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Baie Orange, Anse de la Mission, Côte Sud

Micropegmatite à amphibole. — Sur la côte Sud de l'anse de la Mission, nous distinguons, dan^ la falaise, deux parties : la plus rap-

( * ) Ces variations énormes dans un même échantillon entre les proportions relatives des microlithes de feldspath et des granules de quartz, jointes ù la faible quantité de matière amorphe, à Tabsence de globules pétrosiliceux et au manque de quartz pyramide en grands cristaux, font que la roche ne peut être considérée comme une véritable dacite, mais bien plutôt comme une andésite siiicifiée par suite d'actions secondaires.

Sctble feldspcuhique. — Près de l'embouchure do la rivière qui aboutit à Panse de la Mission, la plage est constituée par un sable grisâtre qui fait effervescence aux acides. Il est essentiellement composé de débris feldspath iques et de grains cristallins de pyroxène. On y remarque une grande quantité de débris végétaux. L'effervescence observée est évidemment due à l'engrais artificiel appliqué à ce terrain qui avait été choisi pour des essais de culture avec des graines apportées par la Mission.

prochée de la rivière semble n'être que le prolongement du massif de micropegmatite ci-dessus décrit. En effet, les différents échantillons recueillis en ce point offrent, à l'œil nu et au microscope (voir PL Vil, fig. i), les mêmes caractères que ceux du massif précédent : ce sont des micropegmatites à amphibole, à grain fin, de couleur rosée avec des taches vertes de hornblende. Les feldspaths y sont profondément altérés, remplis de granules grisâtres qui en troublent la transparence. Le quartz des micropegmatites renferme des inclusions aqueuses à bulle mobile. La hornblende est profondément altérée. L'épidote et l'actinote secondaires abondent dans la roche.

Il semble donc que ce soit le même massif que le précédent, qu'il soit détaché de celui-ci par érosion. La distance qui les sépare actuellement est d'ailleurs très peu considérable, l'anse de la Mission n'ayant à cet endroit que 3oo™ environ de largeur.

Diabase quattzifère. — Le second massif de cette côte Sud de l'anse de la Mission est constitué par des roches à structure granitoïde, à grain moyen, qui semblent à l'œil nu formées de deux éléments : un élément feldspathique d'un blanc grisâtre sur lequel on aperçoit les stries caractéristiques des feldspaths tricliniques, et un élément d'un vert foncé qui est évidemment un silicate ferro-magnésien. Tous ces cristaux fortement enchevêtrés ont, en moyenne, i™™ à 2"*° dans tous les sens. L'aspect général de la roche est donc celui d'une diorite ou d'une diabase.

Au microscope, on reconnaît qu'effectivement la roche est une diabase quartzifère. Le feldspath, en grands éléments très maclés suivant la loi de l'albite, est de l'oligoclase. La plupart des échantillons sont fortement altérés, grisâtres; les angles sont arrondis, les bords souvent corrodés. Ils sont généralement bordés par une zone concentrique de micropegmatite riche en quartz, qui remplit tous leurs intervalles.

Le pyroxène en grands échantillons est d'un jaune paille, transformé en grande partie en amphibole. La transformation s'y est effectuée de l'extérieur vers l'intérieur des cristaux, et aussi tout le long des fentes de clivage. Les grands cristaux sont tellement développés que le magma secondaire de micropegmatite ne joue plus qu'un rôle très accessoire.

Cette micropegmatite est riche en quartz. Le quartz y est limpide, on y observe quelques rares inclusions à bulle mobile. En quelques points, il s'étale sous forme de plages plus étendues, moulées sur les grands cristaux.

Dans les zones de micropegmatite qui encadrent les grands cristaux d'oligoclase, il est fréquent de voir le feldspath de la micropegmatite s'éteindre comme le feldspath central. On voit fréquemment aussi le quartz des plages étendues se continuer avec celui de la micropegmatite contiguè et offrir la même orientation.

Comme éléments d'altération des minéraux de la roche, on observe l'épidote, l'actinote, la calcite et la chlorite.

Les deux massifs dont il vient d'être question, bien qu'appartenant à deux types de roche distincts, ne constituent cependant qu'une seule et même formation. Ils sont reliés l'un à l'autre par une roche intermédiaire offrant le passage de la micropegmatite à hornblende à la diabase quartzifere. Vue à l'œil nu, cette roche est finement grenue, comme la mici:opegmatite ci-dessus décrite, mais elle est de couleur verdâtre, comme la diabase. Au microscope, elle offre aussi des caractères intermédiaires : elle contient de l'orthose, de l'oligoclase avec prédominance de ce dernier feldspath, de l'amphibole; le magma de micropegmatite du second temps, plus développé que dans la diabase quartzifere, y est moins important que dans la micropegmatite à hornblende.

