‹ Georges LouisChapitre 2 sur 145 · AV ANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AV ANT-PROPOS

Il n'a pas dépendu de M. Poincaré que ce livre impartial et rigoureusement documentaire parût.

Inquiet de savoir en ma possession les précieuses pièces qui for-. ment l'héritage de Georges Louis, encore plus effrayé à la pensée que par elles j étais libre de rétablir la Vérité, dont il dissimule et fausse les témoignages, il m'a traqué impitoyablement. Aux poursuites dont Clémenceau eut l'initiative, il a collaboré pour que le dénouement fût fatal pour moi. Au cours de mon procès, en 1923, son intervention directe par écrit et la pression exercée sur de hauts magistrats m ont donné la mesure des moyens puissants que son inimitié suggérait à sa peur. S'il récompensa ceux qui ont présidé ou requis à la Cour d'Assises avec autant de violence que de témérité, c'est qu'il était compromis vis-à-vis d'eux, au point de ne pouvoir leur refuser ses faveurs, qu'il était forcé de tenir ses promesses, même après un retentissant insuccès.

En obtenant ma condamnation, coûte que coûte, M. Poincaré se flattait d'échapper au rappel des faits que je connais depuis 1913 : si j'avais eu la force, malgré tout, de publier le testament de Georges Louis, il n'eût pas manqué de récuser l'Histoire ellemême, en nous enveloppant du même discrédit.

Le Jury de la Seine n'a donc pas fait seulement éclater, en dépit d'efforts redoutables, ma pleine innocence : il a condamné l’homme qui cherchaït son salut dañs ma perte. Les lecteurs de ce

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