‹ Gérard et MarieChapitre 13 sur 16 · MARIE, GERARD · texte numérisé non relu

MARIE, GERARD

( Il sort de lafeime. ) GERAIvD, »'avaDçant.

Elle est là... je parie, . je viens d'entendre le son de sa voix Gérard, 4

(Jljaii quelques pas à tâtons et la prend par le bras. C'est vous, Marie, je ne me suis pa<} trompé.

MARIE, jette un cri de surprise.

Ah!

Oui; oh! je reconnais votre joli bras... dites donc, je viens de parler à Georgctte. ( Pendant cette phrase , Gérard a fait glisser sa main le long du bras de Marie , et au moment oïl les deux mains vont se joindre, Marie effrayée laisse tomber la lettre. ) Eh! qu'avez-vous donc? on dirait que vous êtes agitée.

MARIE

Qui peut vous le faire croire?

GÉRARD

Parbleu, je sens bien que votre main tremble... et puis j'ai distingué un froissement.. .vous avez laissé tomber un papier. . .c'est une lettre sans doute. [Il se baisseet la ramasse.) MARIE.

Une lettre... mais...

GÉRARD

Comment... vous ne répondez pas... vous paraissez plus agitée encore... Marie !.. est-ce que vous vous méfieriez de moi par hasard... est-ce que vous me cacheriez quelque secret?..

MARIE

Moi... des secrets.

GÉRARD

Oui... pourtant vous ne devez pas en avoir... iongez-y donc... vous serez dépositaire de touslo miens... mes lettres, ce n'est que vous qui m''en apprendrez le contenu... n'aurezvous donc pas assez de confiance en moi pour me lire aussi les vôtres?...

MARIE

Oh ! si , Gérard !

GÉRARD

Eh ! bien alors... pourquoi craindre de me faire connaître celle-là que vous lisiez quand je suis venu... Qui l'a écrite? MARIE.

GERARD , montrant l'adresse.

Pierre... et elle vous est adressée .'*

(27 ) MARIE

Oui. ( A part.) Comme il se trouble.

GÉRARD, l'ouvrant.

En ce cas, je veux l'entendre... Lisez, Marie, lisez ... je l'exige !

MARIE , a part.

Que faire ? dois-je lui dire la vérité?

GÉRARD , lui tendant la leltic.

J'attends !

MARIE , à part.

Ah ! je n'ai que ce moyen.

{^Elle feint de lire , et porte tour à tour les yeux sur Gérard et sur la lettre. )

« Marie , demain tu vas être ma lœur... et maintenant je » puis m'adressera toi pour te demander un service... j'aime )) Georgette... je veux l'épouser... et je n'ose.. .» GERARD.

Eh bien ?.. vous vous arrêtez.

MARIE

C'est qu'à votre tour, votre niaiu tremble et je ne puis continuer.

GERARD , sans lui rendre la lettre.

N'importe ! j'en sais assez maintenant... Pardon, Marie, pardon de vous avoir soupçonnée... mais ne devez-vous pas m'cxcuser... songez qu'il m'est bien permis d'être jaloux , à moi , qui suis malheureux '... pourtant à l'avenir, ne redoutez plus de soupçons de ma paît... je jure de ne plus eu former.

MARIE , a pert.

Qu'au moins de nous trois, il y en ait un d'heureux.

GÉRARD

Allons , allons , bannissons toutes ces idées , et ne penson» plus qu'à la joie, qu'au bonheur que j'épronve.... ce bon frère !... qu'il me tarde de voir ses vœux accomplis... Marie, puisqu'il vous en prie, il faut m'aider à le rendre heureux... vous me le promettez... n'est-ce pas?

MARIE

Oui, Gérard.... je vous le promets. ( A part.) Ah ! reu-

( 28 ) trons .. car je le sens, mon troublo me traliirait encore ( Haut. ) Mais sans doulc on m'atlenrl à la ferme... et je dois rejoindre tous nv)s amis.

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