‹ Georges de PodiébradChapitre 151 sur 183 · A l'origine les membres élus sont nommes à vie · texte numérisé non relu

A l'origine les membres élus sont nommes à vie

4. Gindcly, Décrets des Frères, Prague 1868, p. 25, 33 et sq. etc.

352 l'unité. LA DOCTRTNE

roissiens une haute direction morale. Il est assisté par un diacre, chargé d'une sorte de surveillance sur lui, et par un comité d'Anciens qui règle les questions matérielles et juge les différends survenus entre les Frères '. On continue à recommander aux prêtres le travail, mais à condition que cela ne les détourne pas de leurs fonctions; la pauvreté apostolique n'est plus exigée avec autant de rigueur que jadis 2, et déjà les protecteurs de l'Unité l'enrichissent de leurs dons. Elle a ses églises, qui ne servent pas seulement à la célébration du culte, mais sont aussi la demeure des pasteurs. Les prêtres, les diacres, les acolytes, quelquefois aussi les anciens vivent en commun dans la maison, le sbor, soumis à des règles presque monacales; quelquefois, ce sbor sert de lieu de retraite aux anciens pasteurs, et les Frères en voyage y trouvent asile. Il est le centre de toute la vie de la communauté; c'est là que les fidèles viennent demander conseil, soumettre leurs scrupules de conscience, chercher une consolation ou une règle.

L'Unité a, grâce à Loukach, une doctrine théologique, dans laquelle elle s'efforce de se rapprocher autant que possible de la parole du Sauveur et qui, sur un grand nombre de points, annonce déjà l'enseignement protestant ^.

1. Une institution curieuse était celle d'un comité de veuves et de vieilles filles, qui avaient pour mission, entre autres soins, de prévenir et de dénoncer l'immoralité.

2. GoU, Tcltas. i886, p. 328. L'usage commence aussi à s'introduire d'admettre au sacerdoce les hommes mariés.

3. Le Christ est le chef de l'Eglise, et le sacerdoce vient de lui et non du pape : trois choses sont nécessaires pour le sacrement de l'ordination, la sainteté de la vie, la prière et l'imposition des mains. Il convient d'honorer la Vierg'e et les Saints, mais non de les adorer et d'attendre d'eux le salut. Les Frères conservent les sept sacrements, mais il ne faut pas y attacher un sens superstitieux; sans la foi, ils ne servent en rien au salut. Ils rejettent le purgatoire et continuent à baptiser une seconde fois ceux qui entrent dans l'Unité. La foi vivante est le fondement universel de la Rédemption; elle est accordée par le don du Saint-Esprit et par les mérites de la grâce du Christ ; elle se manifeste par la pureté de la vie et les bonnes œuvres; les choses nécessaires sont la foi, l'amour et l'espérance. Pour la communion, Loukach se rapproche visiblement de la doctrine taborite, mais la nécessité de tenir compte de la prem.ière croyance de l'Unité explique qu'il y ait dans ses paroles, sinon dans sa pensée, quelque obscurité, et le dogme des Frères sur ce point subit bien des variations qui se traduisent dans la pratique par une attitude un peu ambiguë vis-à-vis des autres sectes protestantes.

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.Mais ce n'est pas là ce qu'il \' a d'intéressani à étudier dans son développement; ses défenseurs les plus convaincus sont bien obligés de reconnaître que les Réformateurs « ont une théologie plus scientifique et qu'ils anivent, avec une vue plus profonde des choses, à des distinctions dogmatiques plus précises et plus certaines '. »

Après comme avant la transformation, le progrès moral reste le principal souci de l'Unité, et les décrets des sjnodes finissent par former un code complet de discipline publique et privée; remarquables en général par leur sagesse pratique, ils s'adressent successivement à toutes les classes et proposent aux fidèles une règle de conduite pour toutes les conditions de la vie.

Les riches sont habitués à un certain bien-être ; on n'exigera pas d'eux une austérité excessive. Ils éviteront seulement les prodigalités inutiles, les vêtements trop somptueux, l'étalage d'un luxe insolent ; ils se souviendront qu'ils sont les intendants de Dieu sur la terre et qu'il leur sera demandé compte de la fortune qui leur a été confiée -. Dieu a placé les nobles et les seigneurs au-dessus de leurs sujets pour qu'ils en reçoivent les honneurs et les redevances légitimes, mais pour qu'ils leur assurent en retour une administration vigilante et protectrice. Malheur à ceux qui traitent leurs sujets comme des esclaves, accablent leurs -serfs de corvées injustes et de redevances arbitraires; Celui qui est le Père de tous les hommes, se détournera d'eux. Ces pauvres, ces serfs, Jésus les a appelés ses frères et ses enfants; pour les sauver il a accepté les outrages, les souffrances et la mort; sa main est toujours étendue sur leur tête; les seigneurs ne l'oublieront pas, ils se montreront justes, bienveillants, attentifs, secourables aux malheureux, indulgents aux coupables. Ménagers de leur fortune, ils ne punirontpas trop rudement ceux qui ne peuvent pas pa}er

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