QUELQUES PENSEES DE CAETIER
"Avant tout soyons Canadiens." (1835) ^
" Je n'aime pas les coalitions. Je suis un homme d parti. J'aime un gouvernement qui représente mes sen^ timents et mes principes." (20 Sept. 1854).
" La population ne suffit pas à constituer une nationalitéj il lui faut encore rélément territorial. La race, 1î langue, l'éducation et les mœurs forment ce que j'ap^ pelle un élément personnel national. Mais cet élémeni devra périr s'il n'est pas accompagné de l'élément territorial. L'expérience démontre que, pour le maintien ei la permanence de toute nationalité, il faut l'union intime et indissoluble de l'individu avec le sol."
" Canadiens-Français, n'oublions pas que. si nous voulons assurer notre existence nationale, il faut nous cram-i ponner là la terre. Il faut que chacun de nous fasse toutj en son pouvoir pour conserver son patrimoine territorial. Celui qui n'en a point, doit employer le fruit de son tra' vail à l'acquisition d'une partie de notre sol, si minime] qu'elle soit. Car il faut laisser à nos enfants non seule-j ment le sang et la langue de nos ancêtres, mais encore| la propriété du sol." (21 Oct. 1855).
" Je ne suis pas de ceux qui voient tout en noir. Jej préfère les perspectives encourageantes. J'ai foi dans; nos populations, dans nos ressources, dans l'avenir."
(20 Fév. 1856),
" Devrais-je par hasar<d abdiquer ma conscience pour me maintenir au pouvoir ? Non, je me suis toujours efforcé de me tenir en règle avec ma conscience, et si je puis lui demeurer fidèle, tout en restant d^accord avec la majorité, tant mieux, mais si je ne le pouvais point, je me rangerais volontiers du eôté de la minorité.
(7 Avril, 1856).
"Je n'hésite pas à proclamer que je ne souffrirai jamais, tant ique je serai ministre de la couronne, qu'une injustice soit faite, d'après la constitution ou autrement, à mes compatriotes soit anglais, soit catholiques, je ne souffrirai jamais que mes eompatriotes ,les Canadiens- Français, soient injustement traités parce qu'ils appartiennent à unie race et à une religion différentes de celle du Haut-Canada. (20 Oct. 1864).
" Dans notre Confédération, il y aura des catholiques [et des protestants, des Anglais, des Français, des Irlan- ^dais et des Ecossais et chacun, par ses efforts et ses [«uecès, ajoutera à la prospérité, à la puissance, à la [gloire de la nouvelle Confédération. Nous sommes de races différentes, non pas pour nous faire la guerre, mais pour travailler ensemble à notre propre et commun bienêtre. Nous ne pouvions par une loi, faire disparaître ces différences de races, mais, j'en suis persuadé, les Anglo-Canadiens et les Franco^Canadiens sauront apprécier les avantages de leur position propre. Placés les unis à côté des autres comme de grandes familles, leur contact produira un heureux esprit d'émulation. La diversité des races contribuera, croyez-le bien, à la prospérité commune." (7 Fév. 1865).
" J'ai déjà fourni une longue carrière politique, et toujours, j'ai pris fait et cause, lorsque je la savais attaquée, pour la hiérarchie catholique du Bas-Canada; mais aussi.
je n'ai jamais manqué d'agir de même pour le maintien des droits de la minorité protestaivte, et c'est à cela que je dois d'avoir toujours eu sa confiance. Et je puis ajouter que ma promesse d'égale justice sera facile à remplir, d'autant plus que le clergé catholique, que les catholiques du Bas-Canada n^onit jamais songé à opprimer leurs concitoyens protestants. " (7 Fév. 1865).
" Je suis catholique, j'aime ma religion, la croyant la meilleure, mais tout en me disant hautement catholique, je 'crois de mon devoir comme homme public de respecter la sincérité et les convictions des autres.
