‹ Georges de PodiébradChapitre 126 sur 183 · Goll, Quellcn, II, p · texte numérisé non relu

Goll, Quellcn, II, p

5. Khcltchitsky n'admet à proprement parler que deux sacrements. Les autres st)nt des coutumes qui, dégagées des complications excessives dont on les a chargées, peuvent être utiles. La confession n'est pas nécessaire et elle peut être reçue par un laïque. Il vaudrait mieux ne baptiser que les adultes. (Goll, Qiiellen, II, p. 32). La doctrine de Kheltchitsky sur l'Eucharistie a donné lieu ;• de nombreuses discussions. On a pendant longtemps accvisë

KHELTCHITSKY. — SA DOCTRINE 3\\

Kheltchitsky a des opinions très précises et très fermes : appu\'é sur l'Évangile, il n'admet ni transaction ni concession, même sur les questions secondaires, mais il blâme l'intolérance qui prodigue l'anathème et la mort, il n'admet pas que l'on ait recours à la violence pour assurer le triomphe de la vérfté : « Ne livrez à la damnation ni vivant ni mort, car le jugement appartient à Dieu seul. Vous ne savez pas ce que Dieu a décidé pour les morts ni quelles sont ses intentions pour ceux qui vivent encore. Il ne faut désespérer de personne ' . » C'est qu'il est plus chrétien que théologien et que chez lui les préoccupations dogmatiques passent au second plan : lisons l'Écriture en toute simplicité d'âme et remettons-nous entre les mains de Celui qui est mort pour nous, en nous efforçant de mériter sa pitié par notre foi active et confiante. Un cœur pieux, une vie pure, voilà ce qui pkît au Seigneur, et non une casuistique savante. Par là Kheltchitsky est bien un continuateur de Militch, de lanov, de Chtitny % de Hus: en dépit de toutes les divergences qui le séparent des maîtres bohèmes du xv^ siècle, il a sa place marquée au milieu d'eux : comme eux, il a par-dessus tout le désir de ramener les coupables au bien; seulement l'énergie bruyante et les illusions radieuses des révolutions qui commencent, et qui animaient les ouvriers de la première heure, ne le soutiennent plus; elles ont fait place à la fatigue et au dégoût.

Tous ceux qui ont entrepris de convertir le monde ont été vaincus par lui; leur projet était absurde : quel accord est possible entre le monde et Jésus? Il n'y a de salut pour

Kheltchitsky et les Frères de nier la présence réelle. M. GoU a établi d'une manière désormais incontestable que c'est là tiue erreur absolue; le grand reproche que Kheltchitsky adressait aux Taborites était de ne pas croire à la présence réelle; il conteste le droit de consacrer aux prêtres qui se séparent de l'Église sur ce point. L'erreur est venue de ce qu'il rcpou.ssc la transsubstantiation; l'apôtre a dit: le pain que nous rompons; pourquoi ne pas croire l'apotre plus que Thomas ou Scott? — C'est la doctrine dcWicUî {remancntia panis). V. les documents publiés par Goll (II, p. 69-71)- ^"J'" les sacrements, p. 75-X2.

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