ions du globe , de cataclysmes, de catastrophes, etc., exagérations emphatiques qui n’imposent qu’aux personnes peu versées dans la connaissance des faits, hyperboles de langage pour exprimer des phénomènes dont les résultats, comparés aux dimensions de la terre, sont tout au plus de la valeur de ces taupinières que nous voyons à la surface d'une prairie nouvellement fauchée.

Enlin, ces divisions géologiques de même nom, ne sont point pour cela d’égale valeur relativement au temps qu’elles représentent, ni à l’importance des phénomènes de toutes sortes qu’elles comprennent. Ainsi, il ne peut y avoir aucune comparaison à cet égard entre le terrain de transition et le terrain tertiaire, et l’une des formations secondaires peut représenter un laps de temps plus considérable «pie ce dernier terrain tout entier. Il en est de même des sous-divisions qui sont d’autant moins constantes «pi’elles sont d’un ordre moins élevé, et la formation prise dans son ensemble est plus constante qu’aucun des termes qui la constituent pris en particulier. En résumé , cette classification n’a de valeur qu’en ce qu’elle exprime d’une manière générale la succession ou l’ordre chronologique des faits.

DÉFINITIONS

§ 3. DÉFINITIONS

stratification générai?. — Avant de passer à la description des terrains, quelques définitions élémentaires sont encore indispensables et doivent trouver place ici. Les roches , composées d’une ou de plusieurs espèces minérales, sont, comme nous l'avons déjà dit, stratifiées ou massives. Elles sont stratifiées lorsque leur masse est divisée par des plans parallèles entre eux, qui la partagent ainsi en un plus ou moins grand nombre de couches ou strates, bancs ou lits. Les fentes naturelles qui séparent ainsi le plan supérieur d’une couche du plan inférieur de celle qui la recouvre s’appellent fissures de stratification , et les plans qui la limitent, plans de joints. L’ensemble de ces strates ou couches, avec leurs fissures, est ce que l’on nomme la stratification de la masse ou de la roche; c’est la première chose à considérer dans l'étude d'un terrain, et il faut bien se garder de confondre cette stratification naturelle , résultant du mode de formation de la masse, avec les fentes et les plans de joints accidentels ou adrentifs , sorte de clivages irréguliers ou même réguliers, mais dus à des causes particulières et postérieures à la formation du dépôt. La stratification est régulière lorsque les strates sont parallèles entre eux et se suivent sur une étendue plus ou moins considérable dans la même direction; elle est irrégulière lorsque, placés en divers sens, ils sont contournés et alfectent différentes formes.

inclinaison et direction. — Loin d'être toujours horizontaux, les strates sont fréquemment plus ou moins inclinés par rapport à l’horizon, quelquefois même verticaux; et, si le mouvement qui les a redressés a été très-énergique, ils ont pu être renversés. L 'inclinaison d’une couche est l’angle qu'elle fait avec l’horizon, et cet angle est toujours noté avec soin, de

DÉFINITIONS

même que l’orientation ou le point de l’horizon vers lequel la couche incline ou plonge, comme on dit. La direction est le sens dans lequel elle court ou qu’elle suit; elle est nécessairement perpendiculaire à l’inclinaison, et doit être également notée.

Faille. — On nomme faille une fente produite dans une masse rocheuse, stratifiée ou non, et à la suite de laquelle un mouvement s’est opéré qui a changé le niveau d'une des parties de la masse, de telle sorte que, de chaque côté de la fissure, les mêmes couches ne se correspondent plus. La portion située du côté où la faille incline est alors la plus basse.

Dérangements des couches. — Oll voit par Ce pe U de mots, que les roches stratifiées ont éprouvé, après leur dépôt, des dislocations et des mouvements qui les ont dérangées de leur position première, non pas une seule mais plusieurs fois, et cela dans tous les temps, car nous n’admettons pas qu’un dépôt sédimentaire ait pu se former sur un plan un peu incliné et sur une certaine étendue, sans qu’on puisse le reconnaître.

Stratifications discordante et transgressive. — L observation

démontre qu’après ces déplacements des couches, par rapport à l’horizon, de nouveaux dépôts les ont recouvertes suivant les lois ordinaires ; et, lorsqu’on vient à comparer ces derniers aux précédentes, on trouve naturellement que les couches ne se suivent pas en se superposant; celles-ci s’étendent sur les tranches des anciennes, avec lesquelles elles font un angle d’autant plus considérable que ces dernières étaient plus inclinées. C’est ce que l’on appelle une superposition discordante ou contrastante, par opposition à celle dite concordante lorsque les couches se succèdent régulièrement. Si un dépôt qui en recouvre un autre s’étend beaucoup au delà des limites de ce dernier, la superposition est dite transgressive, sans qu’il soit nécessaire pour cela que le premier ait été sensiblement dérangé de sa position première ou fort incliné par rapport à l’horizon.