"Je suis aussi Ganaidien-Français, comme un grand nombre de ceux que je vois autour de moi. J'aime ma race, j'ai pour elle une prédilection bien naturelle assurément, mais comme politique et comme citoyen j'aime aussi les autres. Et je suis heureux de voir par cette réunion de concitoyens de toutes «lasses, de toutes races, de toutes religions, que mes compatriotes ont reconnu ces sentiments chez moi ; j'ai déjà eu l'occasion de proclamer en Parlement que la minorité protestante du Bas-Canalda ne devait rien craindre de la législature provinciale sous la Confédération. Ma parole est engagée et, je le répète, il ne sera rien fait qui soit de nature à blesser les principes et les droits de cette minorité. J'en prends à témoins tous les convives protestants qui m'écoutent. La parole que je donne sera gardée, c'est celle d'un homme d'honneur. Je vois ici à mes côtés des militaires distingués dont la devise est : Mourir pour la Patrie. Quelle doit être la devise de l'homme d'Etat ? Tiens ta parole jusqti^à la morty (30 Octobre 1866).
"Jacques Cartier est mon homonyme; je voudrais marcher sur les traces de cet homme illustre et ne pas déroger à ses grands desseins. Si après trois siècles encore l'histoire, venant peut-être 'à mentionner mon nom comme celui d'un homme qui a fait quelque chose pour sa patrie, disait que j'ai un jour forligné, on aurait ma mémoire en horreur, et je ne veux pas qu'il en soit ainsi.''
(30Oct. 1866).
" Voué comme je l'ai été, à la politique, je ne suis pas sanis m'être rendu compte des qualités nécessaires -au succès dans cette position. Je sais que je ne possède pas toutes ces qualités, et il y a sans doute des hommes qui me sont supérieurs. Mais je ne reconnais pas de supérieurs pour la sincérité, pour l'honneur, pour l'intérêt que je porte à mon pays. Ces principes m'ont constamment guidé et quoi qu'on ait dit, je ne m'en suis jamais départi. Avec toute la fermeté et toute l'énergie dont je suis cajpable. j'ai marché vers le but que je voulais atteinidre et je l'ai atteint." (17 Mai 1867).
" Dans un pays composé de races hétérogènes, professant des croyances différentes, il faut que tous les droits soient sauvegardés, que toutes les convictions soient respectées. Le Canada doit être un pays, non de licence, mais de liberté, et toutes les libertés doivent être protégées par la loi. Tels sont les principes qui m'ont guidé dans le passé, et qui me guideront dans, l'avenir."
(17 Mai 1867).
"Les droits et les libertés des individus sont basés sur la conscience des peuples, et cette conscience, ni les lois, ni les institutions, ni rien d'autre chose au monde ne peuvent l'influencer comme la religion."
(22 Mai 1867).
"La Confédération, c'est un arbre dont les branches s'étendent dans plusieurs directions et qui sont fermement attachées au tronc principal. Nous, Franco-Canadiens, nous sommes l'une de ces branches. A nous de le comprendre et de travailler au bien commun. Le patriotisme bien entendu, est celui qui ne lutte pas avec un esprit de fanatisme, mais qui, tout en sauvegardant ce qu'il aime, veut que son voisin ne soit pas plus molesté que lui-même. Cette tolérance est indispensable, c'est
par elle que nous nous associerons à la grande œuvre, dans laquelle il convient à notre ambition de réclamer une part d'honneur. Il importe que nous ne restions pas en arrière, nous ne devrons pas nous laisser devancer, c'est là cette «condition seulement que nous pourrons toujours eonserver les droits acquis à notre nationalité distincte. Nous jouirons de ces droits tant que nous en resterons dignes." (25 Mai 1867).