Diorite labradorique. — Dans cette même localité (voir Héliogracures, PL 1), un peu plus au Sud, mais toujours au bord de la mer, un petit massif isolé est formé de bancs d'environ o™,2o d'épaisseur, inclinés de 5** vers l'horizon avec pente vers le Sud. La roche qui les constitue est une diorite labradorique. C'est une roche grenue dans laquelle, à l'œil nu, on distingue des cristaux blancs laiteux d'un feldspath strié et des cristaux à peu près d'égale dimension d'un bisilicate ferro-magnésien.

Au microscope, on voit que la roche est principalement composée de cristaux de labrador ayant environ o™",! de long et o""*", 5 de large, à macles très multiples suivant la loi de l'albite. Ces cristaux sont frais, pour la plupart. L'amphibole qui leur est associée est, au contraire,

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très brisée et, en quelques points, englobe le feldspath. Certaines plages sont formées par des agglomérations de cristaux en débris de labrador et d'amphibole, auxquels viennent s'adjoindre quelques granules de quartz moulés sur eux.

Diabase labradoriqae. — En arrière de ce massif s'en trouve un autre composé de diabase labradorique analogue à tous égards à celle que nous avons précédemment décrite.

Andésite augitique. — Un autre petit massif se rencontre au Sud des précédents, dans la direction de la Pointe Lephay. Il est constitué par une roche très compacte, d'un vert clair. Les échantillons laissent apercevoir, même à l'œil nu, de petits cristaux de feldspath strié d'environ i"™ de long. La roche est disposée en bancs presque verticaux alignés vers le Sud.

Examinée au microscope, cette roche montre une structure microlithique très marquée. Les grands cristaux qui s'y observent sont l'ortliose, l'oligoclase, le pyroxène et le sphène. Ce dernier minéral est abondant dans certains échantillons. Le fer oxydulé est très rare. Le feldspath en grands cristaux est généralement altéré, rempli de particules de chlorite, de calcite et d'épidote.

A l'état de cristaux appartenant au second temps de consolidation, nous trouvons des microlithes de feldspath allongés et en même temps aplatis, frangés sur les bords, le plus souvent en macles binaires, quelquefois cependant en macles multiples, et, dans tous les cas, a extinction longitudinale. Ils sont associés à des microlithes de pyroxène qui se moulent sur eux. La calcite et l'épidote abondent à l'état de produits secondaires.

Il résulte de notre description que la roche en question est une andésite ou une porphyrite andési tique augitique. Cette même roche forme le massif principal de la colline de la Mission; elle s'étend au-dessus des micropegmatitcs.

Tuf andésUique. — Sur la côte Sud de l'anse de la Mission, en continuant à s'avancer vers le Sud-Est, on rencontre une anfractuosité dénu-

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dée, formée par une roche verte très compacte, dans laquelle on ne distingue même à la loupe aucun élément cristallin.

Examinée au microscope, la roche présente une structure microlithique. On y observe, en grands cristaux, du fer oxydulé, de l'augite, de Tamphibole et du labrador. Le labrador présente les macles de Talbite et du péricline. Il renferme des inclusions vitreuses, et, comme produits d'altération, des granules d'épidote. Lepyroxène est en grande partie ouralitisé. Certains échantillons offrent les caractères du diallage.

Les microlithes de feldspath, extrêmement nombreux, ordinairement à macles binaires, quelquefois à macles multiples, sont allongés suivant Vsivète pg* et en même temps légèrement aplatis suivant ^*. Leurs extinctions sont longitudinales. Le fer oxydulé est aussi très abondant, comme élément du second temps de consolidation. Enfin la roche renferme encore à l'état de microlithes de nombreux granules à formes irrégulières, offrant tantôt les caractères du pyroxène et tantôt ceux de l'amphibole, mais plus souvent encore formés par de l'épidote qui résuite probablement d'une épigénie des deux minéraux précédents. En outre, dans quelques échantillons, s'observent des granules irréguliers de quartz moulés sur les microlithes, et paraissant provenir d'actions secondaires, car dans les échantillons qui en contiennent le plus on observe en même temps des nids de calcédoine; on constate aussi la présence de filonnets d'épidote et de calcite.

