Tomck, p
CHUTE DE CONSTANTINOPLE 6l
met II et la sincérité des manifestations contre le Croissant ; dans les démonstrations pontificales en particulier, il y a souvent plus de convention que de conviction. Les papes jouent le rôle que leur impose leur titre de représentants et de chefs de la Chrétienté ; de fait, ces questions lointaines leur tiennent beaucoup moins au cœur que celles dans lesquelles sont engagés leurs intérêts immédiats. Ils étaient beaucoup- trop prudents et raisonnables pour se Jeter à corps perdu dans une entreprise dont ils ne se dissimulaient pas l'extrême difficulté; mais la gloire et le surcroît d'influence que leur auraient valus une croisade victorieuse, les traditions, l'imagination et les habitudes d'une politique prévoyante qui ne dédaigne rien, leur ordonnaient de ne pas paraître trahir la cause chrétienne et même de chercher sincèrement les moyens d'arrêter l'invasion musulmane. Tout les y poussait : Italiens, ils étaient déjà' en contact avec les Turcs qui, par terre et par mer, menaçaient la péninsule ; chefs de l'Église, devaient-ils laisser aux mains des Infidèles Constantinople après Jérusalem ? Souverains, quel meilleur moyen de relever leur prestige que de montrer de nouveau au siècle incrédule la papauté à la tète de l'Europe en armes ! Lettrés enfin et néophytes de la Renaissance, leur àme débordait d'une amère tristesse i\ la pensée que la terre sainte des lettres et des arts gémissait sous le joug ^es Barbares.
Le péril turc était à ce moment très réel : la Hongrie était il bout de forces, déjà entamée ; les provinces autrichiennes ne formaient pas encore un véritable Etat ; elles étaient mor^ celées entre divers princes qui se détestaient, désolées par ly guerre civile. Les alliés mêmes de Frédéric n'avaient aucune illusion sur le dévouement et l'énergie de ce chef des FJabsbourgs '. Dans ces conditions, la Bohême était
1. M. Bachinanii a essayé de réagir contre l'opinion, jusqu'à lui à peu prés unanime, qui voyait daiia Frédéric III un des princes les plus médiocres du xv° siècle et un des plus détestables empereurs qu'ait eus jamais l'Allemagne. Cp. Ranke, Deutsche Geschichte im Reformationsi^eitalter. M. Bachmann lui attribue le sentiment de la justice, une piété d'ailleurs très éloignée de l'intolérance, des mœurs honnêtes et pures, le respect de la
t)2 LA 1îOHÎ;MK Kl' [.K PlôlUl. TIKC
appelée à jouer un rôle capital, et de fait, pendant le xv^ et le XVI'-' siècle, elle forme comme la réserve de l'armée qui arrête les Ottomans. Sans les ressources presque inépuisables en hommes et surtout en argent qu'elle fournit a ses rois, il est possible que le duel de TAuti-iche et de la Turquie se fût terminé autrement. \Y'rs le milieu du xv-' siècle, son alliance était précieuse. Klle avait un chef prudent, habile, respecté; la vaillance de ses soldats était renommée, l'habileté de ses capitaines célèbre '. Kn présence du péril commun qui menaçait la Chrétienté, le plan que la Curie avait caressé jusqu'alors, réduire la Bohême par l'anarchie, outre qu'il était désorniais bien chanceux, aurait revêtu un caractère odieux d'égoïsme ; on aurait accusé la papauté, non sans raison, de faire ti des intérêts supérieurs de l'Europe pour satisfaire ses rancunes. Elle le comprit, et sa politique changea, non de but, mais de moyens ; elle chercha un allié dans Georges : pour prix de l'appui qu'elle était toute prête à lui otfrir, il se livrerait à elle et lui ramènerait le pays.
