‹ Gerard De NervalChapitre 275 sur 319 · II. LA PLATE-FORME Page · texte numérisé non relu

II. LA PLATE-FORME Page

a. N. [au lieu de cet alinéa] :

« On a eu tort, lui dis-je, de nettoyer et de rafraîchir cette inscription.

— Mais vous ne comprenez donc pas ! répondit-il.

— J'ai fait vœu de ne pas comprendre les hiéroglyphes. J'en ai lu trop d’explications. J'ai commencé par Sanchoniaton; j’ai continué par l'Œdipus Ægyptiacus du père Kircher, et j’ai fini par la grammaire de Champollion, après avoir lu les observations de Warburton et du baron de Pauw. Ce qui m’a désenchanté de ces opinions, c’est une brochure de l’abbé Affre, — lequel n’était pas encore archevêque de Paris, — et qui a prétendu, après avoir discuté le sens de l’inscription de Rosette, que les savants de l’Europe s’étaient entendus pour une explication fictive des hiéroglyphes, afin de pouvoir établir dans toute l'Europe des chaires de langue hiéroglyphique rétribuées d’ordinaire par un traitement de 6.000 francs.

— Ou de 1.500 thalers, ajouta judicieusement l'officier prussien… c’est à peu près la somme correspondante chez nous. Mais ne plaisantons pas là-dessus : vous avéz la grammaire; nous avons, nous, l’alphabet et je vais vous lire cette inscription aussi facilement qu’un écolier lit le grec quand il en connaît les lettres, sauf à hésiter davantage devant le sens des mots. »

L’officier se mit à lire, inscrivit à mesure les syllabes sur son carnet, et me dit : « Cela signifie que [...] de sa mission ».

Je me repentis aussitôt de mon scepticisme hiéroglyphique, en pensant aux fatigues et aux dangers que bravaient ces savants qui exploraient à ce moment-là même les ruines du Labyrinthe.

b. N. add. : — Allons, lui dis-je, ceci est proverbial et accepté de tous | Je me rappelai alors que Napoléon lui-même visitant l’intérieur des pyramides, en compagnie de la femme d’un de ses colonels, s'était exposé au péril que supposait le guide. Les Bédouins survenus à limproviste avaient, dit-on, dissipé son escorte et bouché avec de grosses pierres l’entrée de la pyramide, qui n’a guère qu’un mètre en hauteur et largeur. Un escadron de chasseurs survenu par hasard le tira heureusement du danger.

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Page 245 :

a. N., add. : Les serpents se garderaient bien d’habiter des demeures si reculées. Quant aux chauves-souris, elles existent, et se font reconnaître en poussant des cris et en voltigeant autour des feux.

b. N. add. : Il est difficile de comprendre que ce peu d’espace, destiné, : soit à des tombeaux, soit à quelque chapelle ou temple, se trouve être la principale retraite ménagée dans l’immense masse de pierre qui l’entoure.

Deux ou trois autres chambres pareilles ont été découvertes depuis. Leurs murs de granit sont noircis par la fumée des torches. On ne voit dans tout cela aucune trace de tombeau, — sauf une cuve de porphyre de huit pieds de longueur qui pourrait bien avoir servi à enfermer les restes d’un Pharaon. Cependant, la tradition des fouilles les plus anciennes ne signale, dans les pyramides, que la découverte des ossements d’un bœuf.

Ce qui étonne le voyageur, au milieu de ces demeures funèbres, c’est que l’on n’y respire qu’un air chaud et imprégné d’odeuts bitumineuses. Du reste, on ne voit rien que des galeries et des muts; — pas d’hiéroglyphes ni de sculptures; des parois enfumées, des voûtes et des décombres.

