‹ GeologieChapitre 95 sur 115 · ILE BURNT (BAIE DÉSOLÉE · texte numérisé non relu

ILE BURNT (BAIE DÉSOLÉE

Granité à amphibole. — Les côtes Est et Nord-Est de l'île Burnt, dans la baie Désolée, entre l'île Stewart et la Terre de Feu, sont composées d'un granité à. amphibole à grain très fin, dans lequel l'oligoclasc et l'orthose sont à peu près en égales proportions. Le mica est fortement altéré et transformé en chloriles dont les cristaux, bien développés, sont enchevêtrés dans tous les sens.

Mission ducap Uorn, IV. * DI

âOâ MISSION DU CAP iion.N.

Un autre échantillon recueilli à Tîle Burnt appartient k la même roche. L'amphibole est seulement plus développée que dans l'échantillon précédent; le mica noir est fortement altéré, ses feuillets sont disloqués : en s'écartant les uns des autres, ils forment des espèces de boutonnières dans lesquelles il s'est produit une géode dont les parois sont tapissées par de minces lamelles de mica blanc sériciteux, allongées perpendiculairement à leur surface d'implantation. L'apatite, lo zircon et le fer oxydulé sont fréquents dans cette roche comme dans la précédente. L'oligoclase s'y montre en beaux échantillons très frais, zones, offrant à la fois la macle du péricline et celle de l'albite. Le quartz, riche en inclusions à bulle mobile, englobe les autres cristaux; mais, lorsque plusieurs de ces individus sont accolés les uns contre les autres, leurs surfaces de séparation sont polygonales. Ce quartz a donc une tendance marquée à prendre des formes cristallines propres, fait plus habituel, comme on sait, auxgranulites qu'aux granités.

Diorite andésitique quartzifére. — M. Lovisato a recueilli dans l'île Burnt des échantillons d'une roche granitoide dont les grains, les uns blanc laiteux, les autres noirs, ont environ i""'" à 2™"* de diamètre. Les premiers appartiennent à un feldspath triclinique dont les stries sont visibles à la loupe; les autres sont constitués par de l'amphibole d'un vert extrêmement foncé.

Au microscope, on reconnaît que la roche est une diorite andésitique. L'amphibole, fortement polychroïque du vert foncé au jaune brunâtre, offre, dans les sections longitudinales, un angle d'extinction maximum de 21*^. Elle est altérée en quelques points et transformée en chlorite et épidote; ses bords sont fortement échancrés et déchiquetés; elle contient des enclaves d'oligoclase et, réciproquement, elle se trouve aussi enclavée dans ce minéral. L'apatite et le fer oxydulé sont très fréquents dans la roche. Le quartz apparaît comme élément accessoire moulant les autres minéraux; il se montre aussi dans les trous de corrosion de l'amphibole et du feldspath.

Diorite quartzifère {passage au granité à amphibole). — Une autre roche de l'île Burnt offre, à l'œil nu, exactement les mêmes caractères

que la précédente. C'est aussi une diorite quartzifère. Cependant on y observe quelques grands cristaux d'orthose dans lesquels Toligoclase est enclave. La présence de Tortliose montre que cette roche peut être considérée comme constituant le passage de la diorite quartzilèrc au granité à amphibole. Si nous donnons à cette roche le nom de diorite plutôt que celui de granité, cela tient à ce que Torthose et le quartz y sont véritablement accessoires. L'orthose dont il vient d'être question est remarquable en outre par quelques caractères particuliers : les inclusions y abondent; on y trouve surtout du fer oxydulé, des lamelles d'amphibole et des petits prismes d'un vert grisâtre clair, non polychroïques, ayant les clivages, les extinctions, la réfringence et la biréfringence du pyroxène; les angles de ces cristaux prismatiques sont émoussés. Il est singulier d'observer ainsi des inclusions d'augite dans les feldspaths d'une roche, alors que ce minéral ne paraît pas, d'autre part, faire partie intégrante de celle-ci.

