GIL-BLAS, CLÉOPHAS
GIL-BLAS, sur le seuil.
Val et puisses-tu ne boire tout le reste de tes jours que de l’eau chaude pour venger tous les malheureux que tu as échaudés. (Revenant à Ciéophas et mettant un genou en terre.) Reprenez ce bâton. Monsieur, et en assommez l’infortuné Gil-Blas ! car c'est lui qui, pour complaire à la plus ingrate des femmes, a guéri miraculeusement voire oncle, en substituant le malaga à l’eau chaude! 4 — 11 ne se pardonnera jamais cette maladresse, et tous les coups de bâton du monde ne la payeront pas comme elle le mérite.
CLÉOPHAS, riant.
Comment!., c’est pour plaire à ma cousinel.. Relève-toi, Gil-Blas, je suis assez vengé!.. Ou je me trompe fort, ou malgré ta déconvenue tu es un garçon d’esprit; je veux faire ton éducation. — Dis un mot, et je nie charge v de toi!
<j1I.-HI.AS, te relcrsut.
Vous me prendriez à voire service?
CLÉOPHAS
Oui, si tu n’as pas peur que ta gaucherie te joue, auprès des soubrettes,' le même tour qu’auprès des sefioras.
Ah! pour cela, soyez tranquille, Monsieur; c’est ce maudit habit qui m’a ensorcelé... Je retrouverai sous le pourpoint d’un honnête homme mes grâces naturelles , et quand je ne les retrouverais pas, je suis à trop bonne école pour ne pas être bientôt la perle des antichambres.
DUETT0.
ENSEMBLE
CLÉOPHAS
Valet d’un petit-maître,
Apprends à connaître.
Du pays des amours.
Les charmants détours!
Oublie h Cythère Le langage austère Et le métier malsain D’un médecin!
gil-blas. •
Valet d'un petit-maître.
Je saurai connaître.
Du pays des amours.
Les charmants détours !
J’oublie à Cythère *
Le langage austère Et le métier malsain D’un médecin!
Courir les ruelles,
Savoir les nouvelles, •
Toucher les cruelles, ,
Vaincre les rebelles.
Et jurer aux belles Des amours fidèles;
Puis, à tire d’ailes.
S’envoler loin d’elles,
N est-ce pas, vrai Dieu!
Le secret du jeu ?
ENSEMBLE
’ . CLEOPHAS.
Valet d’un petit-maltre.
Apprends à connaître.
Du pays des amours.
Les charmants détours !
Oublie à Cylhcre Le langage austère