" Il en est, des succès politiques comme de ceux de la vie privée, il faut les obtenir par un labeur incessant, une persévérance jamais ralentie, un courage dans les luttes qui ne trébuche pas devant les obstacles. C'est à ce prix et à ce prix seulement que nous touchons enfin le but. Le labeur que m'ont coûté nos crises diverses, je suis prêt à le recommencer pour le bonheur de mon pays." (25 Mai 1867).
"Je n'ai jamais fait appel aux préjugés, j'ai plutôt, comme homme politique, proposé et fait voter des mesures très impopulaires dans le temps, mais qui ont été avantageuses au pays. Je ne me guide pas d'après les préjugés populaires, je ne consulte et ne consulterai jamais que ma propre conscience." (15 Avril 1869).
" Je suis catholique, et jamais cette Chambre ni aucune autre Chambre, ni aucun pouvoir sur la terre, ne me feront renoncer à ma foi. Mes convictions religieuses sont inébranlables." (31 Mai 1869).
" Il ne faut pas toujours dans notre existence observer les côtés sombres. S'il y a un rayon de soleil, qu'on envisage ee rayon de soleil, comme on envisage l'obscurité."
(23 Nov. 1869).
" Dans ma carrière politique, l'intérêt général a ton- ' jours occupé exclusivement mon attention. Rien n'est plus vrai que cette maxime qui me sert de règle : la probité est la meilleure politique. S'il m'avait fallu obtenir des succès au dépens de mon honneur, j'aurais recul i^ Ces sacrifices m'auraient fait quitter la vie publique."
(23 Dec. 1869).
"La religion est la sauvegarde des peuples. Quelle reconnaissance la race canadienne-française ne doit-elle pas à son clergé ! Si elle a conservé sa nationalité, sa langue, ses institutions, à qui le doit-elle surtout, sinon à ce corps vénérable ? On demandait à Jean-Jacques Rousseau, quel était le meilleur moyen d'empêcher la russification de la Pologne. " Que les Polonais restent Polonais " telle fut sa réponse. Le meilleur moyen pour les Canadiens-Français, c'est l'attachement au sol et surtout la conservation de leur langue et de leur religion.*'
(7 Août 1870).
" Quant à moi, j'ai depuis longtemps renoncé au repos. Homme public, je fournirai ma carrière jusqu'au dernier souffle de mon existence." (7 Août 1870).
"Si je n'ai pu accomplir de grandes choses pour mon pays, j'espère du moins qu'une politique constamment libérale envers tout le monde, sans distinction aucune, aura rendu notre pays plus prospère, et que ce fruit de mon administration servira d'encouragement à qui voudra marcher dans la voie déjà faite. Certes, je n'aurais eu jusqu'ici, et je n'aurais guère à l'avenir de valeur ou d'utilité comme homme d'Etat, si je n'avais dû ou ne devais compter que sur l'appui des Canadiens-Français. S'il m'avait fallu céder à l'esprit d'exclusion, je serais sorti sans hésitation et sans retard de l'arène publique.-*
(9 Nov. 1871).
"Je suis d'avis que la construction du chemin de fer de Colonisation du Nord devait être favorisée par le Conseil de Ville de Montréal. Il est destiné à former un eliaînon de la grande voie du Pacifique, sur lequel, je Fespêre, nous voyagerons avanit peu. Le chemin de fer de Colonisation du Nord s'établira en dépit de toute opposition." (5 Avril 1872).
" Ail aboard for the West. " (26 Avril 1872).
" L'on peut trouver des actes à critiquer dans ma carrière politique, tout homme est peccable, mais je puis vous dire en toute sincérité que j'ai toujours travaillé pour obtenir pour mes compatriotes la plus grande somme d'avantages et de bonheur possible. J'ai défendu leurs droits sans jamais broncher et sans jamais empiéter sur ceux des autres nationalités. Tel a toujours été le but de ma vie politique." (8 Août 1872).
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Emplacement du Monumient de du parc
Sir George-Etienne Cartier, à l'entrée Mont-Royal.