‹ Georges de PodiébradChapitre 12 sur 183 · MUSE DE PRAGUE OQ · texte numérisé non relu

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il sa majoritc, et reprendre avec lui le plan si malheureusement interrompu par la mort de Sigismond; ils n'abandonnaient pas leurs espérances, mais les ajournaient, confiants dans le hasard, Je temps et les fautes des H ussites.

C'était compter sans Georges; sa modération était fort avisée, et sa diplomatie, très sincère et remplie de bonne volonté, était très clairvoyante. Il avait négocié aussi longtemps qu'il avait espéré ramener ses adversaires, puis aussi longtemps qu'il lui avait paru nécessaire pour établir aux yeux de tous leur mauvaise foi. Du jour où il eut la preuve qu'ils étaient absolument sourds à toute raison et où il l'eut clairement démontré à ses partisans, il agit avec beaucoup de rapidité et de vigueur. Il convoqua une grande diète à Koutna-Hora, où parurent non seulement les représentants des quatre cercles qu'il gouvernait, mais tous ceux qui étaient décidés à soutenir sa politique : dans cette sorte d'assemblée plénière du parti utraquiste, on lui confia les pouvoirs les plus étendus; il en usa aussitôt pour frapper un grand coup. Sigismond, en nommant Menhart de Hradets burgrave de Prague, avait assuré la domination du parti catholique dans la capitale du royaume ; la très grande majorité des habitants, Calixtins fanatiques, supportait avec désespoir cette autorité et n'attendait qu'une occasion de secouer un joug détesté. Fallait-il laisser languir plus longtemps dans une odieuse dépendance des alliés, des défenseurs de la vraie foi? Ou bien Georges aurait-il dû prévenir ses adversaires de ses intentions et rendre inévitable une collision sanglante? Ses armements avaient provoqué quelques inquiétudes parmi ses adversaires : avec une naïveté singulière et qui ne s'explique que par leur découragement et la conviction où ils étaient de leur impuissance, ils se contentèrent de déclarations vagues, ne prirent aucune précaution. Georges profita de leur inaction; il parut à l'improviste devant Prague et l'enleva sans coup férir, à la grande joie des Praguois qui lui reconnurent sans

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marchander tous les droits régaliens qu'il s'attribua '. (Septembre 1448.)

I. Palatsky, IV, I, p. i()i-i99. Les Catholiques, après avoir favorisé le succès de Georges par leur indécision et leur imprévoyance, essayèrent ensuite d'excuser leur faute en accablant le vainqueur de reproches. Ils parlèrent de perfidie, de trahison : injustice ordinaire des partis qui exigent volontiers des autres une délicatesse de conscience et un luxe de scrupules qu'ils dédaignent pour leur propre compte. Ce qui est plus singulier, c'est que M. Palatsky semble dans une certaine mesure désapprouver lliabileté de Georges et regrette de ne pas trouver en lui cette magnanimité chevaleresque qu'il admire dans Ptatchek : en réalité les temps étaient changés et la magnanimité n'était plus de saison. Plus d'hésitation eût été de la faiblesse. Georges n'était pas un chevalier, heureusement pour la Bohême.

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