‹ GilBlas operacomique en cinq actesChapitre 43 sur 92 · LAURE, LÉONARDE · texte numérisé non relu

LAURE, LÉONARDE

LAURE

Nous voilà seules!.. Écoutez-moi, dame Léonarde : vous m’avez raconté toute votre histoire et je vous ai promis, de mon côté, de garder fidèlement le secret de vos aventures; aussi ma maîtresse ignore-t-elle encore, à l’heure qu'il est, que vous avez vécu un an entier dans la caverne du famenx Rolando, que vous avez failli vous faire prendre avec lui et toute sa bande, et que sans moi vous gémiriez sans doute au fond de quelque noir cachot, en compagnie de vos anciens amis.

LÉONARDE

Hélas ! mon ange, vous me rappelez là de tristes souvenirs !

' LABRE

Vos malheurs m’ont touchée, et j’ai voulu vous servir en vous plaçant près de la belle Klorimonde, la comédienne à la mode, la perle du théâtre de Grenade... à ce que disent ses adorateurs, qui sont nombreux, comme vous savez!

LÉONARDE

Je sais.

LAURE, allant à la fenêtre.

„ Il est temps, dame Léonarde, de me prouver votre reconnaissance.

LÉONARDE

Comment cela?

LAURE

Voyez-vous ce jeune cavalier qui se promène sous notre fenêtre? v

m ... , LÉONARDE.

Je le vois... Son chapeau me cache ses traits... mais je devine qu’il est charmant.

LAURE

Vous ne vous trompez pas.

LÉONARDE

Charmant tout à fait !...

LAURE

Tout à fait.

LÉONARDE

C’est quelque prince, assurément.

LAURE

Ne serait-ce pas plutôt ce seigneur étranger nouvellement débarqué à Grenade, dont le petit marquis de Moncade parlait hier à ma maltresse ?.. , . .

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