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CARTIER OUVRE L'ESPRIT DE LA POPULATION AU DÉVE- LOPPEMENT MATÉRIEL

On n’a pas une juste idée de l'autorité exercée par Cartier sur les directeurs du Grand-Tronc à Londres, et sur les administrateurs en Canada, et des bienfaits qu’il

fit jeter dans la population du Canada, — sa pression vigoureuse et incessante. C'est par sa 10 licitude que le peuple fut iuitié, peu à peu, à la connaissance admi trative des chemins de fer, l'épine dorsale et le système nerveux d'un pays.

Par M. Brydges, dont II se fit un ami intime et auquel u devint indispensable, II obtenait les concessions len plus fécondes à ses com triotes, concessions qui ont passé inaperçues de la foule, parce qu'elles lui semblaient naturelles, mais qui étaient loin d'aller sans dire dans l'esprit des propriétaires anglais, étrangers à tout ce qui concernait le à a.

Mais, c'était peu, pour lui, de doter son pays simplement d'un chemin de fer. Il fit campagne sur campagne, par des assemblées publiques et par la presse qu’il inspirait, pour former le peuple à cette politique nouvelle, qui semblait du grec, en lui dirigeant l'esprit vers le progrès et les mesures éclairées,

Il disait aux citoyens de Montréal, sur le champ-demars, le 10 août 1846 : “ Que les grands et petits capita- “ listes prennent des actions dans le chemin de fer de „ Montréal et Portland”. Et le 15 janvier 1849, à l’Assemblée Législative : “ Si nos entreprenants voisins sont # obligés d’avoir recours au crédit de l'Etat et à l’aide de “leurs législatures, pourquoi nous, qui sommes moins “ riches, ne ferions-nous pas la même chose? Le 31 juillet 1849, il voyait déjà clairement les destinées de Montréal, lorsqu'il disait à une assemblée au marché de Bonsecours, Montréal: “ Le temps est venu de faire men- 4 tir votre réputation d' hommes apathiques, sans énergie “et sans esprit d'entreprise. Que ces épithètes cessent “ de s'attacher à votre nom. Remuons-nous, Montréal est “ appelé à devenir le grand entrepôt de l’ouest. ”

Cette ‘ducation a porté ; et, aujourd’hui, la population de Québec, qui avait, certainement, des tendances à se complaire dans le statu quo et l’ornière, est aussi décidée que les autres provinces à faire sa part pour assurer les plus utiles moyens de transport.

Par sa force de volonté, toute la région en bas de Québec aurait été privée de chemin de fer jusqu’à Carleton,

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et,à PE forte raison, jusqu'à Gaspé, car le Grand Tronc devait finir à Lévis,

C'est grâce à son influence dominatrice sur la compa · eule, que celle-ci étendit une branche, alors évidemment sans issue et sans trafic, jusqu'à la Rivière du Loup.

Plus tard, en remettant son portefeuille à Sir John

„I arracha, à la pointe de l'épée, au lieu de la route diagonale de Rivière du Loup à Moncton, le tracé Robertson pour l'Inter-olonial, c'est-à-dire la ligne par les comtés 4 Témiscou. „ Rimouski, Bonaventure et les régions acadiennes de etapédiac, laquelle étendit son rayonnement à la Gaspésie, pay: merveilleux qui commence à révéler sa valeur et son avenir.

II n’y a pas jusqu'à la politique des bonnes routes qui n'ait reçu de lui son premier essor, II était difficile de détruire une insouciance qui remonte à la fondation de la race. II l’attaqua par le procédé lent de la démonstration, en gratte or à les routes à barrières, II jeta les grains de senevé qui commencent à lever avec tant de

N'est-ce pas Cartier qui songea à nous doter d'une

ande ligne océanique, et — — en 8 des uttes gigantesques contre rge Brown, pour obtenir des subsides — 7 1