Les roches de l'île Burnt qui viennent d'être décrites, quoique rattachées par nous à des types pétrographiques différents, sont extrêmement voisines les unes des autres. Les unes sont identiques au granité a amphibole recueilli par la Mission française et décrit ci-dessus (p. j8o); les autres doivent être considérées comme desdiorites quartziferes. Dans la série en question, on observe des passages marqués entre ces deux roches; à mesure que l'on descend du granité à amphibole vers la diorite, on voit l'oligoclase devenir de plus en plus prédominant, et, en même temps, Torthose et le quartz diminuer. Nous avons vuaussi le granité à amphibole, dans certains échantillons, tendre à se transformer en une granulite à amphibole par suite de l'individualisation du quartz. Il semble donc que toutes ces roches se rapportent à une même poussée éruptive dont elles représentent des types variés. Elles expliquent même la présence dans Tile Burnt de types extrêmes accidentels, plus éloignés encore des précédents, et que nous allons décrire ci-après.

Micropegmatite à hornblende. — Le premier est une roche granitoïde à petit grain, de couleur foncée, où les grains d'amphibole d'un noir verdàtre se détachent nettement des cristaux blancs de feldspath

triclinique. Au microscope, on y aperçoit les éléments précités. Cependant Toligoclase n'est pas le seul feldspath de la roche; il est associé à de Torthose, et, quant à l'amphibole, elle provient très nettement d'une ouralitisation. L'intérieur de ces cristaux offre des mailles irrégulières correspondant à la partie intacte du minéral pyroxénique. Celui-ci présente les clivages et les extinctions du diallage; il est d'un gris clair. L'amphibole est d'un vert foncé. Le quartz, très abondant, est distribué en grandes plages pegmato'ides dans l'intervalle des cristaux de feldspath et de hornblende. La plupart des cristaux de feldspath sont environnés de larges auréoles de micropegmatite. La roche contient en outre du mica noir très altéré et transformé presque entièrement en chlorite.

Andésite augitique (ou porphyrite andésitique). — Cette micropegmatite est traversée par un filon d'une autre roche qui se présente en masse très compacte, à grain très fin, de couleur foncée. Même à la loupe, on n'y distingue aucun élément cristallin. Au microscope, on constate que c'est une roche andésitique à structure microlithîque. Elle est composée exclusivement de microlithes d'oligoclase, d'augite en microlithes et en très petits cristaux de premier temps, et de fer oxydulé microlithique. C'est une andésite augitique ou mieux, si l'on en juge d'après les caractères physiques de la roche, une porphyrite andésitique et augitique.

Gmnulite. — Près du bord de la mer, sur l'île Burnt, M. Lovisato a recueilli une granulite à gros éléments, composée d'orthose, d'oligoclase et de quartz, avec quelques lambeaux de mica noir fortement altéré, des grains cristallins de fer oxydulé et du sphène. Le quartz offre des formes cristallines extrêmement accusées et la roche, à l'œil nu, a toutes les apparences d'une pegmatite.

' Labradorite, ou porphyrite labradorique. — La partie orientale de l'île Burnt a fourni à M. Lovisato deux catégories de roches microlithiques bien distinctes. La première paraît, à l'œil nu, finement grenue. Le microscope y montre des grands cristaux de labrador et d'augite, des microlithes de ces deux minéraux et du fer oxydulé. C'est une labra-

APPENDICE. âOo

dorite ou porphyritelabradorique; nous avons examiné des échantillons provenant de deux points de l'île Burnt et qui ne diffèrent Tun de l'autre que par la grandeur des cristaux.

Trachyte augitique^ ou porphyrite syénitique augitique. — La seconde roche provenant de la partie orientale de Tile Burnt est à grain beaucoup plus fin, d'un gris foncé. Elle est également microlithique, mais son aspect au microscope diffère complètement de celui de la précédente. Les grands cristaux y font défaut et les microlithes de feldspath, pour la plupart, n'y sont pas maclés. Ils sont étalés en larges lamelles feuilletées et ressemblent aux microlithes de sanidine des phonolithes. Ceux de ces microlithes qui sont allongés offrent quelquefois la macle de l'albite, mais leur angle d'extinction maximum ne correspond ni à celui de l'oligoclase ni à celui du labrador; il est de 12^. Si l'on s'en tient uniquement à ces considérations optiques, l'opinion la plus probable qui ressortirait des faits observés, c'est qu'on aurait affaire dans cette roche à deux catégories de microlithes feldspathiques : des microlithes lamelleux et frangés de sanidine, et des microlithes allongés d'albite. Si l'on adopte cette idée, la roche devrait recevoir le nom de trachyte augitique ou de porphyrite syénitique augitique.

