Ile Périer et île de Pâques
Granulite. — L'ile Périer, dans le Nord du New Year Sound, présente deux sortes de roches distinctes; l'une est blanche, tachetée de quelques points verdàtres très clairsemés. Cette roche est grenue; à l'œil nu elle ressemble à une granulite à grain fin. A la loupe, on reconnaît qu'elle est essentiellement feldspathique, mais on y distingue aussi des parties quartzeuses. Notons en outre que les échantillons provenant de cette localité se présentent en blocs anguleux et semblent provenir d'un banc stratifié désagrégé par le choc du marteau.
Au microscope, la structure granitoïde de la roche apparaît encore mieux. On voit qu'elle est essentiellement composée de feldspath et de quartz. Le feldspath dominant est l'orthose maclé suivant la loi de (^arlsbad et légèrement altéré. L'oligoclase est relativement très rare. Le quartz, riche en inclusions aqueuses à bulle mobile, moule les feldspaths, mais constitue aussi des plages d'apparence calcédonieusc dont les éléments présentent des formes cristallines propres. La roche contient du mica noir fortement altéré, devenu d'un vert clair et ne possédant plus qu'un faible polychroîsme ; néanmoins, l'état initial de ce mica apparaît encore dans la plupart des échantillons qui offrent des parties relativement intactes. Ce mica montre d'ailleurs tous les caractères optiques habituels de la biotite.
La disposition déchiquetée du mica pourrait porter à croire que l'on
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a affaire ici non pas à une roche éruptive telle qu'une granulite, mais bien plutôt à un gneiss à mica noir, comme ceux que Ton rencontre à la base de la série gneissiquc. Mais nous devons constater que les éléments minéralogiques de la roche n'offrent aucun alignement régulier, et surtout nous devons tenir compte de la ressemblance extrême qui existe entre cet échantillon et d'autres dont il sera question ci-après, lesquels proviennent d'une roche filonienne. Nous croyons donc devoir rattacher aussi la roche en question k la série des roches éruptives et nous pensons qu'il faut y voir une granulite dont les éléments offriraient une disposition élastique anormale.
Diorile lahradorique à structure ophitique, — La seconde roche qui a été recueillie dans l'ile Périer est essentiellement différente de la précédente. Elle est d'un vert foncé, grenue, cristalline, très dense. A la loupe, on reconnaît qu'elle est essentiellement amphibolique. On y aperçoit des cristaux de hornblende ayant i'"'" environ de longueur, associés à de petits cristaux de feldspath strié, offrant à peu près les mêmes dimensions. On peut dès lors la déterminer comme une diorite.
L'examen microscopique confirnie cette détermination. La roche, en effet, peut être considérée comme un type excellent de diorite lahradorique à structure ophitique. La hornblende offre cette particularité remarquable que sa cristallisation s'est opérée en plusieurs stades successifs. En effet, après la cristallisation du labrador, il a commencé à se produire des petits cristaux de hornblende distribués irrégulièrement dans l'intervalle des individus feldspathiques, puis de nouvelles cristallisations du même minéral se sont opérées et il s'est formé alors de grands cristaux de hornblende englobant à la fois les feldspaths et les petits cristaux du bisilicate magnésien antérieurement formé. Nous ferons observer d'ailleurs que la hornblende, quel que soit son moment de consolidation, offre les mêmes caractères physiques : couleur vert clair, polychroïsme faible, etc.
Diorite lahradorique à structure ophitique. Granulite. — Au Sud de l'ile Périer se trouve une autre île désignée sur la Carte sous le nom d'île de Pâques.
