SCENE XI Les Mêmes, ROGER
RENÉ, allant au-devant de lui.
Soyez le bienvenu, cher comte; vous arrivez deNaples?
ROGER
Directement, Monseigneur... Et je suis chargé de vous remettre ce message.
RENÉ
Voyons! (Tout en lisant.) Ah! ah! il paraît que les choses ne marchent pas merveilleusement... Mon armée est insuffisante et on réclame des renforts?... C'est bien, dès ce soir j'enverrai des soldats et tous les gentilshommes qui voudront se joindre à mes partisans... Quant à vous, comte, vous avez bien gagné quelque repos, et d'ailleurs je vais vous faire une surprise qui vous sera agréable.
ROGER
Une surprise?
RENÉ
Oui... Je vous marie!...
ROGER, stupéfait
Hein?...
LANDRY, aux autres officiers.
Ce pauvre Roger!...
RENÉ, à Roger.
Réjouissez-vous... la femme que je vous ai choisie est Ccîlle que vous aimez : c'est Gillette de Narbonne.
ROGER
RENÉ
Cette jeune fille m'a sauvé la vie, et en vonula donnant pour femme, je lui accorde la récompense qu'elle-même m'a demandée!
ROGER, avec indignation.
Elle... elle aurait osé?...
RENÉ, surpris.
Ne lui avez-vous pas dit que vous l'aimiez?
ROGER, légèrement.
Ehîpardieu! on dit ces choses-là à bien des femmes, et ce n'est pas une raison pour les épouser. D'ailleurs, je me suis juré de ne jamais me marier. Par conséquent, cher sire, trouvez bon que je refuse d'épouser Gillette.
RENÉ, grave.
Vous oubliez, comte, que ma parole royale est engagée...
ROGER
Quoi!... Sérieusement, vous exigeriez de moi...
RENÉ, avec autorité.
J'exige que vous ne me fassiez pas mentir à mes serments, et, puisqu'il le faut, je vous ordonne d'épouser Gillette.
ROGER
Monseigneur!
RENÉ
Je vous l'ordonne!
ROGER, <Tune voix sourde et concentre©.
Je dois ii^tmÈÊÊà^i' 'levant Votre Majesté!