Granulite. — Sur la côte Sud-Ouest de la Terre de Feu, près de l'entrée Ouest du canal du Beagle et vis-à-vis de la côte Est de File Chair, M. Lovisato a recueilli une roche granitoïde à gros grain dans laquelle on distingue, à l'œil nu, du feldspath d'un blanc laiteux, des grains de quartz, dont quelques-uns à sections hexagonales, et du mica noir. Au microscope, la roche se montre comme une granulite normale. On y trouve de l'orthose, du microcline et de l'oligoclase, avec enclaves de mica noir, d'apatite, quartz de corrosion et lamelles de mica blanc. Le mica est d'un vert-bouteille, très fortement polychroïquc, à deux axes extrêmement rapprochés. Il est échancré sur ses bords et enclave de gros grains cristallins d'épidote provenant de son altération. Le

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quartz est en grandes plages moulant les autres minéraux de la roche, ayant, pour la plupart, des formes cristallines propres. Quelques-unes sont en prismes bipyramidés très nets. Le mica blanc est en grandes lamelles, il offre les propriétés optiques de la muscovite.

Schiste amphibolique épidotifère. — Dans la même localité, en s'avançant vers l'Est, on rencontre une roche schisteuse, d'un gris verdàtre foncé, à grain très fin. C'est un schiste amphibolique épidotifère. L'épidote se montre en beaux groupes radiés. L'amphibole est d'un vert clair, polychroïque dans des tons qui varient du jaune clair au vert; son angle d'extinction maximum dans les sections longitudinales a été trouvé de 20^. La roche contient en outre un peu de quartz et quelques granules de fer oxydulé.

Schiste argilo-quartzeux amphibolifère. — L'Ile Gordon, à la bifurcation du canal du Beaglc, a fourni à M. Lovisato des échantillons de schiste argilo-quartzeux amphibolifère, qui ne diffère de celui que nous avons déjà décrit dans la même localité, à la page i46, que par le développement plus marqué de l'amphibole. Ce minéral s'y montre en longs prismes, pour la plupart maclés suivant A*.

En face du point de l'Ile Gordon où cette roche a été recueillie, se trouve, sur la côte Sud de la Terre de Feu, la baie Pia, remarquable par l'ensemble de pics neigeux qui l'entourent et par la terminaison de l'un des glaciers provenant du mont Darwin. C'est l'un des fiords les plus imposants de la Terre de Feu (voir PI. 15).

Schiste amphibolique épidotifère. — Les récifs de l'anse Gertrude, dans le bras du nord-ouest du canal du Beagle (côte méridionale de la Terre de Feu, au nord de l'ile Dcvil), sont constitués par une roche schisteuse, cristalline, d'un gris verdàtre parsemé de taches beaucoup plus foncées. Cette roche est formée par une réunion de bandes composées d'actinote, d'épidote avec quelques traînées de rutile et un peu de quartz.

Micaschiste granatifère. — L'anse Gertrude a fourni aussi des échantillons d'un micaschiste d'un gris foncé lamelleux, à surface argentée, parsemée de grenats en saillie. Au microscope, on reconnaît que ce

micaschiste est formé de grandes lamelles de mica noir fortement altéré, contournées et plissées, associées à des grains de quartz et à de gros cristaux de grenats. Du mica blanc sériciteux et des grains charbonneux abondent également dans la roche et y forment des traînées très ondulées.

Si l'on fait abstraction de ce micaschiste qui appartient à l'étage des micaschistes proprement dits, c'est-à-dire au niveau moyen de l'étage désigné par la lettre s^ sur le Tableau de la Carte géologique de France, les autres roches que nous venons de décrire de l'île Gordon et de l'anse Gertrude doivent être rattachées au niveau des schistes chloriteux des Alpes, c'est-à-dire à la partie supérieure du même étage Ç^, ou peut-être même à la base du cambrien.