Les Catholiques étaient sûrs de Eadiskus : élevé dans la haine de l'hérésie, le jeune roi ne dissimulait pas ses sentiments, les étalait avec une imprudente hauteur; il affectait dans ses rapports avec Rokytsana un dédain d'autant plus
science et de Part, la ridélité a s^;. ;niiitics. Il explique d'une manière un peu subtile son inertie ordinaire par la protondcur de sa pensée politique : 11 apercevait l'avenir et jugeait inutile de suivre avec trop d'attention des incidents qui ne pouvaient pas modifier le résultat certain (p. 8). — Sa prévoyance l'avertissait probablement que l'heure n'était pas venue de prendre l'offensive contre les Turcs. 11 nourrissait de grandes espérances pour la maison d'Autriche, mais il ne songeait guère à épuiser ses forces dans une guerre dont il n'eût tiré aucun avantage diject. Il y a sans doute une part d'exagération dans le panégyrique de Bachmann, mais il est incontestable que la sévérité avec laquelle on traitait auparavant la mémoire de Frédéric était injuste; il avait des qualités réelles, nous y reviendrons (v. t. 11, Fondation de la monarchie autrichienne).
I. Ces faits ont été contestés par M. Voigt, Gcorg von Bœlimcii, dcr Hussitcnkœnig, {SybcFs lustorisclie Zcitsclirift, v. p. 448-49); on ne saurait guère nier cependant qu'à cette époque toute l'Europe centrale et orientale ne s'inspire de la tactique des Bohèmes, et que les bandes formées sur le modèle des troupes taborites ne constituent une force redoutée. Toutes les fois qu'une guerre s'engage, la supériorité de Georges de Podiébrad éclate.
.•ENEAS-SVI.VirS IMi".r.()L().\riNI ()3
hargneux qu'il était impuissant '. I/autoritc du icune prince était en effet des plus luinimes, heureuseui-ent pour lui : l'usage qu'il en aui'ait fait lui eût bien vite aliéné tous les espi-its. Georges gou\ei"nait sous son nom, était le VL'iitable roi; que n'obtiendrait pas l'Eglise s'il lui prêtait son adhésion? Etait-il donc impossible de le gagnei"?
En 14? 1, l'empereur Erédéric III avait envo\é comme ambassadeur en Bohème un de ses conseillers les plus écoutés, .Eneas-S}lvius Piccolomini - : pour la première fois, la politique mettait en présence les deux grands adversaires dont la lutte devait troublei" l'Europe entière. .E]neas-S\ivius n'était rien moins qu'im fanatique : sa jeunesse accidentée, SCS relations a\cc les partis les plus opposés, les nonibreuses et grandes alfaiix's auxquelles il avait été mêlé, avaient aiguisé chez lui un esprit naturellement rin, et ouvert une intelligence d'elle-même tiès compréhensi\e. Sa foi était trop tiède pour èîie ti'ès intolérante : nori pas qu'il fût sceptique, mais il était de son pays et de son temps; même dans ses plus grands enthousiasmes, il entrevoyait les revers des opinions et des choses; ses convictions étaient si mobiles qu'elles n'avaient pas le temps de grandir et d'envahir son âme entière. Il avait des passions vives, mais elles venaient de la tète, l^rès versé dans les letti'es anciennes, son goût pour l'antiquité était peut-être ce qu'il }' avait en lui de plus ix-el et de pkrs sincère, bien qu'il ne fût pas non plus absolument exenipt d'affectation. Il avait eu de grands succès comme orateur, en était fier, et en abusait quelquefois. Tourmente d'ime ambition que la tiai'e même ne satisfît pas entièrement, il tenait plus a laisser un grand nom qu'a accompli!" de grandes choses. ( )bser\ateui" pénétrant, il connaissait les hommes, mais se trompait quelquefois SU]- leui' compte j^ar une certaine tendance a les
I. l.cs seiitinicnls de L.idislas ci.ncni de miim-ictc publique, c II était t(irt mal dispose pnui' Therésie ». dit l"->Lhciili 1er. éd. allem., 1, iS. il ne perdait aucune (iccasiiHi de llMllite.•^ler .smh niépiis pnui lecalice.
•J. Vdir l'illtere^sallt pniirail d'.l^llea^ dans /.ellei'. Italie et Rouiisscincc. 2" édit. t. I. p. ■i---\?.
