Riflessioni ..….(1bid., p
2. Ortes voit là une première explication (infra, 2, p. 223, note 1) d'une population proportionnellement moindre dans les grandes que dans les petites nations. Dans les grandes nations, les riches étant plus nombreux, les conséquences d’une fiscalité trop lourde et mal comprise doivent d’évidence se faire plus gravement sentir. — Cf. également chap. I, sect. I, $ It, 3, Supra, D. 145 ce que dit Ortes sur les impositions des riches.
3. Notons que cette idée du développement de la population grâce à la liberté assurée n’est pas exclusive à Ortes : on la retrouve encore
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Par liberté nationale et commune, notre auteur entend cette liberté qui assure à chacun la sécurité de sa possession !, lui permet de s'occuper à sa guise, de gagner plus que n’exigent ses besoins personnels, permettant avec ce surcroît soit de fonder une famille, soit d’aider les malheureux, c’est-à-dire d'accroître ou de conserver la population ?. Il est incontestable que l’inviolabilité assurée de la propriété individuelle ne soit un stimulant précieux à l'accroissement de la population. Or, cette sauvegarde des biens acquis se trouvant assurée par la liberté nationale, celle-ci sera donc une des causes efficientes du développement de la race #. Elle serait même, d’après Ortes 4, un critère certain pour s'assurer si l'occupation de tel ou tel est utile à la patrie, capable d’entraîner une augmentation de production et partant de population 5, distinction qui aurait, à ses yeux, une importance
chez un de ses contemporains, Zanon. Cf. Lettere sull’agricoltura, le arti e il commercio (Dell’incoraggimente dell'agricolt.), lett. II {Cus- TODI, p. mm, tom. XXNVIII, p: 305).
PAGE la felicità nazionale dipenda... dalla comun libertà, vale a dire dalla sicurezza di possederle [les richesses] senza timore d’esserne spogliati da altri, … » Lett. à Marco Lastri (LAMPERTICO, op. cit., Append. II, p. 310). — Cf. encore chap. I, sect. I, $ 1, À, x, SUPVYA, D. 125.
2. Riflessioni.…., chap. XIV (Cusropi, p. m., tom. XXIV, p. 88, 89, 90). ;
Ce Riflessioni.., chap. XX (CusroDr, tom. XLIX, suppl, p.183).
4. «Se poi si domandi un contrassegno per cui riconoscere quando uno s’occupi par la patria e per se stesso e quando pel solo sovrano e pei soli ricchi, sarà facile rispondere essere il primo quando chi s’occupa contratta liberamente per la sua occupazione con altri... » (Riflessioni…., chap. XIV) (Cusropt, p. m., tom. XXIV, p. 93).
5. Il ne faut pas perdre de vue que cette antériorité nécessaire des
biens, — que Ortes a signalée dans son Economia nazionale (cf., par exemple, liv. I, chap. XX) (Cusropi, p. m., tom. XI CpUTTe et suiv.), — se trouve dans son système doublée d'une contre-partie.
La population, tout d’abord déterminée par les biens, déterminera à son tour les occupations économiques et les biens qui en seront la conséquence (cf. chap. I, sect. II, supra, p. 148 et aux notes). Michele Ciani, dans un mémoire présenté au roi sur la condition économique
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capitale. Considérées, en effet, au point de vue national, richesse et puissance — celle-ci dépendant de celle-là — constitueraient la force conservatrice de la nation; envisagées au contraire au point de vue particulier, — favorables aux souverains et aux grands, — elles deviendraient destructrices de la nation !.
Ortes a spécialement examiné cette influence heureuse de la liberté nationale dans une de ses lettres à Michele Ciani ?
où il parle de la Maremme de Sienne. Selon les principes par
de la Toscane, partage le sentiment de Ortes (lett. LII, de Dolo, 14 juillet 1786) (Cusropi, p. m., tom. XXIV, p. 462).
1. Riflessioni…, chap. XXII (Cusront, tom. XLIX, p. r80 et Foù,
2. Tre lettere a Michele Ciani, lett. I, 11 octobre 1777 (Cusropi, -p. m., tom. XXIIT, p.315 à 337).
3. La Maremme siennoise occupe la province inférieure de l’État de Sienne et comprend environ les deux cinquièmes de la Toscane. Au temps des Étrusques et de la République romaine surtout, elle formait une contrée riche et peuplée. À la chute de l’Empire, les
Sarrasins, les Goths, les Hongrois, les Grecs et les Lombards la rui--
nèrent tour à tour. Après avoir recouvré un peu de sa prospérité première au Moyen-Age, elle connut à nouveau les horreurs de la dévastation. Le marquis de Melegnano, lieutenant de Charles-Quint, en 1554, dévasta le Siennois. Cinquante mille paysans trouvèrent la mort dans ces carnages et, pendant deux siècles, la Maremme fut insalubre et inhabitable. Côme Ier s’efforça de remédier au mal et sous son règne la province vit sa population tripler. Les Medici, ses successeurs, tentèrent bien, pendant quelque temps, de suivre la même politique: mais ils ne surent pas éviter les abus, les essais demeurèrent infructueux,.et bientôt on ne s’en occupa lus. L'inertie du gouvernement, surtout sous les prédécesseurs de François et du cardinal Ferdinand, entraîna la destruction progressive des digues, l’encombrement des canaux d'écoulement. L’air devint pestilentiel. L’archidiacre Bandini — auquel Ortes rend du reste hommage dans
sa lettre à Ciani (Cusronr; ibid., p.330) — la visita et, dans un discours
écrit en 1737, mais publié Seules en 77 Es démontre quelle source de richesses constituait pour la Toscane la mise en exploitation de cette contrée désolée. Il eut l'esprit, ceten quoi il se rapproche de Ortes, de préconiser, à côté des projets destinés à faciliter l'écoulement des eaux, une politique plus large, plus bienveillante en faveur des habitants, l'abolition de ces obstacles moraux qui nuisaient à l’afflux de la population, la suppression d'innombrables mesures fiscales. Ces
lui posés, la population serait la résultante normale d’une quadruple antériorité déterminante : la liberté dominant les recherches communes: celles-ci, les occupations : celles-ci, les biens qui doivent précéder la population. De telle sorte que le problème de l'augmentation de la population dans un État se trouverait en définitive déplacé et réduit à celui de l’ac- : croissement de la liberté commune 1 Et ce principe, il le résume clairement dans une formule concise : «.…. Je crois que l’on peut conclure que l'accroissement de la population, dans quelques nations que ce soit, doit être tout entier attendu non pas d'aucune sollicitude particulière, mais de la seule constitution et de la liberté commune à cette nation même... 2»