Chbrito-schiste. — La baie de Yendegaïa (canal du Beagle) est entourée de montagnes dont la base est formée par un schiste vert à grain fin, amphibolique, épidotifère, identique à plusieurs de ceux que nous avons déjà décrits dans l'anse Gertrude. Mais, sur la rive droite de cette baie, on trouve en outre, à l'état de noyaux ou de petites lentilles, dans ces schistes verts, des produits d'un vert foncé, à grain très fin, cristallins, constitués par un chlorito-schiste. Au microscope, on voit que l'échantillon examiné est entièrement composé par de petites lamelles ayant environ o"*™,i, vertes, polychroïques dans des tons qui varient du vert d'herbe au blanc. Le sens d'allongement des lamelles n'est pas constant; elles présentent un clivage unique, caractérisé par des stries fines. L'axe Up est dirigé suivant ces stries. Cette chlorite est donc positive. Quand on observe le minéral avec un seul nicol, il est vert suivant rip et blanc suivant n^. Ce minéral est à deux axes très écartés. La biréfringence est très faible, nous l'avons trouvée égale à 0,004. Là dispersion des axes d'élasticité est assez notable; car, lorsque l'on place la préparation entre les niçois croisés, de telle sorte que la direction des clivages soit à 45** par rapport à celle des sections principales des niçois, on voit les lamelles se colorer les unes en violet et les autres en jaune. Les propriétés que nous venons de signaler rapprochent le minéral en question de l'espèce de chlorite connue sous le nom de ripidolue.

Quartzites. — Au milieu de ces schistes, se trouve un quartzite schis. teux composé de petits grains de quartz d'environ o"",o5 de diamètre, parmi lesquels on distingue quelques longs prismes d'amphibole transformés en chlorite et alignés dans une même direction. On y voit aussi quelques petits tétraèdres de pyrite.

Au fond de la baie Yendegaïa, un quartzite plus grossier a été recueilli par M. Lovisato dans les schistes verts où il se trouve en amas ou en veines. Il offre la même composition que le précédent dont il se distingue par la présence de concrétions de pyrite en partie transformée en limonite et par le développement de concrétions de carbonate de chaux.

Quartzite à èpidote, — Au milieu des schistes amphiboliques de la rive gauche de la baie Yendegaïa, on observe des lits de quartzite dans lesquels le quartz est accompagné de cristaux prismatiques cannelés, d'un blanc légèrement grisâtre, de plus d'un centimètre de long, ressemblant au premier abord à de la zoisite. Mais, au microscope, on reconnaît que les cristaux en question sont de l'épidote nettement caractérisée par ses extinctions et surtout par le chiffre élevé de sa biréfringence. On a là un exemple curieux d'une épidote sensiblement incolore. M. A.Lacroix a étudié le minéral en question. Nous extrayons des Comptes rendus de r Académie des Sciences (2^ janyier 1887) les résultats auxquels M. Lacroix est arrivé ( * ).

M. Doraenico Lovisato, professeur à TUniversilé de Cagliari, a rapporté de la Terre de Feu une épidote blanche formant avec du quartz des veines au milieu d'une série de schistes chlorito-amphiboliques de Yendegaïa (Terre de Feu ), canal du Beagle, et dont il a bien voulu me confier Texamen.

Ce minéral forme des masses constituées par des aiguilles blanches clivables dans deux directions parallèles à leur allongement.

L'examen de leurs propriétés optiques fait voir qu'il doit être considéré comme une épidote. En effet, il est monoclinique, allongé suivant l'arête ph^ (001) (100). Le plan des axes optiques est parallèle hg^{ojo)', la bissectrice

(") C'est par erreur que dans la Note de M, Lacroix publiée dans les Comptes rendus ce minéral est indiqué comme provenant de Garda (île Hoste).

est négative et normale à une face de la zone ph^ {ooi){ioo). L'écartement des axes optiques est très grand, 2v = 75» environ.

La biréfringence subit les variations considérables caractéristiques de répidote et signalées autrefois par M. Michel Lèvy; son maximum est

n^—- np=i o,o4 environ.

On observe une grande quantité d'inclusions à bulle mobile. Chauffé au rouge, ce minéral réduit en poudre fine s'agglutine et devient brun; au chalumeau, il fond en donnant une scorie brune en forme de chou-fleur.

Avec le borax, il donne les réactions du fer et de la silice. A peine attaquable par les acides bouillants, la substance se dissout facilement dans l'acide chiorhydrique en faisant gelée lorsqu'elle a été calcinée.

La densité, à h- 5% est de 3, 21 (*).

L'analyse, faite d'après la méthode Deville, m'a donné les résultats suivants :

Oxjfène. Rapports

SiO'..: 37,95 20, a4 3

FeO 7,83 1,74 J

CaO ao,34 5,80(7,91 i

MgO 0,93 0,37 )

Perte au feu 2 ,64

100,07 Les rapports

RO: Al«0»:SiO»:: 1:2:3

peuvent s'exprimer par la formule

6R0, 4 Al» OS 9 Si OS RO = (o,22FeO-ho,78CaO).

