LAURE, LÉONARDE
LAURE
Nous voilà seules!.. Écoutez-moi, dame Léonarde : vous m’avez raconté toute votre histoire et je vous ai promis, de mon côté, de garder fidèlement le secret de vos aventures; aussi ma maîtresse ignore-t-elle encore, à l’heure qu'il est, que vous avez vécu un an entier dans la caverne du famenx Rolando, que vous avez failli vous faire prendre avec lui et toute sa bande, et que sans moi vous gémiriez sans doute au fond de quelque noir cachot, en compagnie de vos anciens amis.
LÉONARDE
Hélas ! mon ange, vous me rappelez là de tristes souvenirs !
' LABRE
Vos malheurs m’ont touchée, et j’ai voulu vous servir en vous plaçant près de la belle Klorimonde, la comédienne à la mode, la perle du théâtre de Grenade... à ce que disent ses adorateurs, qui sont nombreux, comme vous savez!
LÉONARDE
Je sais.
LAURE, allant à la fenêtre.
„ Il est temps, dame Léonarde, de me prouver votre reconnaissance.
LÉONARDE
Comment cela?
LAURE
Voyez-vous ce jeune cavalier qui se promène sous notre fenêtre? v
m ... , LÉONARDE.
Je le vois... Son chapeau me cache ses traits... mais je devine qu’il est charmant.
LAURE
Vous ne vous trompez pas.
LÉONARDE
Charmant tout à fait !...
LAURE
Tout à fait.
LÉONARDE
C’est quelque prince, assurément.
LAURE
Ne serait-ce pas plutôt ce seigneur étranger nouvellement débarqué à Grenade, dont le petit marquis de Moncade parlait hier à ma maltresse ?.. , . .