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Substances minérales accidentelles. Amas, nids* rognons, veines* filons, géodes, dykes, cto. — Indépendamment de la roche principale, qui constitue la masse stratifiée, on peut y rencontrer des substances minérales qui n’en font pas essentiellement partie, et qui ont été formées en même temps par des circonstances particulières, ou bien y ont été introduites après; les unes constituent ce que l’on appelle des couches subordonnées, des nmus, des nids, des rognons, les autres des veines, des filons ou des géodes, expressions qui n’ont pas besoin de plus amples explication*. Les substances minérales peuvent aussi être disséminées en plus ou moins grande quantité dans la masse de la roche. On nomme stockwerke une portion de roche pénétrée en tous sens de veines ou de filons d’une substance dilférente de la roche elle-même, dans laquelle elle forme une sorte de réseau, l.e dgke est un filon de roche ignée ou volcanique, d’une épaisseur, ou, comme on dit, d’une puissance plus ou moins considérable, traversant une autre, roche et venant souvent former une saillie à sa surface. Ces dernière*! circonstances s’appliquent également aux roches non stratifiées ou massives d’origine ignée.

Substance» minérale» constituant le» rooh ». — Les Caractères

des roches se déterminent d’après les éléments minéralogiques qui les composent, et par conséquent d’après leurs caractères physiques et chimiques; mais, si le nombre des espèces minérales s’élève â plusieurs centaines, on peut dire qu’il n’y en a guère qu’une trentaine qui entrent, comme parties essentielles, dans la composition des roches et par conséquent de la partie connue de l’écorce terrestre. Parmi ces dernières les plus importantes sont le quartz, le feldspath, le mica, le talc, le pyroxène, l’amphibole, le carbonate de chaux ou calcaire, la dolomie, le gypse, la baryte sulfatée, le grenat, la diallage et la serpentine. Si l’on représentait par cent cette même partie supposée connue de notre globe, on pourrait considérer le feldspath et ses variétés ou espèces comme en constituant les le quartz le carbonate de chaux et le

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carbonate de magnésie 7^, le mica 7J7, le talc Tyl, l’argile lf„, le pyroxéne, le gypse et l'amphibole Mais en ne considérant que les couches superficielles , les rapports seraient très-différents, et les calcaires, qui sont en proportions insignifiantes dans les roches cristallines anciennes, acquièrent une prépondérance marquée parmi les roches sédimentaires, à partir d’une certaine époque, et avec les roches argileuses et arénacées (les sables, les grès, les poudingnes ou brèches, et les conglomérats), elles occupent aujourd’hui une trèsgrande partie des terres émergées ou non.

Divisions do l'étude des roches. — On conçoit maintenant que l’étude des roches ou des masses minérales stratifiées ou massives, d'origine sédimentaire ou d'origine ignée, peut être faite sous deux points de vue très-différents : d’abord en considérant ces roches en elles-mêmes, simples ou composées, comme constituant des associations de minéraux déterminées, dans des proportions aussi plus ou moins déterminées, dans tel ou tel état, etc., et cela indépendamment du rôle qu'elles jouent dans la composition de l’écorce de la terre, de la place qu'elles occupent dans ce que nous avons appelé l'échelle géologique ou la série des terrains; c’est l'étude pélrographique ou lilhologique, celle à laquelle on s’est longtemps borné; ensuite en étudiant ces mêmes roches relativement à leur position ou à leur ancienneté, les unes par rapport aux autres, dans cette même échelle ou série géologique.

Dans le premier cas la classification des roches a pour base leur texture ou bien la nature de leur principe dominant, suivant qu’elles sont simples ou composées, que leurs éléments sont discernables ou non, etc., en un mot les caractères minéralogiques ou physiques ; dans le second, tout l’édifice repose sur leur chronologie, leur âge ou leur ordre de superposition. L’une de ces classifications n’exclut point l'autre; on peut même dire qu’elles se complètent réciproquement^ mais, ainsi que nous l’avons déjà fait pressentir, l’étude minéralogique et détaillée des roches ne peut entrer dans un

DÉFINITIONS

ouvrage tel que celui-ci ; elle serait mal comprise d’abord en l'absence des éléments eux -mêmes, et ensuite ce serait sortir du cadre que nous nous sommes tracé et nous éloigner du but que nous nous sommes proposé, en sorte que nous nous bornerons à décrire brièvement et successivement dans chaque terrain les principales roches qu’on y rencontre.

Ces notions préliminaires, nécessaires à l’intelligence de tout ce qui suit, une fois comprises, nous passerons à l’objet principal de notre travail, la Description des terrains.

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