Cette épidote est remarquable par sa richesse en alumine et par le degré d'oxydation du fer qu'elle renferme. Son aspect extérieur lui donne une grande ressemblance avec la zoîsite : le système cristallin et ses propriétés optiques ne laissent aucun doute sur sa véritable nature.

Granité à amphibole. — Sur la côte Nord de l'Ile Hoste, à trois milles de l'embouchure des passes de Murray, on trouve une roche granitoïde

(*) M. Henri Fisher, de Fribourg (grand-duché de Bade), a trouvé 3,17 pour le poids spécifique de cette môme épidote. La différence entre ces deux résultats peut tenir à ce que dans réchantillon examiné par M. Fisher il était resté un peu de quartz enclavé.

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à petit grain. A la loupe, on y distingue aisément les stries d'un feldspath triclinique, Tamphibole allongée suivant la direction du prisme, le splîène, le quartz et une pyrite en veinules que M. Lovisato a reconnue être aurifère. Au microscope, on voit que la roche est ua granîte à amphibole. Le feldspath dominant est Torthose en grandes plages, contenant des cristaux d'un feldspath triclinique maclé suivant les lois de Talbite et du péricline. Dans la préparation que nous avons examinée, la plupart des échantillons de ce feldspath triclinique offrent des sections rectangulaires. Les extinctions de part et d'autre de la ligne de macle sont d'environ 20**. 11 y a lieu, d'après cela, de penser que ce sont des cristaux de labrador (*). Quant à l'amphibole, elle est d'un vert-bouteille, fréquemment maclée suivant A*, polychroïque dans des tons qui varient du vert foncé au jaune brunâtre clair. L'extinction maximum dans la zone d'allongement est de aS®. La roche présente encore du mica noir altéré, du sphfene en beaux spécimens et quelques zircons. Le quartz est en grandes plages qui moulent tous lès autres éléments.

La préparation qui nous a été communiquée par M. Lovisato montre le contact de ce granité avec un schiste amphibolique qui contient en assez grande quantité des débris d'orthose et d'oligoclase.

Microgranidite. — Dans la même localité, se trouve une roche grise, granitoïde, à grain plus fin : celle-ci est une microgranulite dans laquelle le magma du deuxième temps est peu développé ; les grands cristaux, orthose, oligoclase et mica noir, sont très prédominants. Le mica est très déchiqueté; le quartz est abondant. La roche contient en outre un peu d'apatite et quelques zircons. Un feldspath zone est fortement altéré dans l'une de ses bandes moyennes, tandis que sa partie extérieure et son centre sont intacts; on observe dans sa partie centrale quelques inclusions de mica chloritisé et de sphène.

(*) On pourrait cependant supposer à la rigueur que tous les échantillons observés se rapportent à des cristaux d'oligoclase, taillés suivant des sections de la zone perpendiculaires à ^^ La forme rectangulaire ordinaire de ces sections viendrait à Tappui de cette hypothèse. Malgré cela, nous la considérons comme improbable, eu égard au nombre considérable des cristaux que présente la préparation.

Gneiss amphiboliques. — M. Lovisato a recueilli dans Tîle Hoste une roche d'apparence granitoïde, composée, à l'œil nu, de grains noirs d'amphibole et d'un feldspath d'un blanc jaunâtre. Au microscope, on y aperçoit de l'orthose, de l'oligoclase, de Tamphibole, du mica noir, du sphène, du quartz. Les feldspaths sont en grands cristaux souvent altérés et cassés, l'orthose est maclée suivant la loi de Garlsbad, Toligoclase suivant la loi de l'albite; ils sont grossièrement alignés dans une même direction. L'amphibole et le mica sont allongés dans le même sens; ils se présentent l'un et l'autre en grands cristaux complets, mais on les observe aussi en débris ou sous forme d'agglomérations de petits cristaux distribués sans aucun ordre. Plusieurs des échantillons de mica sont disloqués et corrodés.

On peut rester dans le doute relativement à la détermination de cette roche; car, suivant l'importance qu'on attachera ou non à l'alignement des cristaux, on en fera un gneiss amphibolique ou un granité à amphibole.