Le massif central de l'île nous offre les deux types de roches déjà con-
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statésdans l'ile Périer, la masse principale étant formée par une diorite labradoriquc à structure ophitique, identique à celle que nous venons d'étudier à propos de File Périer, et cette masse étant traversée par un filon de o"*, 25 d'épaisseur dirigé du Nord-Ouest au Sud-Est, constitué par une roche blanche granitoide, analogue aussi à celle que nous avons décrite sur l'ile Périer. La roche de ce filon, vue au microscope, offre des caractères singuliers. Nous y trouvons, pour ainsi dire, l'exagération des anomalies signalées à propos de la roche blanche de l'ile Périer. Ce sont, en effet, les mêmes éléments qui s'y observent : orthose dominant, quartz très abondant, oligoclase rare, mica noir altéré; mais l'aspect brisé de tous ces éléments et, en particulier, l'état déchiqueté du mica sont encore plus marqués. Si Ton n'était certain que cette roche est filonienne, on serait tenté d'y voir un produit élastique, formé d'éléments agglomérés par un ciment quartzeux. La consolidation postérieure du quartz et sa tendance à prendre des formes cristallines propres sont, en effet, très nettement indiquées. La roche doit donc être déterminée comme une granulite; son origine éruptive est incontestable; mais, en même temps, nous ne pouvons nous empêcher de faire ressortir le caractère singulier de ce produit qui, au point de vue pétrographique, ressemble plutôt à certains gneiss très quartzeux qu'à une véritable roche éruptive.
La même ile a fourni d'autres échantillons remarquables.
Gabbro-labradorique à structure ophitique. — Un bloc détaché, recueilli sur le sommet de l'ile, est formé par un gabbro-labradorique à structure ophitique. A l'œil nu, on distingue immédiatement le bisilicate magnésien et le feldspath qui sont les éléments principaux de la roche, et qui n'ont pas moins de i""" à 2'"'" de longueur. La cristal- Unité et la structure granitolde de la roche apparaissent donc au premier coup d'œil. Au microscope, le labrador se montre en beaux échantillons bien conservés, renfermant seulement a l'état d'inclusions quelques particules noires opaques, métallifères. On y observe la maclc de l'albite en bandes multiples. Ces cristaux, très nombreux et bien développés, sont moulés par des cristaux de diallage partiellement transformés en hornblende; tantôt la transformation est bornée à la
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périphérie du minéral, d*autres fois elle est complète. A la place du minéral primitif, nous ne trouvons plus que des cristaux d*actinote distribués irrégulièrement ou disposés en faisceaux radiés. Cette roche peut être rattachée a la diorite labradorique qui forme la partie principale du massif de Tile, et en être considérée comme une variété.
Diorite anorthi'jue à structure ophitique. — Nous rattacherons également à la roche du massif principal une diorite anorthique à structure ophitique recueillie en un autre point de l'île. Cette roche, vue à Tœil nu, offre les mêmes caractères que celle du massif principal; mais elle se distingue, au microscope, par les propriétés optiques du feldspath qu'elle renferme, par l'abondance de la hornblende, par le développement et la pureté des cristaux de ce minéral.
yJmphiboliie. — Enfin, dans la collection de roches rapportée de l'ile Périer, il nous reste à signaler certains échantillons de couleur vert-bouteille, à grain très fin, très compacts, dont les éléments sont indéterminables à la loupe, et qui, au microscope, offrent des caractères s'éloignant notablement de ceux de toutes les roches qui viennent d'être décrites. Cette roche, en effet, se montre essentiellement composée d'une masse amorphe dans laquelle sont alignés de nombreux cristaux de hornblende très étroits, très allongés, ressemblant à de grands microlithes, parfois maclés, et en même temps des petits microlithes très clairsemés d'un minéral incolore, à extinction longitudinale, à signe d'allongement négatif, non maclé, peu biréfringent. Ajoutons que la roche est profondément altérée, qu'elle renferme un peu de quartz secondaire, de la pyrite et beaucoup d'épidote. II est difficile de se prononcer sur la nature exacte de ce produit, ne connaissant pas parfaitement les conditions de son gisement. Nous en faisons un schiste amphiboliquc, sans être certain de cette détermination.