‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 27 sur 97 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

MARIETTE

11 y avait réception, fête... enfin beaucoup de monde; les invités arrivaient en carrosse : tout à coup, les chevaux d'un équipage s’emportent et menacent de tout briser. Dans la \oiture il y avait deux dames... l’une d’elles appelait au secours et criait: Sauvez! sauvez ma mère! Georges s’élance, le timon de la voiture le frappe en pleine poitrine, mais ne le renverse pas; U arrête les chevaux, et un moment après, les deux dames entraient tranquillement au bal, ne connaissant pas même celui qui les avait sauvées d’un danger de mort peut-être.

MARIE, à part*

C’était lui!... lui!... Georges!...

MARIETTE

Pardon, mam’zelle, vous avez laissé tomber le crayon de

l’album (Elle le ramasse.)

MARIE, sc rasseyant.

Votre frère n’avait pas été blessé, n’cst-cc pas?

MARIETTE

Le coup qu’il avait reçu avait été terrible; le soir même il dut être porté à l’hôpital militaire. Pendant plusieurs jours sa vie fut en danger, nous avons appris en même temps sa maladie etsacomalesccnce; il nous écrivit lui-même pour nous rassurer et nous disait dans sa lettre qu’il était heureux de ses souffrances, qu’il n’aurait pas regretté de mourir pour celle qu’il avait sauvée. (Tout en parlant, Mariette a etc au métier, elle continue à détacher la pièce d’étoffe.)

MARIE, a part.

11 m’avait reconnue... et moi... je ne savais rien. (Elle dessine sur

l’album.) ' 1

MARIETTE

Cette phrasc-là m’a appris tout de suite que mon pauvre Georges avait un amour dans le cœur, sans cela aurait-il refusé plus tard de revenir à Lyon, où monsieur Thévenin avait préparé pour lui un mariage superbe? Pourvu (pie celle pour qui il nous oublie peuse à lui... Si je n’étais pas retenue ici par mon petit Georges, je serais allée a Paris. (eUc quitta le métier et se rapproche de Marie.) Oui, mam’zelle, j’aurais été trouver mon frérot et je l’aurais bien forcé de me dire ce qu’il ne nous a pas écrit... le nom de celle qu’il aime... et quand ça aurait été uue princesse, j’aurais été droit chez elle ..

MARIE, souriant.

Vraiment?

MARIETTE

Oui, mam’zelle... je lui aurais parlé tout franchement, comme je vous parle, et je lui aurais dit : « Si noble et si riche que vous

soyez, Georges vous vaut bien; il veut être votre mari. Sur mon âme! vous ne trouverez jamais mieux que lui, car Dieu n’a rien créé de plus beau ni de meilleur... » Ça vous fait sourire, ce que je dis là ; mais si vous aviez seulement vu Georges...

VALENTIN, dehors»

Le voilà! le voilà!

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