L'extrémité Nord-Est de l'ile Hoste, près de l'embouchure des passes de Murray, a fourni des échantillons d'une roche ayant l'apparence d'un schiste amphibolique. Elle est grossièrement feuilletée, compacte, cristalline. Au microscope, on y trouve tous les éléments d'un gneiss amphibolique : Tamphibole, l'oligoclase, le sphène, le fer oxydulé, le quartz; mais tous ces éléments sont inégalement distribués. Certains lits sont formés presque exclusivement de hornblende verte, avec quelques cristaux d'oligoclase et de sphène. D'autres lits sont presque entièrement composés de grains de quartz et d'oligoclase. D'autres encore sont constitués par des cristaux brisés d'oligoclase, associés avec un peu d*amphibole et du quartz. Enfin, au milieu de quelquesuns de ces lits, et les englobant, existent de grandes plages d'un feldspath triclinique très finement maclé suivant la loi de l'albite et dont les extinctions vont jusqu'à lo*^. Ce feldspath, profondément altéré dans quelques-unes de ses parties, doit être considéré comme secondaire.

Si l'on tient compte de tous ces faits, il est incontestable que la roche est un gneiss amphibolique; mais ce gneiss offre un cachet particulier qui ne permet pas de le rattacher au gneiss amphibolique normal, à celui qui se montre dans les étages Ç* supérieur et 21^ inférieur ou moyen.

ilâ MISSION DU CAP HORN.

Il ressemble bien plutôt à un scbiste amphibolique feldspathisé qu*à un gneiss proprement dit.

Diorites labradoriques. — La même partie de la côte Nord de Tile Hoste, près de Tembouchure des passes de Murray, a fourni à M. Lovisato plusieurs échantillons d'une roche granitoïde à grain fin, où, même h l'œil nu, on distingue les grains de hornblende noire et de feldspath d'un blanc laiteux. Au microscope, on constate que ces roches sont des diorites labradoriques assez peu différentes l'une de l'autre. Dans l'une, la hornblende est d'un vert plus jaunâtre et moins foncé; dans l'autre, elle est d'un vert-bouteille et plus polychroïque. Le deuxième échantillon contient du mica noir qui fait défaut dans le premier, et présente en outre quelques cristaux de feldspath non maclé qui doivent peut-être être rapportés à de Torthose accessoire. Le feldspath triclinique est maclé suivant les lois de l'albite et du péricline ; il présente dans la plupart des individus des extinctions très obliques. Dans l'une et l'autre des deux préparations, le sphène est abondant. Les minéraux intégrants de ces roches ne présentent aucun alignement.

Gneiss amphiboliques, — Les autres roches recueillies dans cette localité sont des gneiss amphiboliques à grain très fin, noirs, denses, dont la spécification n'est pas possible à la loupe. L'un et l'autre sont des gneiss amphiboliques, composés essentiellement de lamelles d'amphibole verte, de grains de quartz, de sphène, de fer oxydulé et de petits cristaux de feldspath triclinique. Les extinctions du feldspath permettent de le considérer comme du labrador. L'alignement de tous ces éléments est extrêmement prononcé. Dans l'un des échantillons, Famphibole est lamelleuse, déchiquetée ; dans l'autre, elle est en cristaux allongés, pour la plupart maclés. L'angle d'extinction, dans les sections longitudinales, ne dépasse guère 17**. Le polychroïsme est assez prononcé.

Malgré l'abondance du feldspath dans ces roches, elles nous suggèrent la même remarque que nous avons déjà faite précédemment : c'est que ce sont plutôt des schistes amphiboliques feldspathisés que des gneiss amphiboliques proprement dits.

Schiste amphibolitfue . — Dans la partie Nord-Est de Tile Hoste, à Tembouchurc des passes de Murray, M. Lovisato a observé encore une roche à grain très fin, composée de petits éléments brillants, noire, cristalline. C'est un schiste amphibolique presque entièrement formé d'amphibole verte et de mica noir, Tun et l'autre en petits cristaux d'environ o"", i. En effet, en dehors de ces deux minéraux, on ne voit guère dans la roche que quelques petits granules de quartz et quelques grains de sphène. L'amphibole est d'un vert clair, faiblement polychroïque dans les tons verts. L'angle d'extinction maximum, dans les sections longitudinales, est de 21^. Ces cristaux sont lamelleux, mais le sens d'aplatissement des lamelles n'est pas constant, car on observe également des sections aplaties suivant />, A* et g^. Le mica noir est à deux axes rapprochés.

