L’AIGLE ET LE FAUCON
Sur la cime d’un arbre gigantesque, Ê £ Tel un coq pittoresque ss # Dominant le sommet d’un superbe clocher, Un Aigle Royal de forte envergure Est venu se percher ; :
Pour le faucon mauvais augure. | :
L'oiseau que Ganymède autrefois admira, 3 Sur la chûte qui gronde, Chôûte Niagara, Fe De son œil noir, Perçant, embrasse, scrute l'onde. Un vieux faucon Écheur, pressé par le besoin, Immobile, attentif, surveille dans son coin Le poisson qui sautille, e “Badinant sur les eaux, Poursuivant.la chenille, Le ver, les vermisseaux.
Plus rapide qu’un trait lancé par un sauvage, Le vieux faucon s’élance et saisit au Un jeune carpillon, surpris du procédé = S’élève dans les air : Tout heureux,
élance à sa poursuite.
Le faucon qui l'entend, accélère sa fuite :
Et voilà le combat engagé dans les airs, Sous les cils du soleil qui lance ses éclaire, Or, qui peut résister aux attaques de l'aigle Que vainquit, dit la Fable, un roitelet espiègle ?
Poursuivi, poursuivant
Volent en droite ligne,
Comme le vent ;
Spectacle insigne.
Cependant le faucon, sentant son ennemi . Le serrer de plus près, redouble de vitesse
: Des Josinges nombreux, Poursuivi de très près par l’aigle infatigable Dont le bec redoutable, Acéré comme un dard de chevalier, de preux, Lui laboure le dos, —A ce sanglant outrage, - Le faucon pousse un cri de douleur et de rage ; | Laisse tomber sa proie et s'enfuit vers la plage.
Plus prompt que l'éclair
L’aigle, tout joyeux,
Fond, se précipite ;
La saisit au vol,
A deux pieds du sol ;
Puis le parasite
La met en lambeaux,
Et gobe bien vite
Les derniersmorceaux.
Après avoir suivi cé combat pathétique, Pour l'aigle on dit bravo ! hélas ! pour le faucon ;
au pauvre poisson ?
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Hélas ! nul ne déplore Le malheur des petits des aibles indigonts