64 ^NEAS-SYLVIUS PICCOLOMINI
juger d'après lui-même ; fécond en. ressources et en expédients, il croyait un peu trop aux habiletés diplomatiques; comme tous ceux chez qui l'esprit est plus grand que le cœur, il n'admettait pas d'autre mobile que la raison ; trop italien pour pénétrer jusqu'au fond de ces âmes du Nord, si instinctives et si réellement religieuses, le mart3're, malgré qu'il en eût, lui semblait une sottise, et il ne faisait pas à ses adversaires l'injure de les en supposer friands.
Dès la première rencontre (145 1), il éprouva pour Georges une sympathie instinctive '. N'y avait-il pas déjà dans leurs destinées plus d'un trait de ressemblance? L'homme qui, sorti-des rangs les plus humbles, avait pénétré jusque dans le conseil des princes et qui comptait bien ne pas s'arrêter là, admirait tout ce qu'il avait fallu d'efforts, de souplesse, de persévérance, de génie, au petit seigneur bohème pour s'élever au premier rang. Peut-être le lettré ressentait-il un peu de mépris involontaire pour le capitaine resté étranger à la Renaissance et aux lettres, mais il appréciait fort ses qualités naturelles de largeur d'esprit, de finesse et d'éloquence. Et c'était un tel homme qui compromettrait sa fortune par une absurde fidélité à l'hérésie! Il connaissait, pour l'avoir traversée, cette période de révolte : c'était la fougue de la jeunesse; ces bouftees d'indépendance se dissipaient quand sonnait l'heure des pensées sérieuses; l'administrateur arrivé renierait vite ses origines révolutionnaires. Ses rapports avec Georges, la conversation qu'il eut avec lui, le confirmèrent dans ses espérances : Podiébrad évita la discussion, protesta de son désir de paix, ne sembla même pas très éloigné de se séparer de Rokytsana, si c'était une condition absolue de la cour de Rome. Sylvius revint de Bohême avec son siège fait, une opinion dont il ne démordit jamais : Georges avait été entraîné, mais ne
I. C'est à propos de cette entrevue de Benechov qu'il écrit dans son Hisoive de l'empereur Frédéric III sa phrase classique sur Georges : c/Hussitarum errorc infectus, alioquin asqui boniquc cultor; qucm cum nos longo sermone de communione calicis temptavissemus, magis deceptum quam pcrtinaccm inveninuis. »
SYLVirS ET PODIKBRAD 03
demandait qu'à revenir à la vraie foi : dupe et non coupable, il n'était plus retenu que par des scrupules secondaires dont on aurait facilement raison ; la Bohême -entière le suivrait, de gré ou de force, dans son évolution.
Il se hâta de communiquer à Carvajal ses impressions : Georges seul pouvait ramener les hérétiques ', il était juste et bon, c'était sur lui qu'il fallait concentrer tous ses efforts (21 août 145 1), — Les représentants officiels de Rome, Carvajal, Capistran, assez mécontents de cette intervention imprévue, ne tinrent pas alors grand compte de ses observations, mais Sylvius ne se découragea pas. A peine Georges a-t-il réussi ii ramener Ladislas en Bohême qu'il lui écrit une lettre très flatteuse, le félicite de ses succès, de la prospérité et de la tranquillité rendues au ro3'aume. Que manque-t-il pour que cette tranquillité soit complète et la prospérité assurée? Que les Tchèques ne continuent pas à se croire plus sages que tout le reste de la chrétienté, qu'ils se soumettent au pape qui lelir ouvrira les bras. Il appartient à Georgesde les y décider et d'assurer ainsi à la fois le salut de son âme et la gloire de son nom (janv. 1454).
