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ORIGINE DES CARACTÈRES ACTUELS

Mais il est essentiel de remarquer que ces roches n’appartiennent pas toutes exclusivement à cette première période historique de notre globe; les porphyres, les diorites, les eurites, les serpentines, les euphotides, les granités même qui semblent avoir formé la base de tout le système, ont continué à se montrer et à surgir à travers des dépôts bien plus récents; ces produits ignés n’occupent donc pas une position déterminée et sont loin d’être tous contemporains. Aussi la connaissance de leur âge relatif nous est-elle révélée seulement par celui des roches sédimentaires dans lesquelles elles sont intercalées ,' ou bien par celui des roches ignées plus anciennes qu’elles traversent.

Ceci n’est pas vrai seulement pour les produits d’origine ignée, mais encore pour ceux d'origine sédimentaire, pour ces schistes cristallins dont on retrouve, dans les régions qui. ont été soumises à de fréquentes dislocations, des représentants pétrographiques tout à fait semblables, quoique d’une époque plus ou moins récente. Mais ces faits particuliers, dus à des circonstances locales, n’affectent point l’ensemble de la classification ; seulement ils exigent que nous disions ici quelques mots sur la cause ou les causes présumées auxquelles on attribue le caractère .actuellement plus ou moins cristallin de ces premiers dépôts de l’ancien Océan.

On a d’abord pensé que les gneiss, les micaschistes, les schistes çhloriteux, etc., déposés comme les sables, les graviers, les vases, etc., de nos jours, ayant été soumis ensuite à une température élevée et pendant un temps fort long, avaient pu, sous cette action et celle d’une haute pression, reprendre les caractères cristallins des roches d’oû ces éléments provenaient originairement. Cette hypothèse ne s’appuie sur rien de positif; ni la faible conductibilité des roches qui formaient nécessairement le substratum de celles-ci, ni la température supposée du fond des mers ne T autorisent. D’un autre côté l'influence des roches ignées.qui traversent les couches de sédiment a exercé sur les parties de ces dernières, avec les-

DES SCHISTES CRISTALLIKS. 367

quelles elles sont en contact immédiat, des actions faciles à apprécier. Elles les ont endurcies, décolorées, y ont développé des substances minérales particulières, suivant la composition de l’une et de l’autre roche , etc. Ces effets chimiques, auxquels on a donné le nom de métamorphisme, se conçoivent parfaitement, mais ne s’observent jamais que jusqu’à une assez faible distance de la roche ignée qui les a occasionnés. 11 semble donc impossible , dans l’état actuel de nos connaissances, d’attribuer les caractères des grandes masses de schistes cristallins à ce métamorphisme de contact. U est certain, en outre, que les dépôts de cette époque n’étaient point chimiquement semblables à ceux qui se sont produits depuis et qui se forment encore sous nos yeux.

En effet, le gneiss et le micaschiste sont les roches les plus abondantes de ces temps anciens, puis viennent les schistes micacés, les amphibolites schisteuses, les pétrosilex, les quartzites, les schistes talqueux ou magnésiens, les schistes ebloriteux, les schistes argileux, tandis que les calcaires ou le carbonate de chaux simple, et les dolomies ou carbonate double de chaux et de magnésie y sont dans des proportions relatives très-minimes, sauf dans quelques régions dont nous parlerons tout à l’heure, et le sulfate de chaux y manque complètement. Ce sont donc les silicates qui régnaient presque exclusivement alors; le carbone, la chaux et leurs principales combinaisons n’y sont que des raretés.

Pour rendre plus frappante la composition chimique du terrain primaire stratifié et l’opposer à celle des dépôts plus récents, on peut supposer;" avec H. -T. de La Bèclie qu’un gneiss où le quartz, le feldspath et le mica se trouveraient en parties égales, renferme :

Silice 70,06

Alumine 43.03

Magnésie 1.66

t. Recherches sur lu partir théorique de la géologie, trad. française, par H. de Collegno, p. ‘208, 1838.

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