‹ Giosue Carducci et la FranceChapitre 30 sur 54 · X. — Da l'Alta Sona e dal rentoso · texte numérisé non relu

X. — Da l'Alta Sona e dal rentoso

[Gardo Chi vien cantando a i mal costrutti

[valli Sbarrati di tronchi alberi? E il ga-

[gliardo Vercingetorix co' suoi rossi Galli?

Xo : Dumouriez, la spia

imo guardo acceso lancia

Ecco — dice — o nuova Sparta.

Le felici Termopile di Francia \

XL — La marsigliese tra la canno-

[nata Sorvola, arcangel de la nova etate.

Le profonde foreste de le Argonne -.

fenêtre au moment où la tête livide avec tous ses longs cheveux venait branlant sur la pique et s'exhaussait à la hauteur des croisées. (/(?., t. IV, p. 182.)

r^s représailles s'éternisent de la sorte ; la peine du talion passe du code de la barbarie dans celui du progrès, qu'il déshonore, et les siècles ne font plus que se venger les uns des autres. En septembre, ou disait au prêtre qu'on égorgeait ; Souviens-toi de la Saint-Barthélémy ! (L. Blanc, ouv. cité, t. V, p. 197.)

C'est bien peu de voir Paris ! Que je voudrais qu'on pût voir les départements du Gard, de la Haute-Saône,...

debout tout entiers en huit jours et lançant chacun une armée pour aller D. l'ennemi !... Dans l'Est, les collines, tous les postes dominants, étaient devenus autant de camps grossièrement fortifiés d'arbres abattus à la manière de nos vieux camps du temps de César.

Vercingetorix se serait cru, à cette vue, en pleine Gaule... Ce Dumouriez qui avait traîné... dans une diplomatie qui touchait à l'espionnage, la Révolution l'adopte... Il eut... le tort d'écrire il Paris : « Que l'Argonne serait les Thermopyles de la France, qu'il... serait plus heureux que Léonidas. » (Michelet, i(J., t. IV, p. 88, 251. 236, 240.)

La marseillaise, archange aux chanis

[aériens.

(V. Hugo, Chûtimrnt'i.

Cette nuit-là...)

^ Ces derniers vers et le membre de phrase qui les précède immédiatement (Ed una fila di colline Additando) pourraient aussi bien être empruntés A Cnrlyle {Hist. de la Rcvoh franc.). On lit, au tome HI, p. 28, de la trad. fninç. de Régnault et Barot : « Voihl, dit [Dumouriez] en pointant la carte, voihl la forêt de l'Argonne : c'est une grande chaîne de montagnes. . . Cotte Argoniie doit être le Thermopyle de la France. »

- Ce sonnet doit surtout îl (Jarlyle : Su i colli de le Argonne alza il matlino T.e 20 septembre 1702 était nu.»

XI T. — Axarciate, o de la patria in-

[cliti fiirli....

Il giorno de la gloria osiri

Ricaccia gli emigrati a i vili osigli I-a famé il froddo e la dissenteria.

I"l da un gruppo d'oscuri esco Volfango Goethe dicendo : Al inoudo oggi da

|quo8t<) Luogo lucomincia la novella sloria '.

Allons enfants de la patrie Le jour de gloire est arrivé {Marseil-

\laisc).

Des raisins verts qui produisent la dysenterie, voilà ce que... laissa Thostilit^'' du paysan là l'enni'ini]... BienlOt les alliés eurent à compter avec la famine. (Blanc, t. VII, p. 232.)

Dans cette armée de rois..., il y avait entre autres un prince souverain..., le duc de Weimar. et avec lui

son ami..., le célèbre Gœthe Il ne

fallait pas un regard, une mesure d'attt'inion commune pour reconnaître au milieu de tous ces désordres accidentels l'ordre nouveau qui se formait. (/(/., t. IV. p. 242, et t. V, p. 20.)

(iherardo c Gaielta (1887) {Rime nuove, XGIX).

216. — Carducci place en tête cette indication : « Dalle Romanzc in francese antico pnbbl. da K. Bartscli. » Voir en effet Chreslomalhie de Vancicn français (viir-xv* siècles), par Karl Bartsch, 3" édit., Leipzig, 1875, p. 50, Romances.

