‹ Gillette de Narbonne; opéra-comique en trois actes. Paroles de Henri Chivot et Alfred DuruChapitre 56 sur 100 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

GILLETTE, seule.

Le revoir!... Je vais le revoir!... Ah! j'ai *yien fleuré après cette injure qu'il m'a faite, à moi qui l'aime tant!... Mais pleurer ne mène à rien... j'ai essirvé me? larmes... (Avec résolution.) Non!... me suis-je dit, ce qu'il faut faire, c'est reconquérir ce mari qui me repousse, qui me fuit,

c'est m'en faire aimer malgré lui et sans qu'il s'en doute... Entreprise hardie, difficile... mais n'importe! je la tenterai et l'amour m'inspirera!... Alors, je suis partie sous prétexte de faire un pèlerinage et je suis venue trouver mon frère à son régiment... à quelques lieues d'ici... pour lui demander conseil... Ce bon petit frère, mon histoire l'a ému... Justement on venait de lui donner l'ordre de porter une dépêche au comte de Lignolle... Le hasard me favorisait et j'entrevis de suite le moyen de me rapprocher de mon mari... J'arrêtai mon frère qui allait partir et qui ne parlait de rien moins que de provoquer Roger, que de le forcer à se battre avec lui... Je le suppliai de n'en rien faire, de me prêter ses habits de soldat et de me confier sa dépêche... Il hésite d'abord, mais vaincu par mes sollicitations, il consent enfin. Je l'embrasse, je pars et me voilà!... (voix au dehors.) Du bruit... c'est le comte, sans

doute... Je tremble! (Tâchant de se donner de l'assurance.) Allons, Gillette, du courage!...

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