La réserve de Georges dans les questions religieuses tendait à accréditer l'opinion que son zèle pour l'hérésie était chancelant : il prenait à tâche de modérer les Utraquistes, témoignait peu d'empressement à soutenir leurs revendications; sa tiédeur provoqua même quelque défiance parmi les Calixtins les plus exaltés-. Il ne négligeait rien en même temps pour s'attirer la bienveillance de la cour de Rome, flattait les ambitions et les projets des papes, menait grand bruit de son zèle pour la croisade. Peu à peul'on prenait plus au sérieux le projet de Sylvius : ce fut bientôt une opinion presque générale qu'il ne s'agissait plus pour soumettre la Bohême que de gagner l'administrateur, et que la conversion de ce
1. « Si quis est qui civitates ad unionem trahcre possît, Georgius est. » jEneœ epistolœ, p. 667, (édition de Hopper, Bàle i55i).
2. Les réclamations d'un vieux défenseur du calice, Benech Mokrovousky, aux États de mars 1454, avaient trouvé beaucoup d'écho dans la diète, et Podiébrad n'avait pas réussi -sans peine à faire ajourner la discussion. (Tomek, VI. p. 25 1.)
Ob CAUXTi-, m
dernier n'était plusqu'inie question de ménagements et de temps '. On n'avait pas encore pourtant dépassé les préliminaires et il s'écoula de longs nv)is avant que les négociations s'enga'^eassent à fond. Elles ne i-epi'irent une certaine activité qu'après la mort de Nicolas V et l'élection du nouveau pape, Calixte III 145? .
Calixte III, d'une, grande douceur de caractère, très sin^ple, peu enclin aux mesures de rigueur, désirait vivement voir aboutir la croisade contre les Turcs et savait gré à Georges de sa bonne volonté a la fois sincère et retentissante. Il fut sans doute contii-mé dans ses dispositions conciliantes par S\lvius que Frédéric III lui avait envoyé comme ambassadeur. .F^neas resta dès lors auprès de lui, devint un de ses conseillei-s les plus influents, et fut bientôt nommé cardinal. Il i apportait d'Allemagne une conviction et une crainte : la conviction, c'était que, tout entiers à leurs rivalités et a leurs ambitions, les princes de l'Empire étaient absolument indifférents aux intérêts généraux de la chétienté et qu'on ne tirerait d'eux aucun secours. Frédéric avait trop d'affaires sur les bras et son ambition était à la fois trop inquiète et trop passive pour qu'il fût raisonnable d'en attendi'e une résolution héroïque. Un seul homme avait assez de puissance, de hauteur de sentiment et d'imagination pour s'ai'mer contre les Turcs, c'était Podiébrad. — De plus, bien que l'opposition religieuse parût vaincue en Allemagne, le feu cou\ait sous la cendre; S\ivius le savait : on ne trouverait dans ces populations qu'un appui assez tiède contre l'hérésie, et il était foii imprudent de leur donner l'exemple d'une ré\ olte peut-être victorieuse. A tousjes points de \ue, le plus sage était donc d'é\iter une rupture a\ec les Hussites. Non pas qu'il fallût rien céder des droits de l'F.glise, mais il n'était pas nécessaire d'afHchertrop haut ses prétentions. Il est toujoui-s pénible de confesser son erreui- et de levenir en aiiiei-e : pourquoi ne pas adou-
1. Vnir |Mi c\c;iiplc hi Ictiic lic Tcvciul- Ju (^r.iC' '^ il' a ( ^apistraii . ic
I 0 M 'Il I I ).^.|.
nSPF.RAXCES DR RKCONCILIATIOX Gj
cir aux Tchèques ranijrtum'j du repLMitir? Que risquait-on à leur aplanir la route? Avait-on tellement à se louer de la raideur dans laquelle on s'était renfermé jusqu'alors? En réalité, l'on était moins avancé qu'au lendem.iin du traité d'Iihlava. Pourquoi? — Parce qu'on avait voulu aller trop vite. Aujourd'hui les Utraquistes étaient sur leurs gardes : si on persistait dans la même voie, on n'arriverait à rien qu'il une insurrection. Mieux valait patienter, attendre l'occasion; pourquoi même ne tolèrei^ait-on pas le calice, au moins pendant quelque temps? En somme, il n'était pas condamné par l'Ecriture. Les Tchèques en retour n'exigeraient plus la nomination de Rokytsana à l'archevêché de Prague; on ménagerait l'amour-propre du candidat évincé, on le comblerait d'honneurs, on l'appellerait à Rome comme cardinal, et on choisirait un archevêque bohème, mais bon catholique, qui peu à peu rétablirait la doctrine orthodoxe; l'apaisement se produirait, les traditions d'indépendance s'elFaceraient, et un prétexte surgirait bien alors de supprimer la communion sous les deux espèces que personne ne songerait plus à défendre '.
