V. O. : pas de variantes pour ce chapitre
S. : La Silhouette, 25 février 1840.
V'ARLANTES 829
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a. À. add. : là, peut-être, on retrouverait quelques monuments de la troisième Vénus, l’aînée des Parques, l'antique reine du mystérieux Hadès. Car il faut bien remarquer, pour sortir du dédale où nous ont plongés les derniers poètes latins et les mythologues modernes, que chacun des grands dieux avait trois corps et était adoré sous les trois formes du ciel, de la terre et des enfers: cette triplicité ne peut avoir d’ailleurs rien de trop bizarre au jugement des esprits chrétiens qui admettent trois personnes en Dieu.
b. À. add. : Personne du moins ne vint au moment où nous débarquions nous demander nos papiers; les îles anglaises n’abusent pas des lois de police, et si leur législation aboutit encore à un fouet pat en bas et par en haut à un gibet, les étrangers du moins n’ont rien à craindre de ces modes de répression.
J'étais avide de goûter les vins de la Grèce, au lieu de l’épais et sombre vin de Malte qu’on nous servait depuis deux jours à bord du bateau à vapeur. Je ne dédaignai donc pas d’entrer dans l’humble taverne qui servait de rendez-vous commun à d’autres heures aux gardes-côtes anglais et aux mariniers grecs. La devanture peinte étalait comme à Malte des noms de bières et de liqueurs anglaises inscrits en or. Me voyant vêtu d’un macintosh acheté à Livourne, l’hôte se hâta de m’aller chercher un verre de whiskey; je tâchai quant à moi de me souvenir du nom que les Grecs donnaient au vin et je le prononçai si bien qu’on ne me comprit nullement.
À quoi donc me sert-il d’avoir été reçu bachelier par MM. Villemain, Cousin et Guizot réunis, et d’avoir dérobé à la France vingt minutes de leur existence pour faire constater tout mon savoir ? Le collège à fait de moi un si grand helléniste, que me voilà dans un cabaret de Cérigo à demander du vin, et aussitôt, remportant le whiskey refusé, l’hôte vient me servir un pot de porter. Alors, je parviens à réunir trois mots d’italien, et comme personne ne m’a jamais appris cette langue, je réussis facilement à me faire apporter une bouteille empaillée du liquide cythéréen.
C'était un bon petit vin rouge sentant un peu l’outre où il avait séjourné et un peu aussi le goudron, mais plein de chaleur et rappelant assez le goût du vin asciutto d'Italie: — 6 généreux sang de la grappe !... comme t’appelait George Sand, à peine es-tu en moi que je ne suis plus le même; n’es-tu pas vraiment le sang d’un dieu ? et peut-être, comme le disait l’évêque de Cloyne, le sang des esprits rebelles qui luttèrent aux anciens temps sur la terre, et qui, vaincus, anéantis sous leur forme première, reviennent dans le vin nous agiter de leurs
‘passions, de leurs colères et de leurs étranges ambitions !… Mais non, celui qui sort des veines saintes de cette île, de la terre porphyreuse et longtemps bénie où régnait la Vénus céleste, ne peut inspirer que
de bonnes et douces pensées. Aussi n’ai-je songé à rien dès lors Page 83 :
a. À. add. : Mais n’admirez-vous pas tout ce beau détail fait en style
GÉRARD DE NERVAL. (Œuvres, T. IL 57
d'itinéraire ? C’est que la Cythère moderne n'étant pas sur le passage habituel des voyageurs n’a jamais été longuement décrite et j’aurai du moins le mérite d’en avoir dit même plus que les touristes anglais.
b. À., S. : la montagne c. S. add. : Cette légende m'a fait soupirer.