VII. LE DÉPART Page
a. V. O,., S.: Le cheik s’arrêta après ces paroles et se mit à
b. S. add. : les détails précis de cette nuit fatale m'’intéressaient au plus haut point
c. S. add. NOTE : Les détails suivants peuvent servir d’appendice plutôt que d’explication à l’histoire de Hakem, un peu obscure de soi, à cause des divers récits qui s’appliquent à la vie de ce réformateur comme les Évangiles à celle du Christ. M. de Sacy a publié deux volume in-4° de ces différentes versions. Notre récit n’a recueilli que les principales en s’abstenant dé toute invention romanesque. C’est un résumé et un choix seulement.
Page 442 :
a. R. M., V. O., S. : la note manque.
Page 443 :
a. S. : Tout ce qui précède, depuis : Selon nos livres, remplacé par :
— Voici la vérité, dit le cheik. Après la scène sanglante qui eut lieu près des tombeaux, les deux esclaves chargés des ordres de Sétalmulc s’enfuirent et gagnèrent la ville. Un vieillard passa suivi d’une troupe armée, fit examiner pat l’un des siens les blessures du calife et de Yousouf, fils de Dawas, et y fit verser une liqueur précieuse. Ensuite on transporta ces corps dans le tombeau des Fatimites, nécropole immense construite par Moëzzeldin, le fondateur du Caire. Les deux amis, l’un calife, l’autre pêcheur, furent placés dans des tombeaux pareils; ils étaient tous deux princes, tous deux petits-fils de Moëzzeldin. Ce dernier vivait encore.
— Pardon, dis-je au cheik, j’ai eu déjà peine à distinguer dans votre récit ce qui est merveilleux de ce qui est réel; c’est le défaut pour nous de toutes vos histoires arabes.
— Rien de ce que je vous ai raconté, dit le cheik, ne s’éloigne des probabilités humaines. Je'n’ai pas dit que Hakem eût fait de prodiges;
VARTIANTES 851
je n’ai analysé que les sensations de son âme, dont son prophète Hamza nous à transmis les mystères. Pour nous Hakem est dieu; vous avez le droit, vous autres chrétiens, de ne voir en lui qu’un insensé.
— Et son grand-père, était-il aussi un dieu ?
— Non, mais il était, comme vous le savez, grand cabaliste, et sa piété singulière le mettait en communication d’esprit avec Albar (nom céleste de Hakem). Albar lui dit un jour : « Le temps approche où je descendrai sur la terre, alors jy paraîtrai sous la figure d’homme et je participerai à toutes les misères de l’existence. Je naîtrai comme ton petit-fils et comme toi-même; tu ne me connaîtras pas. » Or Moëzzeldin eut deux petits-fils dont le premier naquit héritier du trône; l’autre fut élevé comme un simple fellah dans le pays de Ketema (près de la province de Constantine). Moëzzeldin, fatigué du trône, parvint, grâce aux soins d’Avicenne, son médecin, à se faire passer pour mort. Il ignorait dans lequel de ses deux petits-fils était la divinité, et voulut les éprouver dans ces conditions diverses. Retiré dans un monastère de derviches, il assistait inconnu à toutes les actions du règne de Hakem, et n’en comprenant pas les motifs (ô aveuglement des hommes |) il préparait en secret l’autre à le remplacer sur le trône. Ce fut, dit-on, lui-même qui arrangea le guet-apens de Mokatam. Les deux frères n’avaient été qu’étourdis par des coups de masse. Ils reprirent leurs sens dans le tombeau de leur famille, où l’aïeul apparut comme un fantôme et leur demanda compte de leur vie passée. Dans ce sépulcre voisin des hypogées et des pyramides, Hakem semblait un Pharaon jugé par des rois ses ancêtres. Il parla, il expliqua ses actions et ses doctrines. Son aïeul et son frère tombèrent à ses pieds, et le reconnurent pour dieu. Mais Hakem ne voulut plus retourner au Caire. Il se rendit avec Moëzzeldin dans le désert d’Ammon et constitua sa doctrine, que son frère répandit plus tard sous le nom d’Hamza. Depuis, il se montra sur divers points de la terre et se retira en dernier lieu sur le Liban, où le peuple crut en lui. »
Toute cette légende me tourbillonnait dans la tête; et les visites que je faisais au chef druse suffisaient à peine aux explications que je lui demandais. Cependant la tempête qui me retenait à Beyrouth s'était apaisée, et je dus partir pour Saint-Jean d’Acre afin d’essayer mon influence sur le pacha en faveur du cheik druse. Je lui fis donc mes adieux [...] vue chez madame Carlès.