Ce plan, fort bien conçu et où se reconnaît la main d'un des plus subtils diplomates de l'époque, était-il réalisable? Les Etats tchèques se seraient-ils séparés de Rok\tsana? — Ils désiraient sa nomination moins encore à cause du respect qu'il inspirait au parti tout entier, ou pour récompenser justement les services qu'il avait rendus, que parce qu'ils devinaient qu'avec la cour de Rome, un traité, des promesses, ne suffisaient pas : ils avaient besoin de garanties, et la meilleure de toutes, n'était-ce pas la présence à la tetc de l'Eglise d'un utraquiste convaincu? Mais api"ès tout, ce n'était la chez eux qu'un instinct irréfléchi, et ils eussent
1. Sylviiis avait son canJiJ\tà l'archcvcchc de Prague, PruJDpc do Rabcii-^teiii : .Eiwa' cpistola\ 2^6, 247, 259. — Le mérite d'avoir signalé ce projet qui avait échappé ii ratteution de Palatsky appartient à \'oigt. Op. cit. p. 414. ilp. PU seciiiidi o)ati(j>u'.^, cd. Mansi, [, p. '.v^j. - Il me semble i]ue Ntiiijt n'a pas attaché à ce dessein toute l'importance i)u'il mérite, l.e^ lettres de SyKiiis montrent que. pendant plusieur> années, il poursuit son ie\ e de concilia t i o 1 1 .
68 SYLVirs ET CARVAJAL
sans doute hésité à compromettre la paix par trop d'entêtement. Le rôle de Rokytsana fut d'ailleurs devenu très vite assez embarrassant; du moment où il aurait été le seul obstacle à la pacification, sa candidature eût pris un air d'ambition et d'égoïsme qui lui eût aliéné bien des sympathies. Georges le soutenait très loyalement, mais sans faire de sa nomination une condition sine qiiâ non. Dans son entretien avec Svlvius, tout en protestant énergiquement contre les accusations dont l'archevêque utraquiste était l'objet, il avait déclaré que si la cour de Rome le repoussait définitivement, il agirait au mieux des intérêts du pays et de la paix. Les engagements imposés à Ladislas faisaient allusion au cas où il serait impossible d'obtenir la confirmation de Rokytsana. Les relations de Georges et de ce dernier n'avaient rien d'intime, et cela se comprend : le gouverneur sentait son pouvoir borné par l'autorité morale de l'administrateur du clergé utraquiste, et il détestait dans cette influence occulte, insaisissable et redoutable, un élément de désordre et un souvenir de la période d'anarchie. Rokytsana fut, vers la même époque, attaqué avec une extrême violence, dans un pamphlet du sous-chambellan Vaniek Valetchovsk}' de Kniezmost qui reprochait aux prêtres utraquistes leur orgueil et leurs usurpations illégales '. Comment les abus dont se plaignait Vaniek n'auraient-ils pas irrité Georges? Il en voulait aussi, malgré lui, à Rokytsana, de sa ferveur religieuse, de son intransigeance, des polémiques qu'il soulevait, des difficultés qu'il créait; il ne lui pardonnait pas d'être un obstacle à l'union. On est donc admis à supposer qu'il eût appuyé la transaction proposée par Sylvius et à laquelle son adhésion eût donné de sérieuses chances de succès.
Malheureusement Sylvius était loin d'avoir les mains libres : il avait contre lui les impatiences des Catholiques tchèques qui multipliaient leurs intrigues à Rome pour enlever
I. Le pamphlet de Vnnick, qui a été publié par M. Tchélakovsky, est prnhablenieut de 1437.