ACTE IU
Le bonheur est pour moi. Madame, et je n’ai cessé de le demander au ciel depuis le jour où, vous ramenant dans les bras de votre oncle, je fus séparé de vous par cette maudite
foule qui se pressait sur le passage du roi.
AURORE. ' ÿ
Monsieur Gil-Blas a bonne mémoire.
• Il est des choses qu’on n’oublie pas. Madame.
AURORE
Voilà des sentiments quej’.ii grande envie de mettre à l’épreuve, Monsieur, et si je ne craignais...
Disposez de moi, Madame ; je serai trop heureux de vous servir.
aurore.
Je n’hésite donc plus à vous faire l’aveu d’un secret que j’ai renfermé jusqu’ici dans mon pœur.
• GIL-BLAS, à pari.
Que dit-elle?... Dois-je croire...
AURORE
Mon bonheur est en{re vos mains, monsieur Gil-Blas, et c’est à vous que je veux le devoir.
GIL-BLAS, i part.
Plus de doute! elle m’aime!
AURORE
11 est malheureusement un obstacle à l’accomplissement de mes vœux, et cet obstacle est la maladie de mon oncle! Il s’agit donc de le guérir au plus vite... et c’est là le service que j’attends de vous.
Hélas! Madame, la médecine...
AURORE
La médecine n’a rien à voir ici, monsieur Gil-Blas, et vous savez, aussi bien que moi qu’il n’est pas malade.
Il n’est pas malade !
AURORE
A moins pourtant qu’il ne le soit devenu entre les mains de vos confrères.
Diable ! vous avez raison 1 il n’y a pas de temps à perdre !
(il *e met à une table et écrit à la hâte.)
AURORE
Que faites-vous? ■ ' '
J’écris l’ordonnance.