‹ Gerard De NervalChapitre 260 sur 319 · V. O. [début du chap. I de l'Introduction · texte numérisé non relu

V. O. [début du chap. I de l'Introduction

Nous avions quitté Malte depuis deux jours, et aucune terre nouvelle ne paraissait à l’horizon. Des colombes — venues peut-être du mont Etyx — avaient pris passage avec nous pour Cythère ou pour Chypre, et reposaient la nuit sur les vergues et dans les hunes. Le temps était beau, la mer calme et l’on nous avait promis qu’au matin du troisième jour, nous pourrions apercevoir les côtes de Morée.

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d. À., S. : qui tourne à l’entour du navire sous une autre roue d’un bleu plus clair, mer et ciel, image et miroir de l’infini, — attendant la vue de ce noble rivage [S. : du Taygète lointain]

e. À., V. O., S. : lumineuse

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a. À. : Imaginez, — mais que vais-je vous dire ? — rêvez toute la pompe du monde éclatant dans un coin du ciel; puis de cette ligne atdente qui s’élargit sur le cercle des eaux, voyez partir

b. À. add. (fn du chapitre ) : — « Je t’apprendrai la vérité sur les otacles de Delphes et de Claros, disait Apollon à son prêtre. Autrefois, il sortit du sein de la terre et des bois une infinité d’oracles et des

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exhalaisons qui inspiraient des fureurs divines. Mais la terré, par les changements continuels que le temps amène, a repris et fait rentrer en elle fontaines et exhalaisons et oracles. » Voilà ce qu’a rapporté Porphyre, selon Eusèbe. Ainsi les dieux s’éteignent eux-mêmes, ou quittent la terre, vers qui l'amour des hommes ne les appelle plus ! Leurs bocages ont été coupés, - leurs sources taries, leurs sanctuaires profanés; par où leur serait-il possible de se manifester encore ? O Vénus-Uranie |! reine de cette île et de cette montagne, d’où tes traits menaçaient le monde; Vénus armée | qui régnas depuis au Capitole, où j’ai salué (dans le mussée) ta statue encore debout, pourquoi n’ai-je pas le courage de croire en toi et de t’invoquer, déesse | comme l’ont fait si longtemps nos pères, avec ferveur et simplicité ? N’es-tu pas la source de tout amour et de toute noble ambition, la seconde des mères saintes qui trônent au centre du monde, gardant et protégeant les types éternels des formes créées contre le double effort de la mort qui les change, ou du néant qui les attire ?.… Mais vous êtes là toutes encore, sur vos astres étincelants; l’homme est forcé de vous reconnaître au ciel, et la science de vous nommer. O vous, les trois grandes déesses, pardonnez-vous à la terre ingrate d’avoir oublié vos autels 1 ?

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a. À. add. : Qui cependant reconnaîtrait, dans la statue cosmogonique que nous venons de décrire, la Vénus frivole des poètes, la mère des Amours, l’épouse légère du boiteux Vulcain ?

On l’appelait la prévoyante, la victorieuse, la dominatrice des mers, — Euploea, Pontia; — Apostrophia, qui détourne des passions criminelles; et encore, l’Aînée des Parques, sombre idéalisation. Aux deux côtés de l’idole peinte et dorée se tenaient les deux amours Eros et Antéros, consacrant à leur mère des pavots et des grenades. Le symbole qui la distinguait des autres déesses était le croissant surmonté d’une étoile à huit rayons; ce signe, brodé sur la pourpre, règne encore sur l'Orient, mais c’est bien chez ceux qui l’arborent que Vénus a toujours le voile sur la tête et les chaînes aux pieds.

Voici quelle était l’austère déesse adorée à Sparte, à Corinthe et dans une partie de Cythère aux âpres rochers; celle-là était bien la fille des mers fécondées par le sang divin d’Uranus, et se dégageant froide encore des flancs engourdis de la nature et du chaos.

L'autre Vénus, — car beaucoup de poètes et de philosophes grecs, particulièrement Platon, reconnaissaient deux Vénus différentes, — était la fille de Jupiter et de Dionée; on l’appelait Vénus populaire, et elle avait dans une autre partie de l’île de Cythère des autels et des sectateurs tout différents de ceux de Vénus-Uranie. Les poètes ont pu s'occuper librement de celle-là, qui n’était point comme l’autre protégée par les lois d’une théogonie sévère, et ils lui prêtèrent toutes leurs fantaisies galantes, qui nous ont transmis une très fausse image du culte sérieux des paiens. Que dirait-on dans l’avenir des mystères du catho-

1. La citation d’Eusèbe (Contre Porphyre) est textuellement empruntée à l’Hisioire des Oracles de Fontenelle, Seconde Dissertation, chap. 1.

licisme, si l’on était réduit à les juger au travers des interprétations ironiques de Voltaire ou de Parny ? Lucien, Ovide, Apulée appartiennent à des époques non moins sceptiques, et ont seuls influé sur nos esprits superficiels, peu curieux d’étudier les vieux poèmes cosmogoniques dérivés des sources chaldéennes ou syriaques.

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