Nous étions revenus à l’entrée, fort désenchantés de ce voyage pénible, et nous nous demandions ce que pouvait représenter cet immense bâtiment : « Il est évident, me dit l'officier prussien, que ce ne sont point là des tombeaux. Où était la nécessité de bâtir d’aussi énormes constructions pour préserver peut-être un cercueil de roi ? Il est évident qu’une telle masse de pierres, apportées de la Haute-

gypte, n’a pu être réunie et mise en œuvre pendant la vie d’un seul homme. Que signifierait ensuite, pour un souverain, ce désir d’être mis à part dans un tombeau de 700 pieds de hauteur, — quand nous voyons presque toutes les dynasties des rois égyptiens classées modestement dans des hypogées et dans des temples souterrains. »

Il vaut mieux nous en rapporter à l’opinion des anciens Grecs, qui, plus rapprochés que nous des prêtres et des institutions de l'Égypte,

n’ont vu dans les pyramides que des monuments religieux consacrés aux initiations.

a. N. add. : puis remontait ensuite comme peut faire un siège lancé sut une montagne russe.

* III. LES ÉPREUVES Page 248 :

a. N. add. NOTE : Lactance, Meursius, le père Lafitteau, l’abbé Terrasson, etc.

Page 250 :

a. N. add.: dont M. Leipsius retrouve sans doute en ce moment les traces.

V'ARLANTES 843

b. N. 3000 ef add. NOTE : Voir /’Histoire des Religions de l’abbé Banier et Les Dieux de Moïse de M. Lacour.

Page 252 :

a. N. : regagnons la plaine et allons visiter le sphinx de Gizeh.

et add.:

Le sphinx a été trop souvent décrit pour que je parle ici d’autre chose que de l’admirable conservation de sa figure, haute de dix-huit pieds. Il est évident que ce rocher de granit fut sculpté dans une époque où l’art était très avancé. Son nez brisé lui donne de loin un air d’Éthiopien; mais le reste du visage appartient à quelqu’une des races les plus belles de l'Asie. Nous nous contentâmes d’admirer ensuite les deux autres pyramides qui ont conservé une partie de leur revêtement. La seconde à été ouverte, mais on y a trouvé seulement deux ou trois salles pareilles à celles que nous avions visitées dans les premières; la troisième, la plus petite, que les Arabes appellent la pyramide /4 Fille, en souvenir sans doute de la courtisane Rhodope, qu’on suppose Pavoir fait bâtir, est vierge de toute exploration. Autour du plateau sablonneux des trois pyramides sont des restes de temples et d’hypogées. Quelques sarcophages brisés gisent çà et là, ainsi qu’une multitude de figurines en pâte verte, parmi lesquelles on en rencontre ratement d’entières. Les Arabes voulaient nous en vendre quelques-unes; mais il nous parut probable qu’ils ne les avaient pas ramassées sur le lieu même. Il doit en exister des fabriques au Caire, comme pour les vases étrusques que l’on vend à Naples.

b. N. add. NOTE :

Lorsque l’armée d'Égypte visita les sépulcres de Saccarah, elle s’étonna de la quantité de chats que plusieurs d’entre eux contenaient. Quelques soldats eurent l’idée de mettre le feu dans ces souterrains pour en connaître la profondeur. Les momies des chats, imprégnées de bitume, brülèrent pendant huit jours, puis le feu s’étouffa de luimême. Lorsque l’on crut la fumée dissipée, on redescendit dans le souterrain. Au-delà de l’espace immense que le feu avait découvert, au-delà des matières charbonnées qu’il fallut extraire, on trouva encore de nouvelles rangées de chats qui semblaient défier la destruction d’arriver au bout de son œuvre.

Page 253:

a. N. add. NOTE : Gauthier d’Arc

b. N. phrase remplacée par

Si je parle ici de ces événements éloignés déjà, c’est que je viens de recevoir à Constantinople la triste nouvelle de sa mort. Et c’est au milieu du cimetière de Galata, devant l’éblouissant tableau de Constantinople et de Scutari, qui bordent sous mes yeux la côte d'Europe et la côte d’Asie, que je pense tristement à cette fin si prématurée, à cet homme dont les derniers entretiens m’avaient révélé tant de science modeste, et tant d’affabilité précieuse au voyageur, sur cette terre atabe où l’on n’a qu’à choisir entre des tombes et des ruines.

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