‹ Gérard de Roussillon, histoire et légendeChapitre 11 sur 15 · GÉRARD DB ROUSSILLON · texte numérisé non relu

GÉRARD DB ROUSSILLON

t Item Hz (Gérard et Berthe), fondèrent une abbaye dans les fourbours

• de la cité d'Aussen^e, moult riche et moult belle et y mit des moinnes f de Tordre de SainctrBenoist, mais maintenant ce sont chanoinnes et

• Tappeir on Téglise monseigneur Sainct PieiTe.

« Item, une autre en Flandre en laquelle a a présent moinnes noirs,

• et me semble que c*est Téglise Saint-Bertin, qui est situé en la ville de c Saint-Omor, et en sa dicte conté de Nertes ou de Burbant (Brabant)

• fonda, édiffia et construisit plusieurs églises, comme Tabbaye de Leuse, i réglise N.-D. de Anthoing, celle de Condet (Gondé) et Téglise de

• Royalcourt. »

Item, un moult noble prîoré que on appelle Sixte, là où monseigneur

• Gérard fit son giste la dernière fois que il combattit le roi Cbarles-le-

• Chauve, et dit Thistoire que Sixte est au dessoubs de Sens. ■ Item, réglise Sainte-Marie et Saint-Lazare d*Avallon.

S'il en fut ainsi, Ton doit regretter que les chartes de fondation- de ces églises et abbayes, moins favorisées que celles de Pothières et de Vézelay, ne soient point arrivées jusqu'à nous. Mais peut-on repousser absolument la tradition? Non, car elle reçoit une sorte de sanction des légendes historiques du Brabant, de la Flandre et du Hainaut, non seulement en ce qui a rapport aux fondations ci-dessus indiquées, mais à d'autres encore situées dans les mômes lieux que Gérard gouverna au nom do Témpereur Lothaire.

Comment pourrait-il se faire, observe très justement M. Chérest, que dans la Gaule septentrionale tant de lieux invoquassent Gérard comme leur fondateur, s'il fût resté complètement étranger à ces pays. {Congrès scientifique d'Auxerre^ t. II, p. 307).

La Collégiale d' A vallon.

L'église de Sainte-Marie de Saint-Lazare d'Avallon. Les vieux historiens de la Bourgogne rapportent qu'on y voyait un très ancien reliquaire où Gérard était représenté offrant l'église à la Sainte-Vierge. Il portait une plaque d'acier sur laquelle était gravée cette inscription :

« Je suis Girard de Rossillon, duc de Bourgoingne; VigUse d'Auallon « pour iV. P. fondai pour les victoires que Dieu me domina contre Charlesle-CAoMve et nos ennemis Van VIII cent XLVI. »

Ce reliquaire a disparu. Le Nécrologe de l'église Sainte-Marie et Saint- Lazare fixe la mort du bienfaiteur au IV des nones de mars 874.

D'après les historiens de l'ancienne Bourgogne, notamment Bargedé, la charte de fondation existait dans les archivas de l'église. Courtépée cite un procès-verbal dressé en 1554 par le conseiller Bégat, qui affirme avoir vu cette charte.

Voilà des témoignages, sinon tout à fait dignes de croyance, du moins ^cutables, et d'après lesquels la tradition acquiert une sorte de consétsratioA bistoriqusi

Prieuré de Sixte.

Au territoire de la commune de Michery, à deux kilomètres de Pontsur- Yonne, se voient encore les restes de cet ancien prieuré. Victor Polit nous en donne, dans son Itinéraire (voyage 5), ces quelques détails :

« Lesbâiiments primitifs ne sont pas parvenus jusqu*à nous. Le corps t de logis principal, auquel on accède à travers un large fossé, ne semble « dater que du xvi® siècle, de même que deux tourelles flanquées aux « angles de Tenceinte, aujourd'hui ruinée et couverte de broussailles.

« A droitCi dans la cour, on retrouve Tancienne chapelle. Presque « intacte il y a peu d'années, elle fut démolie en grande partie vers 1842 « pour construire une auberge sur la route. Les petites fenêtres cintrées « indiquaient le xii^ siècle.

« Ce prieuré fut fondé parle fameux Gérard de Roussillon, qui le légua « à l'abbaye de Vézelay, avec la terre de Villemanoche. ».

Arrivons maintenent à Tancienne abbaye de Saint-Pierre à Auxerre.

Saint-Pierre d' Auxerre.

Au vi^ siècle, le règlement de Saint Aunaire mentionne déjà cette abbaye. Depuis, elle figura au troisième rang, à la suite des abbayes de Saint-Germain et de Saint- Amatre. On croit qu'elle fut détruite par les Sarrazins. En admettant la réalité de la tradition, Gérard de Roussillon l'aurait donc seulement réédifiée.

La Galliana Christiana, t. Xll, au témoignage de M. Leclerc de FouroUes, l'historien de l'abbaye de Saint-Pierre d' Auxerre, mentionne ce fragment d'un ancien nénrologe de l'église Saint-Pierre :

« Tertio nouas octobris obiit bonœ memoria Gerardus de Rossilione Sura ffundiœ corne et dux qui fuit fondator hujus ecclesiœ, aique conventus. »^

« C'est sans doute ce texte, ajoute notre éminent concitoyen, qui aura « fait penser à quelques auteurs que Gérard de Roussillon avait été le « fondateur de notre église ; ils se sont évidemment trompés, puisqu'elle « existait déjtà. Ce fragment du nécrologe, pieux souvenir de la recon- « naissance des religieux, ne signifie pas autre chose que la réédification a de l'ancienne église par le comte de Bourgogne. Ainsi l'ont interprété « les frères sainte Marthe, dans un passage cité au tome XllI de la Gaule « chrétienne. » (Annuaire de V Yonne ^i^i^^"^. 192).

De cet ancien Nécrologe, l'église actuelle de Saint-Pierre n'a gardé aucune trace. Mais il va do soi qu'en lui-même, il ne peut conduire à la preuve du point en litige. Aucun auteur ne témoigne, comme pour la Collégiale d'Avallon, d'une charte de fondation qui constituerait une. preuve réelle, irréfragable.

Le litre du comte et duc de Bourgogne, attribué au comte Gérard par le Nécrologo et adopté de confiance par M. Leclerc de Fourolles, procède en droite ligne de la légen4&9 loin de pouvoir la consacrer.

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