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personnels et de ses soucis de famille en ne considérant que » e 2 L son devoir de patriote et d'homme d'Etat attaché, avant tout, ] \ ° 9 à la grandeur du pays et à son prestige à l'étranger.
C'est donc bien M. Poincaré qui a choisi Delcassé : cette désignation le délivrait d’une activité parlementaire qui aurait pu faire à Paris double emploi dans la même ligne de politique extérieure. En outre, le nom seul de Delcassé était un programme, et ses états de service comblaient de joie les Panslavistes. À côté de M. Poincaré, M. Jonnart était le satellite à tout faire dont Isvolsky définissait ainsi la valeur exacte le 11-30 janvier 19131:
… ME. Jonnart est fort peu au courant des affaires diplomatiques. En attendant d'occuper en fait le fauteuil présidentiel, ce qui n aura lieu que dans trois semaines, M. Poincaré continue à venir chaque jour au ministère, et M. Jonnart ne fait aucune réponse, n exprime aucune opinion sans qu il en aït connaissance et y soit consentant…
En ce qui concerne les déclarations qui m'ont été faites d'abord par Jonnart, ensuite par Poincaré, elles se correspondent dans les parties essentielles. De mes longs entretiens avec ces deux hommes d Etat, j ai tiré les conclusions sui vantes : « Le Gouvernement français est fermement décidé à remplir avec nous, dans toute leur étendue, ses obligations d Allié, et il admet avec une entière conscience et avec tout le sang-froid nécessaire que le résultat final des complications actuelles peut être pour lui la nécessité de la participation de la France à une guerre générale. »
La nomination de Delcassé impliquait la disparition de Georges Louis sous une forme ou sous une autre.
l. Livre Noir, 1, 19.
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Elle pouvait être douce ou brutale, selon l'état d'esprit de M. Poincaré : la manière silencieuse, artificieuse, avec laquelle 1l procéda pour ne donner aucun éveil à l'intéressé ne laisse aucun doute sur sa pensée. À tout prix 1l voulait éviter cette fois de manquer le gibier qu 1l avait blessé le 8 mai, sans le tuer. Dès le 18 janvier, au lendemain de son triomphe, son premier soin est de frapper sans délai, quand il sera prêt. Il télégraphie donc : « Le Gouvernement de la République a le ferme espoir que le Gouvernement impérial s’abstiendra de toute initiative qui risquerait d'engager la politique de l'Alliance. » Ces instructions n ont qu un but, celui de supprimer d'office toute intervention de Georges Louis. Après lui le déluge. Or le moment était solennel. Le 24 janvier, Georges Louis écrivait : € Je viens de voir M. Sazonoff. Je l'ai trouvé très préoccupé du coup de force qui s'est produit hier à Constantinople ét que rien n'avait fait prévoir.» Il s agissait du retour subit des Jeunes Turcs. Mais, pour M. Poincaré, le renvoi à bref délai de son ambassadeur supprimait toute autre question. Le 29 janvier, Georges Eouis prévint que la communication était faite, que le Gouvernement impérial ne prendrait aucune initiative, « l'action dislomitique des deux Gouvernements devant être étroitement conjuguée ». Mais tout à coup une nouvelle extraordinaire éclate dans le ciel serein des relations franco-russes comme un coup de tonnerre :
Saint-Pétersbourg, 29 janvier 1913 Urgent.
Le Ministre impérial des Affaires Étrangères m'a fait con-
naître aujourd hui, à titre secret, qu en 1902 avait été signée entre les chefs d'état-major des armées russe et bulgare une
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L ASSASSINAT 209 convention militaire par laquelle la Russie devait donner à la Bulgarie sa coopération, notamment contre la Roumanie, urtout si celle-ci avait l’appui de l'Autriche. Aucun arrangement diplomatique n'a été conclu à l’occasion de cette convenhon militaire, qui n'aurait été communiquée au Ministère impérial des Affaires Etrangères qu'après avoir été signée.
De l'avis des deux parties, la convention de 1902 à été mal rédigée. Flle contient des clauses contradictoires. Le roi Ferdinand et M. Malinoff ont proposé d'en conclure une autre lorsqu'ils sont venus à Saint-Pétersbourg en 1910. Un projet bulgare a été présenté, mais n’a pas été accepté par la Russie. Un contre-projet a également échoué « Nous avions conclu de ces négociations et de leur échec, a ajouté M, Sazonoff, que la convention de 1902 n'existait plus, mais tout récemment le Gouvernement bulgare a fait observer qu'elle n'avait pas été dénoncée. »
Ni M, Isvolsky ni M. Sazonoff ne m'avaient encore parlé de cet arrangement non plus qu'à mes prédécesseurs. J'ai demandé au Ministre s’il vous en avait fait donner connaissance. [| m'a répondu qu'il venait de télégraphier à Paris à ce sujet. [] n’a pas ajouté que M. Isvolsky ait été invité à vous
Communiquer le texte même de l'accord.
Cette communication tardive d’un traité aussi compromettant, après dix ans d'existence, ne témoignait que trop de la désinvolture du Gouvernement russe à notre égard. C'était le thème ordinaire des avertissements de
corges Louis. La surprise aurait dû renforcer sa position à Paris, Il était dans le vrai quand il invitait son Gouvernement à ne pas se livrer, à tenir son quant à soi, En fait la dépêche de Georges Louis, difficile à interpréter
ans Un autre sens, irrita M. Poincaré. Comme dans la
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