II., 56 1/2. — L., 48 cciit
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90. Un haquet chargé de barriqiies arrêté a la porte d’une brasserie. Il est attelé de deux chevaux dont un pie. Un chien noir sur le devant du tableau.
Cet ouvrage avait été fait pour le docteur Biet, peude temps avant le Radeau de la Méduse. Il fut exposé en 1826, dans la galerie Lebrun, rue des Jeûneurs. — Chez M. Delessert (n" 47 du catalogue).
H., 58. — L., 72 cent.
91 . Le radeau de la Méduse. Le sujet du tableau est emprunté à ce passage de la relation de M. Corréard : « La frégate la Méduse accompagnée de trois autres bâtiments : la corvette l’ZJc/io, la flûte la Loire et le brick Y Argus, quitta la France le 17 juin 1816, portant à Saint-Louis (Sénégal) le gouverneur et les principaux employés de celte colonie. Il y avait à bord environ quatre cents hommes, marins ou passagers. Le 2 juillet, la frégate tombait sur le banc d’Arguin, et après cinq jours d’inutiles efforts pour remettre le navire à flot, un radeau fut construit, et cent quarante-neuf victimes y furent entassées, tandis que tout le reste se précipitait dans les canots. Bientôt les canots coupèrent les amarres et le radeau qu’ils devaient traînera la remorque resta seul au milieu de l’immensité des mers. Alors la faim, la soif, le désespoir, armèrent ces hommes les uns contre les autres. Enfin le douzième jour de ce supplice surhumain, Y Argus recueillit quinze mourants. » Vingt hommes restent encore sur le radeau, mais cinq d’entre eux sont morts ou sur le point d’expirer de misère et de faim. On peut, pour la commodité de l’étude et de la description, diviser cette libre et savante composition en trois groupes principaux. Le premier groupe à l’extrémité droite du radeau est formé de trois personnages : un matelot et un nègre montés sur des caisses et des tonneaux vides qui s’efforcent d’attirer par leurs signaux l’attention du navire YArguSj et un autre matelot qui saisit le nègre à bras-le-corps, soit pour le soutenir, soit pour se hisser auprès de lui. Ce premier groupe est complété ; à droite, par un matelot affaibli qui, appuyé d’une main sur le bord du radeau, tente de se relever, mais dont les mouvements sont entravés par un cadavre appuyé sur la partie inférieure de son corps; à gauche, par trois malheureux, parmi lesquels l’aspirant de marine Coudin, qui regardent vers le point où paraît le navire, ou se traînent vers ceux de leurs compagnons qui le hèlent. A gauche du premier groupe et sur le même plan, quatre personnages debout près du mât, dans l’ombre de la voile et d’une tente à demi détruite, au milieu desquels on distingue M. Corréard, qui, le bras étendu, montre le brick au chirurgien Savigny ; près d’eux est accroupi un malheureux qui semble privé de raison. Le troisième groupe forme le premier plan du tableau ; un père tient son fils mourant couché en travers sur ses genoux; il appuie la tète sur l'une de ses mains et tient l’autre sur le cœur de son enfant. A sa droite et à sa gauche sont deux cadavres, l’un replié sur lui-mème, la tète en avant, appuyé sur le bord (lu radeau, l’autre, dont on ne voit que le torse, le bras et la tète, étendu roide en travers; à la droite du tableau et également au premier plan, un troisième cadavre, le torse, la tête et les bras couverts d’un drap, la jambe droite engagée dans les charpentes. Le ciel, comme la mer, est lourd et plombé. Géricault, après avoir hésité entre la scène qu’il a représentée et celles où les matelots se révoltent contre leurs officiers et où les naufragés sont recueillis par le canot de Y Argus, et dont
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on possède plusieurs dessins, fit trois esquisses du sujet auquel il s’était arrêté; l'une a appartenu à M. Jamar, puis à la ducliesse de Montebello; elle est aujourd’hui la propriété de M. Moreau ; l’autre, dont la composition n’est pascomplétement identique à celle du tableau, appartient à M. Scliickler; la troisième est perdue. Géricault avait prié M. Montfort de faire de l’esquisse qui appartient à M. Moreau une copie qu’il désirait offrir comme un souvenir à M.Corréard; par un concours de circonstances, cette copie resta entre les mains de l’ami dévoué du grand peintre, (jui la possède encore. Ces deux esquisses n’ont, ni les unes ni les autres, le personnage à droite recouvert d’un drap, qui no fut ajouté dans le tableau qu’au dernier moment.