C'est une traduction que donne Carducci. Mais, après chaque couplet et non pas seulement, comme chez Bartsch, après le premier et le dernier, il répète le refrain.

liiiimoso, accidïoso e lutolento.

matinée sombre et bruraetise...

Le meunier de Valmy s'est enfoui sous la terre; son moulin, qui n'eut jamais autant de vent, reste tranquille maintenant.

« Camarades, s'écrie Kellermann : vive la patri<»! » Xos rangs ti»Mineut La spada in Ira i cannoui, urla. scr- ferme comme des rocs... Les sans-cu-

|ral<> lottes no semblmt pas faire commt» De' sanculoiti l'epicbe colonne. des poulets! (Carlyle. t. IIL p. 74.)

* Notons que Carducci. dans une note (p. 7S8), cite la plirase elle-même de Gœthe dans la Campagne dr France.

Si a. si a, hianco niugnaio. Ogui il dcs-

I lino l*er l'avvenire macina l'evento...

— \'iva la patria — Kellennann. le-

I valu

Su iina chiesa gotioa, mars 1876 {Odi barbare).

217. — Les deux strophes dont la première commence ainsi : Addio semitico nume, contiennent une théorie de Garducci que nous enregistrons ailleurs (§ 218) et où nous voyons une influence possible de Michelet.

Aile fonti di Clitiimno, juillet-octobre 1876 {Odi barbare).

218. — ol) De cette pièce on se rappelle la partie où Garducci développe ce thème : « Le christianisme fut fatal à l'Italie et surtout à Rome. » On se rappelle notamment ces vers :

Roma Più non trionfa.

Piû non trionfa, poi clie un galileo Di rosse chiome il Campidoglio ascèse, Gittolle in braccio una sua croce, e disse — Portala, e sen'i —

Proudhon, dans des pages dont Garducci se montrait enthousiaste dès 1861 (cf. § 191), avait développé des idées analogues :

Qu'est devenue l'Egypte? La première, elle accueillit le christianisme :

qu'avez-vous fait de l'Egypte? Vous l'avez empoisonnée Qu'avez-vous fait

de l'Italie, de la Gaule, de l'Espagne? Qu'avez-vous fait do Home, noyau do

l'empire, berceau du droit? L'épuisement, la dépopulation do l'empiro datent

surtout de cette affreuse époque [l'époque où triompha le christianisme fi

Rome] L'Eglise ne fait rien pour le salut public Le christianisme a achevé

r^mpiro (p. 311-ol^^ du t. III De la justice dans la rcvol. et dans VErjlise, étude iutituloo Progrès et décadence, éd. de 1868).

g) Au moment ou il écrivit cette ode (1876), Garducci connaissait bien la Sorcière de Michelet, puisqu'il s'en inspirait drs 1863, dans VInno a Satana. Or certaines idées de l'ode allr fonli di Clilumno existent dans In Sorcière. Garducci. comme Michelet, montre que le christianisme chassa des villes le paganisme, mais ne parvint p;»^ ;'• l'<''toulTer. r-:)r dieux et déesses trouvèrenl lui

refuge dans les campagnes. Tous deux aeeiisent le christianisme d'avoir combattu l'esprit de famille, l'amour, d'une façon générale, la nature, en favorisant la vie monacale, en dénonçant l'influence du Démon dans toutes les manifestations de la vie. Qu'on le note bien : nous ne disons pas que Garducci ait imité, dans les détails de son ode. la Sorcière, et les rapprochements nue nous allons faire visent surtout à montrer dans les passages nfi elle est le plus évidente, la coniinn.'ianf/' de l'inspiration.

Fn;y:f?ir le uinfc a piaiiger»' ne' fiiinii Occulte e dentro i cortici matorni.

(h\ iiliilando dilotruaron coine Xuvole a i monli.

Est-il bien sûr que les anciens dieux tussent finis... qu'ils aient donn^ presque leur d^^mission?... La populace des dieux... los:é au cœur des chênes, tians les eaux fuyantes et profondes, ne pouvaient en être ex])uls^s (p. ^V.)).

Strapptlr \o turbe a i santi niai ri. a i

1 vccclii Padri aspettanti, a le fiorenli inoyli : ( )vinnjue il divo sol benedicca, Maledicenti.

