‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 11 sur 97 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, MAC-DOWEL, en uniforme, mais sans épée.

MAC-DOW T EL, paraissant au fond. N

Et j’ai tenu parole, docteur Paul Frémont.

PAUL

Mais oui, c’est bien lui, mon Mac-Dowel à moi.

GEORCES.

C’est le mien aussi; mais comment parmi nous... Le poste aurait-il été surpris? (Mouvement des Officiers.)

MAC-DOWEL.

Ne vous dérangez donc pas, messieurs... je n’ai avec moi d’autre compagnie que ma goutte; je vous l’avais bien dit, mon cher Paul, j’irai bientôt vous voir comme vainqueur... ou autrement... N'ayant pas eu la liberté du choix, c’est en qualité de prisonnier que je vous prie d’agréer ma visite.

PAUL

Raison de plus pour être le bien venu parmi nous.

GEORGES, faisaut asseoir Mac-Dowel*

Vous avez été si généreux, si loyal avec moi, sir Mac-Dowel, que je regrette franchement pour vous ce mauvais sort des armes.

MAC-DOWEL, s’asseyant.

Vous êtes bien bon, mais je ne le regrette pas, moi qui avais justement besoin du médecin. Figurez-vous, messieurs, que je me promenais à cheval à quelques pas en avant de ma compagnie; tout à coup une vive douleur me pince l’orteil, involontairement je donne un coup d’éperon, aussitôt ma moulure, comme une bète d’esprit qu’elle est, s’emporte au grand galop et vient tomber au milieu d’un poste français : Quoi diable venez-vous faire ici? me demaude l'officier, à qui je rends mon épée. Je cherche un médecin, lui répondis-je, et justement c’est à vous qu’il m’adresse... Prisonnier sur parole, on me permet de venir vous trouver, et telle est l’influence du docteur, qu’il me suffit de vous voir pour me sentir déjà mieux.

PAUL

En ce cas, tant que nous occuperons ce poste, vous resterez avec nous.

Vous nous aiderez à passer plus gaiement encore la dernière nuit qui nous reste peut-être, car vous le savez, messieurs, demain il doit y avoir une affaire décisive.

PAUL

Oui, demain plus d'un cœur aujourd’hui plein d’espérance aura cessé de battre... Qui sait même si parmi nous, il en est un seul qui doive encore embrasser sou père?

GEORGES

Quoi qu’il arrive, la France tout entière ne peut périr avec son armée; même après la défaite ou ne doit pas encore désespérer de son pays, il n’y a pas de champ de bataille assez vaste pour être le tombeau de la patrie.

PAUL

Tu as raison, Georges, il faut toujours espérer.

MAC-DOWEL.

Certainement.... moi, j’espère beaucoup... d’abord, conserver mon médecin, et vous tous aussi, si c’est possible... mais à la veille d’une grande affaire, l’usage veut qu’on boive au succès du lendemain et je ne vois pas flamber le punch.

GEORGES

Du punch! C’est juste, il en faut, messieurs; on en aura, (üb

officier souue le garçon.)

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