Le Radeau de la Méduse fut exécuté en huit ou neuf mois (de novembre ISIS à août 1819), dans un atelier de grande dimension que Géricault avait loué tout exprès dans le haut du faubourg du Roule. 11 le termina dans le foyer du Théâtre-Italien, aujourd’hui l’Opéra-Comique, où il ajouta le personnage, à droite, dont il a été parlé. — C’est M. Martigny, son ami, qui posa pour cette figure. Le vieillard, à gauche, a été fait d’après plusieurs modèles. La pose du fils, étendu sur ses genoux, fut donnée par M. Jamar. Le personnage, à droite, qui s’efforce de se lever, est M. d’Astier, officier d’état-major, ami de Géricault; celui qui est tombé, la tête en avant, et appuyé au bord du radeau, Eugène Delacroix. Le nègre est Joseph, modèle bien connu dans les ateliers. — La Méduse eut peu de succès. Géricault ne fut proposé que le onzième pour le prix qui fut remporté par un peintre, nommé Guillemot, auteur d’une Résuvreclion de Lazare. — L’exhibition du Radeau de la Méduse en Angleterre rapporta 17,000 francs à Géricault. Ce tableau fut adjugé pour le prix de 6,005 francs à M. Dedreux-Dorcy, à la vente de l’atelier de Géricault faite, le 2 novembre 1824, à l’hôtel de Bullion, rue J. -J. Rousseau, par le ministère de M. Parmentier, commissaire-priseur, et de M. Henri, commissaire-expert des musées royaux. Cette vente, comprenant les tableaux, esquisses, dessins, etc., que laissait le peintre, produisit 53,000 francs. •M. Dedreux-Dorcy céda le Radeau de la Méduse au Musée du Louvre pour le même prix qu’il l’avait payé.
A la demande de Géricault, M. Lehoux fit une réduction du tableau qui servit pour la gravure de Reynolds.
92. Le radeau de la Méduse. C’est la première esquisse que fit Géricault de son projet définitif. Elle diffère en plusieurs points de la composition du tableau du Louvre. Le nombre des personnages est moindre; les deux matelots qui font des signaux sont debout sur le plancher du radeau; la figure enveloppée d’un drap qui termine le tableau à droite manque, etc., etc. Cette belle esquisse a été lithographiée. Comme il a été dit plus haut, M. Montfort en fit, à la demande de Géricault qui voulait l’offrir en souvenir à M Corréard, une copie qu'il possède encore. — A M. Scliickler.
H., 36. — L., 44 cent.
93. Le radeau de la Méduse. Cette intéressante esquisse est, d’après les souvenirs ' de MM. Montfort et Jamar, la seconde que fit Géricault avant l’exécution du tableau du Louvre, et il avait eu, un moment, l’intention d’en faire un ouvrage très-terminé. La composition qui diffère très-peu de celle du tableau a d’abord été dessinée à la plume sur la toile, d’une manière très-arrètée ; puis, après avoir cou-
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vert tout l’entourage, Géricault a exécuté le groupe du père qui a le cadavre de son fils étendu sur ses genoux, au premier plan; Savigny; l’homme debout sur le tonneau ainsi que celui qui le soutient. Les autres figures restèrent dessinées à la plume et ombrées au bitume. La figure enveloppée d’un drap manque comme dans la précédente. Cette peinture fut vendue parM. Jamarà la duchesse de Montebello, et, à la vente de celle-ci, M. Moreau en fit l’acquisition.
H., 65. — L., 83 cent.
94. Le radeau de la Méduse. La composition telle qu’elle a été exécutée, moins la figure enveloppée d’un drap, au premier plan, à droite, a été tracée sur la toile, à la plume, avec une grande précision. Quelques tètes sont peintes et très-achevées. C’est cet ouvrage que Géricault abandonna pour ne pas refroidir sa verve, comme il le dit, avant de commencer son grand tableau. .le n’ai pu retrouver la trace de cet ouvrage.
H., 1 m. 30. — L., 1 m. 05 cent.
