SCENE VI
Les Mêmes, M me BROUCK.
M m0 BROUCK, accourant.
Bon Dieu ! quel tapage ! J’ai cru que le logis était en révolution.
PAUL
Pas encore.
GEORGES
Mais ça ne tardera guère.
M me BROUCK.
Plaît-il?
MAC DOWEL.
Nous allons jouer de notre reste ; ainsi, ma chère, attendez-vous à des choses... très-gaies.
M mB BROUCK, à part.
Ils me font frémir.
GEORGES
Dites-moi, madame l’hôtesse, il doit y avoir des jeunes filles ici?
M me BROUCK, effrajéc.
Des jeunes filles !
Nous demandons les plus jolies.
MAC-DOWEL.
Qu'on les fasse venir toutes, on choisira.
M me BROCCK.
Mais de quoi s’agit-il donc, messieurs?
GEORGES
D’un punch et d’un bal étourdissants; nous avons les buveurs, il nous faut les danseuses.
PAUL
A chacun la sienne.
MAC-DOWEL.
Oui, à chacun la sienne!
PAUL, à Mac-Dowel.
Je ne dis pas cela pour vous.
M me BROUCK.
Des danseuses... impossible, messieurs. Ma maison de poste est isolée. Il n’y a que moi de femme ici, et je ne danse jamais.
MAC-DOWEL.
Ça ne peut pas se passer ainsi, madame l’hôtesse ; c’est moi qui ai eu l’idée de ce bal; j’en fais une affaire d’honneur. J’ai une fortune à pouvoir acheter l’opéra de Londres et celui de Paris, et ou ne me trouverait pas des danseuses de province! Il m’en faut à tout prix; vous devez savoir où il y en a; cherchez bien.
TOUS, excepté Georges.
Oui, cherchez bien, (ils entourent madame Brouck, qui se débat au milieu d’eux.)
GEORGES, s'approchant du grand fauteuil.
Hein! Que vois-je donc là? Mais oui, ce sont des gants de femme, (il les ramasse.) C’est singulier; serait-ce une découverte?
M me BROUCK, se dégageant.
Messieurs, vous me demandez l’impossible; il faut y renoncer.
TOUS , excepté Georges qui examiue les gants.
Y renoncer?
GEORGES
Un moment, mes amis, il y a quelque chose à éclaircir.
TOUS
Qu’est-ce donc?
GEORGES
Voyons vos mains, ma chère hôtesse.