GRIFFA H 1)1 N
Il faut prendre <\c* précautions... le jeune prince, mon élève, est si curieux... Je ne veux pas qu'il découvre notre secret.
ROSIT A, haussant les épaules.
Vous avez peur de tout! Et dire qu'à vous seul vous venez de faire fuir tout un bataillon de jolies filles...
Ces pauvres Napolitaines... Elles ont donc une bien grande frayeur des Français...
ROSITA
Une fra}reur horrible, et cela se conçoit... vous êtes les ennemis... Vous voulez rétablir le roi René sur le trône de Naples... Les Napolitains ne veulent pas et ils tiennent bon...
^^..GRIFFARDIN.
Que le ciel les confonde!... Depuis un mois que nous sommes arrivés ici avec des renfort^, nous n'avons pas fait un pas en avant... et cependant nous avons de bons officiers...
ROSITA, étourdiment.
Le comte Roger de Lignolle, par exemple... un hardi soldat...
^^^^.GRIFFARDIN.
Et le plus mauvais sujet de toute l'armée... Aussi j'ai une peur bleue qu'il ne vienne rôder de ce côté et ne vous aperçoive...
ROSITA, à part.
S'il savait... (Haut.) Oh!... il n'est guère probable qu'il s'égare jamais dans une modeste auberge, située à plus d'un quart de lieue du camp français... D'ailleurs, ne suisje pas ici sous la garde de ma tante?...
Je ne compte guère sur elle... Elle est toujours absente...
Qu'importe!... Est-ce que je n'ai pas bec et ongles pour me défendre?...
GRIFFARDIN.
Sans doute..,
ROSITA
Et ma vertu, la comptez-vous pour rien ?
Si, si... c'est quelque chose... néanmoins je vous engage à montrer de la prudence... jusqu'à la majorité du prince. (Rapprochant d'elle.) N'est-ce pas, mon cœur?..n'est-ce pas, mon bijou?
Il veut lui prendre la taille.
ROSITA, se dégageant.
Eh bien... eh bien... que faites-vous donc?
— GRIFFARDIN.
Il me semble que ton petit mari a bien le droit...
ROSITA, lui tapant sur les mains.
Non, monsieur!... après la majorité du prince !...
Elle rentre vivement dans l'auberge.
^i i GRIFFARDIN.
Rosita... ma Rosita!... (Avec feu.) Elle est délirante!... )La suivant.) Voyons, voyons, Rosita...
Il disparaît à sa suite dans l'auberge au moment où on voit le comte Roger paraître au fond .
ROGER, au fond.
Voilà bien la maison... (Faisant des gestes au dehors.) Par
ici... par ici!... Voici l'oasis... nous allons bivouaquer dans cette hôtellerie.
-Il entre en scène suivi du prince Olivier, de plusieurs officiers et d'une escouade de soldats.