9o. Le radeau de la Méduse. Esquisse très-terminée et qui diffère considérablement du projet exécuté par Géricault. Elle représente la délivrance des naufragés. Le radeau n’occupe que la moitié du tableau. A l’avaiit, un groupe de six marins, debout ou agenouillés, les bras tendus ou les mains jointes, attendent avec anxiété un canot qui vient à leur secours; derrière eux, cinq 'autres personnages exténués se traînent avec effort; à l’arrière, un nègre prie à côté d’un soldat impassible et d’un cadavre mutilé. Debout, adossé au mât, Corréard parle à un autre naufragé, probablement le chirurgien Savigny. On aperçoit à l’horizon le brick Y Argus. — Ce tableau appartient à M'*' Clouard, à Mortain.
H., 43. — L., 54 cent.
96. Le radeau de la Méduse. Les matelots .se révoltent contre les officiers. — A. M. Henri Chenavard. Cette esquisse a été gravée à la sanguine par Louis Schaal. Je ne l’ai jamais vue.
97. Tète d’étude (d’après le modèle Cadamour) pour le père qui tient le cadavre de son fils. Elle est éclairée de côté, très-empâtée dans le clair et d’une grande énergie. — Vente Lherbette. — A M. Gigoux.
H., 46. — L., 37 cent.
98. Étude de nègre. Il est vu de dos et dans la pose du nègre qui dans le tableau est monté sur une barrique et agite un linge pour se faire remarquer du bâtiment que l’on voit à l'horizon. Le bras gauche élevé et la main du même côté, ainsi que la tête, sont seulement dessinés aux crayons blanc et noir. Cette peinture n’a d’autre fond que l’impression primitive de la toile. — A M. Lehoux.
H., 55. — L., 45 cent.
99. Les suppliciés. Les deux tètes, de grandeur naturelle, sur la même toile, connues sous ce nom, ont été peintes comme études, pour le Radeau de la Méduse, dans l’atelier de la rue des Martyrs. L’une d’homme, renversée, la bouche ouverte, et tournée adroite, est celle d’un voleur mort à Bicôtre, que Géricault garda, dit-on, quinze jours sur son toit; l’autre est le portrait d’une petite bossue qui posait dans
les ateliers. Géricaull a mis la tôte d’Iiomme dans la Méduse, en la retournant. C’est celle du dernier personnage à gauche.
Cette toile, achetée par M. Colin à la vente de Géricault, appartient maintenant à M. Eugène Giraud. M. Binder possède une belle copie de la tète d’homme, qui passe à tort pour un original.
H., 50. — L., 07 cent.
100. Étude d’après la nature morte pour la Méduse. Une partie du bras avec la main vue du côté de la paume. Celte étude, peinte sur toile, a été collée sur un panneau de chêne. — A M. Lehoux.
H., 19. — L., 33 cent.
101. Étude d’après la nature morte pour la Méduse. Deux jambes vues par les pieds, un bras avec la clavicule; un linge blanc maculé de sang est placé sur le hautdu bras et recouvre une partie de l’épaule. Ce morceau est, à l’égard de l’exécution, l’un des plus beaux qu’ait faits Géricault. — AM. Claye.
102. Étude d’après la nature morte pour la Méduse. Cette belle étude est, à peu de chose près, la répétition de la précédente, mais elle a été peinte à la lumière de la lampe. — A M. Lehoux. — M. Champmartin, qui travaillait alors avec Géricault, fit aussi une élude d’après ce même groupe. Elle appartient également à M. Lehoux.
H., 45. — L., 37 cent 1/2.
103. Portrait de M. Lebrun. M. Lebrun venait d’avoir la jaunisse. Géricault lui demanda de poser pour une étude qui devait lui servir pour son Radeau de la Méduse. Cette peinture fut exécutée à Sèvres, en 1818 ou 1819, dans la même chambre que la Diligenbe de Sèvres.
H., 40. — L., 38 cent.
104. Portrait de la mère Doucet. Vieille, coiffée d’un mouchoir. C’était la portière de la maison du faubourg Saint-Honoré, n” 80 (aujourd’hui 232) où Géricault avait l’atelier dans lequel il a exécuté le Radeau de la Méduse.
H., 40. — L., 38 cent.
103. La diligence de Sèvres. Une diligence vue en travers, attelée de cinq chevaux, tourne rapidement sur une route en pente.
Cette superbe pochade fut peinte en 1818 ou 1819, à Sèvres, en quelques heures, sur un panneau de la boiserie de la chambre d’auberge occupée par M. Lebrun, ami de Géricault. Elle a appartenu à M. Oltoz, marchand de couleurs, puis à M.Collot. — Achetée par M. Schroth, le 29 mai 1852, à la venteCoIlot, 1,190 fr.