Micro granuUte à amphibole, — La côte septentrionale de l'ile Navarin, formant la rive Sud du canal du Beagle, a fourni à M. Lovisato des échantillons d'une roche granitoïdc à grain très fin, dans laquelle, à la loupe, on distingue des cristaux de feldspath d'un blanc grisâtre et des prismes d'amphibole très étroits, longs de 2™™ à 3"™, qui paraissent d'un noir foncé. Au microscope, on reconnaît que la roche est une microgranulitc à amphibole. A l'état de grands cristaux, nous y trouvons de l'orthose remarquablement zonée, un peu d'oligoclase, du quartz bipyramidé et de l'amphibole. Celle-ci est d'un vert-bouteille; elle est assez fortement polychroïque dans des tons qui varient du vert foncé au jaune brunâtre clair; un grand nombre d'individus sont maclés suivante*. Dans les sections longitudinales, l'angle d'extinction maximum est de 19**; dans ces sections, perpendiculairement aux clivages longitudinaux, on observe de fines inclusions, d'un noir foncé, opaques. A ces minéraux du premier temps se joignent des granules irréguliers de sphène réunis en petites masses d'apparence spongieuse, et quelques rares lamelles de mica noir. Le magma fondamental, très développé, est composé de petits cristaux d'orlhose, de quartz et de hornblende associés à peu près en égales proportions. Le quartz moule les deux autres minéraux. Les éléments de ce magma ont, en moyenne, o"'",o5 a o™™, 06 de diamètre et leur détermination se fait sans difficulté.

Mission du cap Horn, IV. 54

Micro granulite, — Sur la même côte, enclavés dans les roches argiloquartzeuses, se trouvent des fragments d*une microgranulite à grain fin, très différente de la précédente. A l'œil nu, et même à la loupe, elle a l'apparence d'un quartzite. Au microscope, on y aperçoit des cristaux de mica noir, d'oligoclase et d'orthose, brisés et déchiquetés, réunis par des grains de quartz. La roche a évidemment subi des actions mécaniques puissantes. Les éléments qui la composent sont grossièrement alignés.

Schistes à andalousite, — Sur l'îlot le plus rapproché de la côte Nord- Ouest de l'île Navarin, M. Lovisato a recueilli des échantillons d'une roche ayant l'apparence d'un schiste quartzeux rubané, d'un gris foncé, avec quelques bandes de teinte plus sombre encore. Au microscope, la roche se montre composée de petits grains de quartz brisés, alignés en bandes grossièrement parallèles, de granules noirâtres probablement de nature charbonneuse, et d'une matière à contours mal délimités, distribuée cependant en grandes plages, grossièrement rectangulaires. Cette substance vue en lumière naturelle est légèrement grisâtre, trouble. Considérée en lumière polarisée, entre les niçois croisés, elle se colore de teintes grises ou jaunâtres ; elle a une apparence spongieuse. Dans les échantillons les mieux délimités, on peut s'assurer que ces amas représentent des cristaux à l'état naissant, et, en poursuivant cette étude, on voit que l'on a affaire à de Tandalousite en voie de cristallisation. Le signe d'allongement de ces cristaux imparfaits, leurs propriétés en lumière convergente, leur biréfringence permettent, en effet, de les rattacher sûrement à cette espèce minérale.

Une baie située sur la côte occidentale de l'île Navarin a fourni des échantillons d'une roche schisteuse, noirâtre, à grain très fin, lustrée à sa surface, qui, vue au microscope, se rapproche beaucoup de la précédente. Comme celle-ci en effet, c'est un schiste argilo-quartzeux, riche en petits débris de quartz et en granules noirs, opaques. Mais, en outre, dans ce magma fondamental, distribuées en longues traînées, on voit de nombreuses lamelles de mica noir enveloppant les grains de quartz, et des petits grenats. On y voit, de plus, des cristaux naissants

(l*andaIousite, offrant les mêmes caractères que ceux que nous avons décrits dans l'échantillon ci-dessus.

Éclogite. — Dans un des îlots situés tout près de l'ile Navarin, dans l'embouchure des passes de Murray, M. Lovisato a recueilli des échantillons d'une éclogite qui se présente avec certains caractères particuliers. Elle est formée de globules de 2"™ à 3™°* de diamètre, intimement soudés les uns aux autres et s'isolant seulement à la surface des échantillons. Une section en lame mince, faite dans la partie compacte de la roche, nous a offert le caractère suivant : des traînées de mica noir avec un peu de quartz délimitent des espaces arrondis, remplis de grandes lamelles de muscovite et d'un nombre considérable de petits grenats transparents et presque incolores, en dodécaèdres rhomboïdaux.