Dans une même préparation on observe à l'état d'enclave des échantillons qui diffèrent les uns des autres par la dimension des éléments, par leur proportion relative et par leur degré d'altération.

La roche n'est donc qu'un tuf andésitique à éléments grossiers soudés en masse compacte et dont la matière principale est une andésite augitique.

L'un des échantillons les mieux caractérisés comme élément de brèche offre des plages à grands microlithes d'oligoclase disposés en traînées fluidales. La matière amorphe y abonde; elle est chargée de chlorite et d'épidote.

Ces tufs forment des bancs presque horizontaux, dont la stratification est en discordance absolue avec celle des bancs de roche compacte sous-jacente.

Un tuf analogue, très quartzeux, ressemblant, au microscope, à un grès avec quelques plages de roche microlithique, se trouve en face du massif précédent; il est en bancs à peu près verticaux.

Diorite lahradorique quartzifère. — A la surface de la roche compacte qui vient d'être décrite, se trouve au bord de la mer un bloc erratique d'environ 20"*^ {y o\r Héliogravures ^ PL 2), formé par une diorite labradorique quartzifère, offrant le passage à la micropegmatiteà hornblende.

La roche, vue à l'œil nu, est granitoïde, composée d'éléments feldspathiques d'environ i"*"" à 2"'" de diamètre, associés à des cristaux vert foncé de hornblende ayant à peu près les mêmes dimensions.

Au microscope, on reconnaît que le feldspath dominant est du labrador en grands cristaux maclés suivant la loi de l'albite, généralement intacts, quelquefois cependan t devenus grisâtres sur leurs bords ou pénétrés, par places, de quartz de corrosion. L'amphibole, très développée, est de couleur verdàtre avec des taches brunes; elle est dichroïque dans les tons vert et vert brunâtre. Les nuances sont variables suivant que l'on considère la partie verte proprement dite et les taches brunes. La macle suivant A' est fréquente. Les extinctions maximadans les sections longitudinales sont de 18** à 19®.

Au milieu de ces grands cristaux, qui semblent former un premier temps de consolidation, nous trouvons une sorte de magma à gros éléments essentiellement formé de cristaux brisés de feldspath, d'amphibole et de plages de quartz. Le feldspath doit encore être rapporté en grande partie au labrador; cependant quelques-uns des échantillons présentent toutes les propriétés du microcline. Ce magma constitue un second temps de consolidation. Il passe par degrés insensibles aux éléments que nous avons rapportés au premier temps, mais les minéraux qui en font partie sont beaucoup plus fortement altérés que ceux du premier temps; le feldspath est pénétré de quartz de corrosion et quelquefois réduit à un réseau aussi délicat que celui d'une dentelle. 11 est à remarquer que le quartz associé intimement au feldspath et enroulé sur lui ou le pénétrant affecte dans la plupart des plages des formes anguleuses, de telle sorte que l'on voit ainsi tous les passages du quartz de corrosion à la micropegmatite. Et effectivement, si quel-

ques-unes de ces formes anguleuses que prend le quartz semblent résulter du feldspath sur lequel il se moule et dont il suit les formes extérieures ou les clivages, il existe des cas nombreux dans lesquels le quartz qui pénètre un feldspath a des formes indépendantes de celui-ci. Cette indépendance est d'autant plus accusée que la micropegmatite est plus nettement constituée. Le passage graduel de l'un de ces cas à l'autre se manifeste avec une grande évidence.

La transformation d'un feldspath en micropegmatite peut être plus ou moins complète. On voit, par exemple, telle macle suivant la loi de Carlsbad, dans laquelle un des éléments de la macle est intact, tandis que l'autre offre un réseau irrégulier de quartz de corrosion ou même les linéaments réguliers d'une micropegmatite. L'invasion du feldspath par le quartz peut même se borner à une portion d'un cristal.

L'amphibole présente aussi certaines particularités. Dans les échantillons les moins quartzeux, elle parait plus modifiée que dans les autres et l'on observe ce phénomène singulier d'une transformation complète d'un grand cristal d'amphibole en petits cristaux d'actinote orientés dans tous les sens. La matière de l'amphibole parait s'être dissoute sur place et avoir immédiatement recristallisé.

Gomme produits secondaires dans la roche, nous signalerons la présence fréquente de l'épidote et de la pyrite.

Les échantillons que nous avons empruntés à ce bloc proviennent les uns de sa base, les autres de son sommet. Ceux de la base sont les plus quartzifères. L'un des échantillons recueillis à ce niveau était traversé par un petit filon d'épidote.

