‹ Gerbe de fleurs offerte aux Religieuses adoratrices du Précieux Sang de St-Hyacinthe [microforme]Chapitre 3 sur 11 · MANTEAU BLANC · texte numérisé non relu

MANTEAU BLANC

Dans vos processions ne vous ai-je pas vues O Sœurs du Précieux Sang !

D'un blane éblouissant

Etait le long mantenu dont vous étiez vêtues.

A la Table d'amour vous veniez deux-à-deux, Pour vous nourrir du pain des anges Vous me paraissiez des phalanges

De fantômes sacrés où d'esprits bienheurcux.

Je vous vis cireuler, par étages, par salles De corridor en corridor :

Et mon «il vous admire encor, Dans ce long manteau blanc qui traine sur les dalles

Et ravi, chaque fois, par tant de dignité, J'ai dit: Ne sont-ce pas des reines, Des princesses, des souveraines,

Que je vois dans l'eclat de cette majesté ?

Oh ! sans doute, mes sœurs, vous êtes souveraines,,, Votre empire est surnaturel ; Mais il n'en est que plus réel !..

Oui, vous êtes vraiment des princesses, des reines,

Sur qui dominez-vous / Sur vous-mémes d'abord Car : ous avez mis dans les chaines Toutes les misères humaines

Qui sont notre apanage, hélas ! jusqu'à la mort,

Sur qui dominez-vous 4 Sur les vices du monde : Un goutire est entre vous et lui ; Et vous vous moquez aujourd'hui

De toux sex faux plaisirs, de son bonheur immonle,

2 L£ ol NUE qui cominez-.votis / Sur les roix de l'enfer : Les démons, pour enpter nos âmes,

Sortent par milliers de leurs flammes ;

Minis c'est en vain pour vous, qu'ils rugissent dans l'air

Sur qui donminez-vous ? Sur votre Divin Maitre Dont vous avez charme le cœur :

Foute grace et toute faveur

Vous obtenez de lui : vous n'avez qu'à paraitre,

Sur qui dominez vous ? Sur tous les malheureux, Tous les atfFigés de la terre, Tournant vers ce lieu salutaire

Leurs supplications, leurs attentes, leurs vœux.

Sur qui dominez-vous ? Sur ln Vierge Marie :

Bonne pour voux comime Jésus, Elle ignore tous les refus,

Quand vous l'avez priée et l'avez nattendrie,

Sur qui dominez-vous / Sur les anges du ciel : N'est-il pas vrai qu'en vos cantiques Se mélent des voix angéliques,

Pures comme l'encens, douces comme le miel ?

Sur qui dominez-vou: ? Sur le cœur de Dieu même Il vous sourit du haut des Cieux, Et montre sans cesse À vos yeux

Tout ce qu'il vous réserve en sa bonté suprème,

Sur qui dominez-vous ? Sur votre bonne part Des immolations chrétiennes :

Vos conquêtes quotidiennes

Sont des choix de vertus, et de sagesse ct d'art,

Non, non, ce ne sont pas les vains rebuts du monde Qui viennent s'enfermer ici :

On y voit briller, Dieu merci,

Des sujets glorieux où le mérite abonde.

Régnez-donc, nobles sœurs, sans conteste réwnez : Car vous êtes vraiment des reines.

Des princesses, des souveraines :

Vous qui de vos grandeurs nous laissez impréwnés,

Allez pieusement, par étages, par salles, De corridor en corridor :

Que notre «œil vous adinire encor Dans ce long manteau blanc qui traine sur les dalles

A la Table d'amour avancez deux-à-deux, Pour vous nourrir du pain des anges :

Qu'on vous prenne pour des pha'anges

De fantômes sacrés ou d'esprits bienheureux.

DETTE OUTSENCESES

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Voix du Précieux-Sang

Voix ravissantes, souveraines,

Belles voix du Précieux Sang, Etes-vous bien des voix huinaines, Vous dont le charme est si puissant !

Sont-ce des Sœurs, sont-ce des anges ?

Dans ce monastère enchanté,

Qui chantent si bien les louanges

Du Dieu Sau ‘eur ensanglanté ?

Où prenez-vous votre harmonie, Votre force et votre douceur,

Et cette tendresse infinie

Qui nous fait pleurer de bonheur ?

Ah ! c'est que votre âme lyrique Passe entière dans votre chant :

A votre ferveur angélique

Est dû votre ton si touchant.

Silence, voix de ln nature,

Voix des grillons, voix des oiseaux, Voix du feuillage qui murmure, Voix des zéphirs, voix des ruisseaux.

Silence ! Intiniment plus belles Sont les voix que j'entends ici :

Je n’en connais pas d’autres qu'elles Pour émouvoir mon cœur ainsi,

Vous rendez si bien les soufirances Dont votre coeur est déchiré, Quand vous réparez les offenses Que l'on fait au Maitre adoré !

Vous rendez si bien les ivresses Dont votre cœur est entlammé, Quand vous célébrez les tendresses De Jésus votre Bien-Aimé !

Vous savez, à lyres vibrantes,

Si bien sangloter et pleurer !

Vous savez, colombes tremblantes, Si bien gémir et soupirer !

Chantez, chantez pour le fou monde Qui ne sait pas chanter son Dieu, Chantez l’amour qui surubonde,

Le jour, la nuit, en ce saint licu.

Chantez pour la nature entière Qui ne connait pas son Auteur :

Chantez, chantez votre prière Au Dieu suprême et Créateur.

Chantez pour ceux qui vous adimirent Et qui veulent s'unir à vous :

Chantez les feux qui vous inspirent ; Chantez votre Divin Epoux.

Quand Dieu vous ouvrira ses portes Pour vous admettre dans @m Sion, Avec les célestes cohortes,

Vous chanterez à l'unisson.

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