Si l'on réunit les renseignements fournis par l'examen des roches de l'île Navarin rapportées par M. Lovisato avec ceux que nous avons consignés précédemment (de la page 1 25 à la page i3i et de la page 169 h la page 172), sur les roches recueillies dans la même région par la Mission française, nous avons là un ensemble de documents qui se complètent mutuellement et permettent de bien se rendre compte de la constitution pétrographique de la région. Nous y trouvons, d'une part, des roches éruptives variées, une microgranulite à amphibole, une diabase labradorique à structure ophitique, une labradorite ou porphyrite labradorique et une andésite ou porphyrite andésitique (*); puis, des roches sédimentaires schisteuses nettement élastiques, toutes plus ou moins quartzeuses. Celles-ci peuvent se diviser en deux catégories : les unes représentent des tufs porphyritiques : elles sont riches en débris de feldspath, elles contiennent même du feldspath en microlithes montrant qu'elles proviennent de la désagrégation de roches por-

(1) Le mode d'allération de ces deux dernières roches les ferait certainement rattacher beaucoup plutôt aux porphyrites qu'aux roches microlithiques de la série tertiaire, si l'on ne devait se défier des modifications que peut produire dans une roche un climat humide et froid comme celui du cap Horn.

phyritiques. Les autres sont des schistes argilo-quartzeux avec particules charbonneuses, dans lesquels on rencontre accidentellement développés par voie de métamorphisme du mica noir, du mica blanc, du grenat, de l'andalousite. Dans l'un de ces échantiHons (page i3o), nous avons reconnu la présence de débris de foraminifères.

Il nous est impossible de fixer sûrement l'âge de cette série stratigraphique. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'elle est postérieure à certaines éruptions de microgranulites dont elle contient des blocs; qu'elle est également postérieure à des éruptions de porphyrites qui lui ont fourni des tufs; qu'elle contient des fossiles, et enfin qu'elle a été localement assez fortement métamorphisée pour qu'il s'y soit développé de l'andalousite. Cependant, plusieurs de ses caractères pétrographiques tendent à en faire du cambrien.

Calcaire. — Dans la baie d'Oushouaïa (partie centrale du canal du Beagle), au milieu des schistes feldspathiques décrits ci-dessus (pages i6i et 162), M. Lovisato a recueilli des échantillons d'un calcaire cristallin, d'un gris foncé, dont le gisement semble peu important.

Les roches schisteuses de la presqu'île d'Oushouaïa (décrites page 161) sont traversées par un filon d'une roche d'un blanc grisâtre, riche en cristaux de pyrite, dans laquelle, au microscope, on aperçoit de grands cristaux d'orthose etd'oligoclase en grande partie altérés et enveloppés dans un magma entièrement décomposé.

Brèche porphyritique. — Dans le sud de la presqu'île d'Oushouaïa, intercalés dans les roches schisteuses, on trouve des bancs d'une brèche porphyritique à grain fin, se distinguant peu des schistes environnants, fortement altérée. Au microscope, on y voit des plages de calcite. Dans les fragments inclus, on distingue encore très bien les microlithes feldspathiques et les débris de pyroxène.

Schiste argilo-quartzeux . — Au fond de la baie d'Oushouaïa, et sur le mont Vulcano {Apa^ca des Indigènes), les échantillons recueillis appartiennent à un schiste noir à grain très fin dans lequel on voit, à l'œil nuy des prismes d'andalousite; mais la préparation que nous avons

examinée n'en contenait pas : nous n'y avons vu que les éléments d'un schiste argilo-quartzeux ordinaire.

Grès schisteux andésitique. — A l'extrémité Est du canal du Beaglo, sur la côte occidentale de la baie Sloggett, M. Lovisato a recueilli des échantillons d'une roche analogue au grès schisteux andésitique que nous avons décrit précédemment dans la même localité {voirai, i65).

Schiste. — Dans la même partie de la baie Sloggett, un schiste à grain très fin, d'un gris foncé, se présente en lits minces au milieu des schistes précédents. 11 renferme en grande quantité des plages irrégulières constituées par un minéral spongieux, identique à celui que nous avons considéré, dans un gisement analogue (p. 2i4), comme appartenant à l'andalousite à l'état naissant. En somme, on trouve à la baie Sloggett les roches sédimentaires que nous avons déjà vues dans l'ile Navarin.

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