Diorite andésitique . — En arrière du massif d'andésite augitique et de tuf andésitique, que nous venons de décrire, s'élève une colline d'environ 20" de hauteur, constituée par une roche d'un vert foncé, tachetée de cristaux de feldspath triclinique d'un blanc laiteux.

Cette roche, très compacte, est divisée en bancs à peu près verticaux.

Au microscope, on reconnaît que la roche est à structure granitoïde. C'est une diorite andésitique très décomposée. L'oligoclase est chargée de granules d'épidote et de lamelles de calcite. L'amphibole englobe le

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feldspath de manière à donner à la roche une structure ophitique; elle est en partie altérée et transformée en chlorite ou en épidote.

Diabase. — Sur le même plateau, à 25o" du bord de la mer et à 4oo*" environ dans l'Ouest de la colline précédente, s'observent, au milieu des marécages, des affleurements en forme de petits monticules d'une roche granitoïde dont les éléments ont environ i""° à 2°*" de diamètre. Les grains blancs sont constitués par un feldspath triclinique d'un blanc laiteux; les grains de couleur foncée sont d'un vert noirâtre et formés en majeure partie par un bisilicate ferro-magnésien.

Au microscope, la roche apparaît dépourvue de microlithes. Le feldspath est l'élément prédominant. Il est en grands cristaux allongés à macles multiples suivant les lois de l'albite et du péricline; les bandes maclées sont généralement assez larges. L'allongement a lieu suivant l'arête/?^*. Les cristaux paraissent à peu près également développés suivant/? et suivant g*. Les extinctions de chaque côté de la ligne de macle se font sous un angle maximum voisin de 4^^ d'où l'on conclut que le feldspath en question est de l'anorthite. Ce feldspath est très frais et ne contient que peu d'inclusions; dans quelques échantillons on aperçoit des inclusions à bulle mobile. Il est englobé par le pyroxène qui, dans la plupart des échantillons, est finement clivé à la façon du diallage. Ce pyroxène est à peine coloré; par places il est ouralitisé. L'amphibole qui résulte de cette transformation est d'un vert clair, nettement dichroïque, allongée suivant l'arête h* g* et offre dans cette zone un angle d'extinction maximum de 17*^.

Le fer oxydulé est en grandes plages irrégulières, moulées sur le feldspath ou le pyroxène, ou entraînées au milieu des autres cristaux.

L'une des préparations que nous avons examinées nous a présenté, en outre, du péridot en partie serpentinisé, enveloppé par le pyroxène, et en même temps quelques plages de quartz intercalées au milieu des cristaux de feldspath et rrches en inclusions à bulle mobile.

Sur le prolongement d'un de ces massifs, se voit un filon de la même roche qui représente probablement la bouche de la sortie de la matière éruptive. Les minéraux cités ci-dessus y présentent les mêmes caractères : cependant quelques échantillons de pyroxène y sont transformés

en épidote et en chlorite. Le filon est vertical et a o™,i5 d'épaisseur. Il est dirigé de l'Est à l'Ouest.

Tufandésitique. — Ce massif est traversé de fentes irrégulières, pour la plupart verticales. A sa surface, nous avons trouvé un bloc erratique d'environ un quart de mètre cube, formé par un tufandésitique profondément altéré. Certaines plages, montrant des noyaux feldspathiques en traînées fluidales, sont cependant relativement intactes; mais la majeure partie de l'étendue des préparations est remplie de granules de quartz, de chlorite et d'épidote.

Diahase anorthique à structure ophitique. — Au sommet du plateau dont nous venons de parler et qui se trouve entre la rivière de la Mission et l'anse aux Canards, on voit au milieu du marécage tourbeux qui couvre la surface du sol (voir Héliogravures y PL 10) s'élever des monticules que l'on suit jusqu'à environ Soo"* du bord de la mer. Ils présentent des bancs verticaux de o™,i5 à o™,2o d'épaisseur, divisés par des fentes de retrait.

La roche qui les forme est granitoïde et identique à celle qui vient d'être décrite. C'est une diabase anorthique à structure ophitique. Le péridot ne s'y montre qu'exceptionnellement. En revanche, quelques échantillons renferment du mica noir en lamelles de o"",5 de diamètre, déchiquetées et moulées en général sur le fer oxydulé.

L'anorthite, très fraîche, est englobée par le pyroxène qui souvent passe au diallage, et plus souvent encore à l'amphibole, par voie d'épigénie.

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