ACTE DEUXIEME R
GRIFFARDIN
Alors vous venez déjeuner tous les deux dans cette hôtellerie?... c'est très bien... quoiqu'on y mange très mal..
ROGER
Ah bah!... peu nous importe I... Ce qui nous attire ici, c'est surtout la nièce de l'hôtelière...
. r.RiïïFAnniv.
Ah!... ah!...
OLIVIER, à Griffardin.
Comment la trouvez-vous?
^ — r.PTt?T?iRnr\-
Qui?... cette petite qui était là?... Peuh!... Une figure commune .. une taille mal laite... Elle ne me plairait pas du tout...
ROGER
Vous êtes difficile, maître Griffardin... moi, je la trouve charmante...
OLIVIER
Et moi délicieuse!...
flBTFFAnriTN. à nflrt.
Voilà ce que je craignais...
ROGER
Malheureusement elle a des principes..
OLIVIER
C'est une vertu 1
.GRIFFARDIN.
Vraiment!... (a part.) Je suis bien aise d'entendre cela.,.
ROGER
Figurez-vous qu'elle veut rester fidèle à son mari...
^^.GRIFFARDIN, à part.
Chère Rosita ! (Haut.) Ah ! elle vous a dit qu'elle avait un mari...
OLIVIER
Oui, un mari... vieux, laid...
^^^GRIFFARDIN.
Oh!
ROGER
Sot, jaloux et désagréable...
^^GRIFFARDIN.
Oh !... oh !... Ètes-vous bien sûrs?
OLIVIER
C'est elle-même qui nous a fait son portrait...
^^^GRIFFARDIN.
Elle-même... (a part.) la coquinas!
OLIVIER
Vous comprenez bien, Griffardin, que lorsqu'on possède un mari de cet acabit-là. il n'y a qu'une chose à taire, c'est de le tromper...
Et il le sera trompé !... c'est écrit 1
^^^-GRIFFARDIN, effaré.
C'est écrit?
ROGER
J'espère bien, mordious, triompher de la belle...
GRIFFARDIN.
Vous ?
OLIVIER
Lui ou un autre... cela dépendra du choix que fera Rosita.
ACTK DEUXIÈME 65
ROGER, à Olivier.
Pardon, mon cher Olivier... mais décidément vous voulez donc m'enlever ma conquête ?
OLIVIER
Je puis du moins essayer... Et qui sait?... En suivant vos excellentes leçons...
GRIFFARDIN, à part.
Ils sont cyniques !
OLIVIER
A moins que cependant cela ne vous contrarie par trop...
ROCxER.
Moi !... du tout, du tout... au contraire cela m'amuse... ce sera un stimulant... et pardieu ! c'est une partie qu'il faut intéresser... Je parie cinq cents ducats pour celui qui l'emportera...
OLIVIER
Accepté, je les tiens 1
GRIFFARDIN, à part.
Et dire qu'il s'agit de ma femme, c'est révoltant!
ROftER, tirant sa bourse.
Une idée... Nous allons confier les enjeux à maître Griffardin qui les remettra au vainqueur...
OLIVIER, tirant sa bourse.
Volontiers...
Ils remettent chacun à Griffardin une bourse que celui-ci tout ahuri, reçoit machinalement.
at^.,GRIFFARDIN.
A moi!... (a part.) Eh bien! il ne manquait plus que cela... (Haut») Comment! il faudra que je récompense celui qui...
OLIVIER
Oui... oui... Vous serez notre juge.
ROGER
Et nous vous tiendrons au courant, bien entendu...
^GRIFFARDIN, anéanti. . VOUS me ferez piaiSll'. . . (Mettant les deux bourses dans sa pocha
;.ai- un mouvement de rage.) On n'a jamais vu chose pareille.
HOSITA, paraissant sur le seuil de l'auberge avec ses deux servantes auxquelles elle s'adresse.
Vous mettrez le couvert ici, vous entendez?
ROGER
Voici l'heure du déjeuner... (au prince.) Allons avertir nos officiers...
olivier.
Volontiers...
Ils sortent par la gauche après avoir envoyé des baisers à Rosita.
^aTUFFARniN, les suivant.
Je ne les quitte plus!... (a Rosita.) Oh! madame!... madame!... (En s'en allant.) 0 temporal o mores !
II sort.