‹ GeologieChapitre 29 sur 115 · Iles Guffern · texte numérisé non relu

Iles Guffern

Micro granuUte. — La plus septentrionale des îles Guffern, dans la baie Packsaddle, présente, sur la côte Ouest, une petite falaise de 2™ à 3" de hauteur, longue de 5o™, et qui est constituée par un massif de microgranulite.

Ce massif est divisé en plusieurs bancs horizontaux, épais chacun de 20 à 3o centimètres, séparés verticalement par des fentes de retrait.

La roche offre des variétés nombreuses dont la couleur varie du blanc grisâtre au gris bleuâtre foncé. Dans la majeure partie du massif, cette roche présente, a l'œil nu, une structure granitoïde très prononcée. Dans la partie de couleur claire, on distingue du feldspath en grains de I à 2 millimètres, offrant quelquefois, à la loupe, les stries des feldspaths tricliniques. On y aperçoit aussi du quartz, généralement laiteux et qui, même à la loupe, est souvent difficile à distinguer du feldspath. Au jnilieu de ces éléments de couleur claire, se trouvent disséminés de très nombreux cristaux d'amphibole d'un vert foncé, ayant en moyenne i à 2 millimètres de long. La roche présente, en outre, de nombreux granules de pyrite, et des taches verdâtres formées par des produits d'altération divers. Elle est très compacte; son aspect est l'aspect ordinaire des microgranulites à hornblende dépourvues de quartz bipyramidé.

L'examen microscopique y fait reconnaître, avec plus de netteté, les éléments ci-dessus décrits (voir PL VIII, Jig. i). On voit alors que la roche est bien une microgranulite offrant le trait caractéristique de cette roche, c'est-à-dire la structure granitoïde avec une distinction très marquée des cristaux en éléments appartenant à deux temps de consolidation. Au premier temps appartiennent les feldspaths, orthose et oligoclase, ce dernier beaucoup plus fréquent que l'autre qui semble même faire défaut dans quelques échantillons. L'oligoclase offre la macle de l'albite et celle du péricline, l'une et l'autre manifestées par des bandes nombreuses.

Ces feldspaths contiennent, dans les échantillons les plus intacts,

Mission du cap Horn, IV. ^o

des inclusions vitreuses. Mais, généralement, ils sont altérés et parfois remplis de produits secondaires : opale, quartz, épidote, clilorite, talc, calcite.

I/observation en lumière polarisée et parallèle y montre l'existence de zones concentriques diversement orientées.

Le quartz, comme élément du premier temps de consolidation, est rare et en petits échantillons très irréguliers de contours. Il englobe les autres cristaux, et l'on peut demeurer incertain quand il s'agit d'affirmer qu'il appartient réellement au premier temps. Il renferme de nombreuses inclusions aqueuses à bulle mobile. Dans quelques échantillons exceptionnels, les inclusions à bulle mobile font défaut et sont remplacées par des inclusions vitreuses, brunes, à bulle relativement volumineuse et à contours irréguliers.

L'amphibole, vue au microscope en lames minces, est d'un vert brunâtre clair. Elle présente ses clivages et son polychroïsme normaux. Fréquemment elle est altérée et remplie par de l'épidote et par une chlorite dont l'allongement est de signe négatif. Certains échantillons offrent la macle suivant A'. L'angle d'extinction déterminé sur la face g-', est de 19°.

Le magma de seconde consolidation est constitué par un mélange de granules d'orthose et de quartz. Les grains d'orthose ont des formes grossièrement rectangulaires. Ceux de quartz sont arrondis, parfois soudés les uns aux autres; plus souvent ils semblent cimentés par une petite quantité de matière isotrope.

La partie périphérique du massif offre un cachet particulier. Les roches qui la composent sont à grains beaucoup plus fins que les précédentes, d'un gris bleuâtre clair, et toujours très pyriteuses. Les éléments du premier temps de consolidation ont à peu près complètement disparu. Ils ne sont plus guère représentés que par quelques débris d'oligoclase profondément altérés. Le magma du second temps prend en outre, dans certains échantillons, un caractère spécial. Les microlithes de feldspath deviennent plus nombreux que dans les microgranulites précédentes; les cristaux d'orthose s'allongent, et surtout on observe avec eux un très grand nombre de microlithes d'oligoclase allongés de telle sorte que la roche devient une dacife.

BAIE ORANGE. iil

Micro granuUte à hornblende. — Comme variété exceptionnelle, nous signalerons encore une roche recueillie à mi-hauteur, au milieu du massif. C'est une microgranulite très pauvre en quartz, riche au contraire en hornblende. Non seulement le quartz y manque à l'état d'élément de premier temps de consolidation, mais il est rare dans le magma du second temps, et ne figure guère que sous la forme de plages de formation secondaire (troisième temps). En revanche, la hornblende est fréquente en grands cristaux et, en outre, très développée à l'état de microlithes dans le magma du second temps. Enfin, ce magma contient en très grande quantité des microlithes allongés d'oligoclase, de telle sorte que ces échantillons offrent le passage de la microgranulite à l'andésite amphibolique.

En somme, le massif de la côte Ouest sur l'ile Guffern septentrionale est formé par une microgranulite à hornblende, pauvre en quartz, dont les variétés superficielles deviennent très compactes et à grains fins.

Diorite labradorique, passage aux labradorites {porphyre bleu des Romains), — La côte Est de la même ile présente de petites falaises à bancs inclinés de 5° environ sur l'horizon et plongeant vers l'Ouest.

Elles sont formées par une roche grenue, cristalline, d'un vert foncé, dans laquelle on voit briller de très nombreuses lamelles de feldspath strié, de i millimètre de long, et des cristaux d'amphibole qui ont jusqu'à I centimètre de longueur. En outre, la roche est mouchetée de points pyriteux.

Au microscope, on reconnaît que c'est une diorite labradorique. Les cristaux qui la composent offrent une structure remarquable. Au lieu d'être tous à peu près d'égales dimensions, comme ils le sont généralement dans les roches de cette espèce, ils se présentent en individus de dimensions très variables. Le labrador, par exemple, maclé suivant les lois de l'albite et du péricline, est parfois en individus qui ont jusqu'à I millimètre de longueur et o™™,5 de largeur; mais plus souvent il est en échantillons bien cristallisés, à peu près également développés dans tous les sens et ayant en moyenne o™"*, i à o"°"',2. Enfin, on le rencontre aussi en échantillons plus petits, qui finissent par ressembler à des microlithes.

~î- ■•* ir 1*.» ■€>£«.

y^'s-^v: tr r *l«::

. -At

[*Jt.

-fc.-rJ

l-'^^c^- -1-1-^ l.'Lr --^ "i.- .. *.-!.*.* i'^rl IL

t-^ 1 . ^ : ijf ?• '1,: n-.? . .-ï sil'^^: t -

5:ni'::> r.-iijjt it-j^ii :•.■■-. .. ->: '--ri':: it T..r l.l-^ li-c-i: •••rÎLr^

des iavlu>io:î> v;trva>rf.

Il rt*>ulte de l^t de>v'r::«^.!i .^i-r -. i> at.i^ £•.!.-?•* i:* ^^fti* r»>:i* qu'elle lUFre le j^assi^e de< i::r.îr> I*.: n i. r.zi-?-î^4:^lii ni.: -::*$. EL.e correspond au tvi>eb-ea o.'H-u iu r-.r;iTre i^-^i it:f 5..zll::<. iesmca- U^ie> de TEstereK

Page 1