ACTE I , SCÉNB I. S
Donnant en bienfaiteur ce qu^ refuse un maître ^ Sans l'appareil qui suit ou la crainte ou Forgueil^ A tous les opprimés faire un égal accueil ; Opposer piux abus sa rigueur généreuse ^ Et surtout alléger la loi trop onéreuse , La loi que sans pitié nous appesantissons Sur r£gypte ^ affamée au milieu des moissons ; L^impétuevix Pison ^ resté seul en Syrie , Bien plus que la prudence écoutant sa furie y Changeait i'ordre établi ^ sans but , sans autre effet Quç 4'effacer partout ce qu'un autre avait fait ; pans ^on orgueil jaloux f croyant porter sa plaça Au-dessus du pouvoir qu'af&ontait son audace. Le prince à sou retour^ de ses yeux indignés y Clierclie en vain ses amis par l'exil éloignés ; Il entend la cité qu'il avait protégée , Réclamer de ses lois la justice abrogée.
Dans soi^ juste courroux , devant son tribunal . v Il cite un lieutenant qui s'est cru son égal. Pison , toujours superbe , hésite , délibère S'il doit céder au âls d'Auguste et de Tibère ; Quand^ frappé tout à coup par un mal inconnu y Sur les bord^ de la tombe à trente ans parvenu , Germanicus pâlit. Son épouse alarmée Jette un cri que répète et le peuple et l'armée. Tout s'émeut ; qn s'en^presse aux pieds des Immortels ; Les plus précieux dons surchargent leurs autels^ De vœux et de sanglots leurs temples retentissent \ Vingt nations y $ut qui leurs coups s'appesantissent y Confondent leur douleur..... Le Sarmate inhumaia S'étoan^ de pri«r pour les jours d'uja Romain ;
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Et 9 du Tibre à Tlndus, on ne voit sur la terre Qu'une Emilie en pleurs qui tremble pour un père«> A ce deuil qui s'accrott en raison du danger^ A ce conunun effiroi Pison reste étranger.
S'il implore des dieux les fareurs protectrices j C'est aux dieux des enfers qu'il fait s^^ sacrifices. Feindre même en public n'est pas en son pouvoir ; Quand on tremble^ il sourit; et son farouche espoir^ Suivant que le mal presse ou suspend son ravage , Prend l'accent de la joie ou celui de la rage. Aux vœux du peuple enfin le héros est rendu.
L'encens fume ; à grands flots le sang est répandu* Pison l'apprend : parmi les prêtres qu'il disperse ^ Il court au temple y il court aux autels qu'il renverse j Outrageant y sans respect ni des droits ni des lieux ^ Et le peuple et le prince , et César et les dieux \ Puis y à travers l'horreur dont la foule est saisie ^ Insolemment tranquille^ il gagne Séleucie.
Trois jours se sont passés depuis l'affreux moment Qui signale à jamais ce triste événement ; Et nul indice encor ne nous a fait comprendre Quel parti désormais Germanicus veut prendre. Pison semble assuré de son impunité.
S'il ne s'abuse pas y de quelle autorité D'Auguste en ces climats la race est-elle armée ? C'est ce qu'on se demande à la ville y à l'armée. De quelques guerriers même y en secret convaincus Qu'un autre que Pison poursuit Germanicus y Déjà la discipline a reçu quelqu'atteinte.
Fidèles à César y s'il faut parler sans feinte y En servant bien son fils ils croin^ient l.e trahir y
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