Oest Cartier, enfin, qui a organisé, par un plan concerté, le creusage systématique du St-Laurent qui mit la commission du port de Montréal sur une base efficace et lui donna une vie réelle en lui Passant tous les attributs de l’ancienne Trinité ; qui tira de nos canaux les pouvoirs d'eau jusqu'alors inutilisés et qui, de fait, compléta le système des voies antérieures que nous avons aujour-. d’hui. Il jetait quelque jour sur la profondeur de ses vues, Quand en annonçant en Chambie, le 11 mai 1860, l’abolition des péages dans le chenal du lac Saint-Pierre et dans les canaux du Saint-Laurent et Welland, il ajoutait : — “Toute notre dette a été contractée pour exécuter des “travaux publics importants : le canal Welland, les ea - “naux du Saint-Laurent, etc, ; mais nous n'a vons pas en- “core atteint notre but qui était de détourner le rom- “merce des grands lacs des routes américaines, pour le

“ diriger vers le Saint-Laurent. Ce commerce continue de “ passer par New-York et la Pennsylvanie.” II avait déjà montré la tendance de son esprit, quand il disait en Chambre, le 7 avril 1886: Le plan dont j'ai parlé pour “ l'amélioration du canal Lachine m'est absolument per- “ sonnel. C’est d'élargir le canal Lachine, pour les be- “soins non-seulement du commerce, mais aussi des fa- “briques. Quand le canal Lachine sera élargi, les vais- “ seaux y passeront, et Montréal deviendra le terminus “ de la grande navigation. ”

On ne peut pas dire qu’il n'avait pas vu juste sur les grandes destinées de Montréal.

Croirait-on que Cartier fut, à la Chambre, le premier avocat sérieux de la Baie Georgienne, il y a cinquante ans ? A une époque où le grand avenir du Canada n’était certainement pas visible, où nous n’avions ni population, ni capital, ni crédit, ni commerce, il voyait un siècle en avant de lui et il trouvait, précisément, les arguments que la présente situation inspire, aujourd’hui, naturellement comme simple conséquence de notre prospérité tangible. Il disait à la Chambre, le 29 février 1864. L'idée 4 d'élargir le canal Welland est bonne; toutefois, je crois “que ce canal sera insuffisant pour attirer le commerce “ de l’ouest vers le Saint-Laurent. La Chambre n’ignore “pas que l'Etat de New-York s’est prononcé pour la “ construction d’un canal à navires au sud de la rivière “ Niagara, de sorte qu’elle ne pourrait se flatter d’attirer “ par le seul agrandissement du Canal Welland, le com- “ merce de l’ouest... La route tortueuse de Chicago à “ New-York, par le Canal Erie, comparée à la route ac- “ tuelle de Chicago à Montréal présente une différence, “ une abréviation en notre faveur de 152 milles. Si nous “ canalisons la rivière d'Ottawa, le trajet, à Montréal, “ serait de 494 milles plus court que par la voie de New- “York. A l’égard du coût de ces travaux, on peut consi- „derer le rapport de M. Clark, ingénieur habile, aussi “ favorablement connu au-delà de la frontière que parmi “nous. On l’a cité, l’année dernière, au Congrès, pour “ amener le gouvernement des Etats-Unis à élargir les “ canaux Erié, Michigan et Oswego... Pour rendre la ri-

“ vière Ottawa navigable, il n’y aurait à construire qu’un “ canal de 29 milles de long. ”

Le Canal de la Baie Georgienne fut une des raisons qui fit choisir Ottawa comme notre capitale, II le dit luimême en Chambre avec une prescience merveilleuse, le 5 avril 1861 : “ Quand j'ai voté pour Ottawa comme capi- “tale, je me suis dit qu'il y aurait toujours un certain „nombre de députés de cette partie du pays qui se pose- “ raient comme les arbitres entre les deux sections de la “ province. ”

C'est-à-dire que la région de Toronto, si puissante par son activité, son argert et ses hommes vigoureux, nau rait pas nécessairement, pour cela, la prépondérance, et tout le poids de sa province à sa disposition pour des Causes injustes, comme le tabou sur la route de l’Ottawa, par exemple,

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