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A classification du catalogue des peintures, des sculptures et des dessins de Géricault, dont je présente aujourd’hui la première partie au public, m’a beaucoup embarrassé. Dans un travail de ce genre, lorsqu’on peut le suivre absolument, l’ordre chronologique est sans contredit le meilleur. Il est simple, naturel et fournit les indications les plus précieuses sur les évolutions du génie de l’artiste. Je n’ai pas hésité à l’adopter pour les œuvres dont on connaît la date précise. Mais il restait à disposer cette foule d’esquisses, d’études, de dessins sur lesquels nous ne possédons point de documents certains , et qui , vu la brièveté de la vie de Géricault et la rapidité (on pourrait dire l’instantanéité) de son développement, ne présentent pas de ces caractères tranchés qui permettent de les rapporter à une époque déterminée de sa vie. Après bien des hésitations, des tâtonnements, des essais, je me suis décidé à grouper ces ouvrages auprès de ceux de même nature dont la date nous est connue; cette méthode aura au moins l’avantage de mettre de la clarté dans mon travail et de faciliter les recherches. C’est ainsi que j’ai réuni une grande partie des études d’atelier, des académies proprement dites, ainsi que les chevaux isolés qui pour la plupart sont antérieurs aux deux cavaliers du Louvre ; puis, après ces deux ouvrages, les animaux divers, quoique je sache bien que quelques-
CATALOGUE
uns d’entre eux ont été faits d’après nature au Zoological Gardois de Londres; enfin, après les courses de chevaux montés que Géricault peignit en Angleterre, les sujets de chevaux qui ont le caractère de tableaux. Cette méthode n’est pas rigoureuse, je le sais : c’est un compromis ; elle a les défauts de tous les compromis, et si je l’ai adoptée, ce n’est pas que je la trouve parfaite, mais parce que je n’ai pas su en imaginer une meilleure. On trouvera d’ailleurs dans ce catalogue des erreurs et des lacunes, et, bien loin de les dissimuler, je les signale hautement pour qu’on me donne les moyens de corriger les unes, de combler les autres. En commençant cette partie de mon travail, je n’avais d’autre intention que de m’instruire moi-même et de me mettre en état, par une étude détaillée et approfondie, de juger le grand artiste et d’écrire sa vie, de sorte que dans bien des cas j’avais négligé de prendre des notes suffisantes sur des ouvrages qu’il ne m’a pas été possible de revoir, et qui, dans cette première édition, se trouvent imparfaitement ou incomplètement décrits. Je sollicite de toutes les personnes qui ont à cœur la gloire de notre illustre peintre, des renseignements qui me permettront de faire disparaître ces imperfections.
DK L’ŒUVRK DK GÉRICAULT.