‹ Géologie et Sources Minérales et Thermales de la Savoie: Source de l'Échaillon en Maurienne (Examen des Eaux et des Sédiments)Chapitre 23 sur 36 · I. — Essais DE POTABILITÉ N · texte numérisé non relu

I. — Essais DE POTABILITÉ N

Avant de les utiliser en boisson, on doit soumettre les eaux à un examen bactériologique. On procède en outre à la recherche des: nitrites, au dosage de l’azote ammoniacal et organique, des matières organiques.

Si pures que soient les eaux, elles renferment toujours de faibles quantités d’azote ammoniacal (de 5 à 10 centièmes de milligramme), d’azote organique (de 2 à 10 centièmes de milligramme), et d’azote nitrique (quelques milligrammes). Les eaux de bonne qualité ne contiennent pas d’azote nitreux.

On peut observer une fermentation biologique épuratrice sous l’influence des microbes vivant en saprophytes dans les eaux. La molécule organique azotée est attaquée, elle se transforme en acides aminés de structure de plus en plus simple, et, par dégradations successives, aboutit à l’azote ammoniacal. Les bacté-

ries nitrifiantes entrant en jeu, l’azote ammoniacal oxydé donne de l’azote nitreux, et ce dernier de l’azote nitrique terme ultime de l’épuration spontanée des eaux. Au cours de ces transformations, les microbes pathogènes, peu résistants, sont détruits.

Nitrites : Pour cette recherche, de nombreux réactifs ont été proposés (r. de Tromsdorff à l’iodure de zinc amidonné; r. de Griess à l’acide sulfanilique et sulfate de naphtylamine). Le réactif de Lombard (1) est d’une grande sensibilité. On le prépare en dissolvant à chaud 1 gr. d’acide sulfanilique dans 100 cc. d’une solution saturée de chlorhydrate d’ammoniaque pur. On ajoute ensuite 1 gr. 5 de phénol, puis 100 cc. d’acide chlorhydrique sensiblement double normal.

Pour l’emploi, on verse dans 50 cc. d’eau 1 cc. de réactif. On laisse réagir un quart d'heure au minimum, et on rend alcalin par un excès d’ammoniaque dont 1 ce. suffit. En présence de nitrites, il se forme une coloration jaune plus ou moins intense.

Le réactif se conserve bien, mais si l’on s’en sert rarement, il est préférable de remplacer les 100 cc. d'acide chlorhydrique par de l’eau distillée. Dans ce cas, au moment de la recherche des nitrites, on ajoute à 50 cc. d’eau, 1 cc. du réactif non acide, et

1 cc. d’acide chlorhydrique approximativement normal. “

() Bulletin Soc. chim, de France, 1913, p. 304, t. XIII, {

ET

Azote total : On concentre 500 cc. d’eau à très faible volume, et on fait passer, après refroidissement, dans une fiole d'attaque. On ajoute 20 cc. d’acide sulfurique concentré et une goutte de mercure. Après une ébullition de deux heures, on transvase dans le ballon à distillation, on ajoute 80 centimètres cubes de soude caustique concentrée, pure, bien exempte de matières azotées, et aussitôt 5 cc. d’une solution de sulfure de sodium NS. On attelle à l’appareil d’Aubin et distille en recueillant dans l’acide sulfurique N/20. On titre en retour l’ammoniaque dégagée dans la liqueur acide.

Azote ammoniacal : On distille 500 cc. d’eau en présence de magnésie, titre en retour comme précé- . demment l’ammoniaque dégagée dans une solution d'acide sulfurique N/20.

Azote nitrique et nitreux (méthode Dewarda) : Sur le résidu de l'opération précédente, on ajoute 2 gr. d’alliage Dewarda et 20 cc. de soude caustique. On laisse en contact 12 heures. On adapte le ballon sur l’appareil d’Aubin et distille. On titre en retour l’ammoniaque dégagée dans la solution d’acide sulfurique N/20.

Azote organique : On l’obtient par différence entre l’azote total et l’azote ammoniacal, plus l’azote nitrique et nitreux.

Matières organiques : Le dosage par le permanga-

nate de potasse est le plus simple, le plus usité. Il convient toutefois d'opérer dans des conditions de

température, de durée de contact bien déterminées. La méthode comporte deux dosages : en liqueur acide, on n’attaque que les matières organiques complexes, tandis que l’urée, l’acide benzoïque, les produits amidés (leucine, tyrosine, etc.), restent à peu près inaltérés ; en liqueur alcaline, tous ces produits sont décomposés. Une: plus forte réduction dans le deuxième cas indique une contamination probable.

Le mode opératoire est le suivant : Dans deux ballons contenant l’un 200 cc. l’autre 100 cc. d’eau, on verse 10 cc. d’acide sulfurique au quart et 10 cc. de solution titrée de permanganate de potasse. On laisse refroidir et on ajoute dans chaque ballon 10 cc. de solution de sulfate ferreux pour décoiorer. On fait tomber goute à goutte, au moyen d’une burette, la solution de permanganate jusqu’à coloration légèrement rose. La différence entre les volumes de permanganate employés dans chaque ballon fournit la quantité d'oxygène absorbé par 100 cc. d’eau.

Pour le dosage en liqueur alcaline, on procède de même façon, en remplaçant l’acide sulfurique par une solution de bicarbonate de soude.

IT. — ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE On opère sur le résidu d’évaporation d’un litre d’eau, suivant les procédés habituels.

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