Suspecte est la famille même

^'ierîres, soyez relijrieuses. Epouses délaissez vos époux; ou, si vous gardez la maison, restez pour eux de froides sœurs... Le christianisme entra au chemin solitaire où le monde allait de lui-même, le célibat... Il se précipita

sur cette pente par le monachisme

Vbiqtic daemou La lumière qu'on

croyait si pure est pleine des enfants de la nuit (p. 341-348).

Maledicenti a l'opre de la vila E de l'amore, ei deliraro atroci ('ongiugnimenti di dolor cou Dio Su rupi e in grotte :

Discesero ebri di dissolvimento A le cittadi, c in ridde paurose Al crocefisso supplicarono, eniiii.

D'esse re abietti.

Dieux de l'amour, de la vie. de la lumière, éteignez-vous I^es premiers chrétiens, dans l'ensemble et dans le détail, dans le passé, dans l'avenir, maudissent la nature ellemême. Jls la condamnent tout entier»', jusqu'il voir incarné le démon dans une fleur

Mais l'homme au désert fut-il seul?

Le démon lui tint compagnie avec toutes les tentations. Il eut beau

faire On sait ces noires villes de

moines qui se formèrent en Thébaïdf.

On sait quel esprit turbulent, sauvage, les anima, leurs descentes meurtrières dnns Al.'xnndrio (p. 338-343).

— ex XV

Fantasia, avril 1875 {Odi barbare).

Tu parli ; e, do la voce a la molle aura Lenta cedendo, si abbandona l'anima Del tuo parlar su l'onde carezzevoli.

p] a strane plaghe naviga.

Naviga in un tepor di sole occiduo Ridente a le cerulee solitudini :

ïra cielo e mar candidi augelli volano. Isole verdi passano, E i templi su le cime ardui lampeg-

[giano Di candor pario ne Toccaso roseo, Ed i cipressi de la riva fremono, E i mirti densi odorano.

Erra lungi l'odor su le salse aure E si mesce al cantar lento de' nauti.

^Nlentre una nave in vista al porto

[ammaina Le rosse vêle placida.

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne, | Je respire l'odeur de ton sein chaleureux, | • Je vois se dérouler des rivages heureux | Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ; | Une île paresseuse où la nature donne | Des arbres singuliei-s

et des fruits savoureux j Guidé par

ton odeur vers de charmants climats, | Je vois un port rempli de voiles et de mâts I Encor tout fatigués par la vague marine, \ Pendant que le parfum des verts tamariniers. | Qui circule dans l'air et m'enfle la narine, | Se môle dans mou âme nu chant des mariniers.

Veggo fanciulle scender da l'acropoli In ordin lungo ; ed han bei pepli can-

[didi.

Serti hanno al capo. in man rami di

[lauro, Tendon le braccia e cantano.

Piantata l'asta in su l'arena patria.

A terra salta un nom ne l'armi splen-

[dido :

K forse Alceo da le battaglie reduco A le vergini lesbie?

Je vois I Des hommes dont le

corps est mince et vigoureux. | Et des femmes dont l'ceil par sa franchise étonne.

(Baudelaire, Fleurs du mal, Parfur.j ^xotiquc.) — M.

Per un instiluto di cieehi {Odi barbare, 1. 11).

220. — Le rapport iio nous semble pas doiilciix cuire la première strophe de Cardueci et quelques-uns des vers que V. Hugo adressait à un poète aveurfle {Contemplations, I, 20) :

Quando mirava Omero le fulgide a' dardaui cnmpi Pugne, con gli oochi spenti ed immoti al cielo ; Quando, levata in fredda caligin la fronte, vedeva

Milton passare su' mondi vinti Dio :

I/alma del tutto in essi rompeva la inerte de' sensi

Briima, e ne* grandi spiriti il sole ardea.

Chante ! Milton chantait : chante ! Homère a chanté. Le poète des sens perce la triste brume ; L'aveugle voit dans l'ombre un monde de clarté. Quand l'œil du corps s'éteint, l'œil de l'esprit s'allume.

TABLEAU CHRONOLOGIQUE DES SOURCES FRANÇAISES DE G. CARDUCCi

N. B. — Nous avons cru bon d'indiquer en général la date de la 1" édit. de chaque œuvre française, surtout quand elle est moderne. Elle apparaît ainsi nettement antérieure à l'ouvrage de Carducci à propos duquel nous la citons. Nous ne donnons cette date qu'une fois.

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