‹ Girofle, girofla drame en cinq actesChapitre 3 sur 72 · SCÈNE III Le* Mêmes, mot ns KERVEN · texte numérisé non relu

SCÈNE III Le* Mêmes, mot ns KERVEN

VALENTINE, le Suivant du regard.

Tu le vois, toujours le même 1

GEORGETTE

L’e.xcellent homme ! après sept ans de mariage son humeur est aussi gaie, son caractère aussi égal... Ah! tu es bien heureuse, et je ne m’en souhaite pas davantage.

VALENTINE, SOUpÙ'ant.

Tu viens de juger par tes yeux que rien n’est changé dans ma vie , ne parlons plus de moi , dis-moi plutôt la tienne, bonne sœur, que je n’ai pas embrassée depuis si longtemps. Ta vue bien*aimée me ramène aux jours de notre enfance. Ah ! les souvenirs, quand ils sont doux et purs comme les nôtres, réchauffent et rajeunissent ! Viens çà, assieds-toi, et profitons de nos premiers moments de solitude. Voyons, le mariage a-t-il tenu tout ce que l’amour promettait? Monsieur Germinal t’aime-t-il comme tu le mérites ?

GEORGETTE. '

Là! là !... que de questions! Oui, mon mari m’aime, et si j’ai un reproche à lui faire, c’est tout bonnement de m’aimer trop.

VALENTINE, riant.

Trop ! vraiment?

GEORGETTE

Certes. Ce pauvre Anatole a une tête si vive et si ardente, que je ne puis faire un pas sans l’avoir sur les talons!

VATENTINK.

Ce pauvre garçon ! il est donc. . .

GIHOFLÉ, üinOFLA

GEORGEVTE.

Amoureux comme une pleine lune... de miel, et jaloux comme un vieillard de Beaumarchais; à part ce petit défaut... capital, c’est un bon jeune homme, qui ne rêve que procès civils ou criminels, et qui ne demande, pour être au comble de ses vœux, qu’à devenir président d’une cour quelconque, et père de famille... père de famille surtout.

VALENTINE

Puisse ce bonheur vous arriver bientôt! Va, crois-moi, chère sœur, le métier de femme h’a qu’un bon côté, un seul, la maternité. On a beau se dire qu’un jour viendra où ces petits êtres qui ne sont rien, et qiie vous aimez pardessus tout, seront des hommes, c’est-à-dire, la plupart du temps, des ingrats, et vous aimeront en seconde ou en troisième ligne, on a beau se dire cela', quand leurs petites lèvres viennent vous murmurer à l’oreille ces mots si simples: chère maman... Le cœur s’épanouit et comprend ce que c’est qu’un véritable amour... Tu as vu ma Louise? Comment la trouves-tu ?

GEORGETTE

Un vrai petit ange. Mais c’est elle que j’entends ! {Louise, dans U jardin, passe en sautant et chantant gaiement.)

Que t’as de belles filles,

Girofle, girotla!

VALENTINE, àLouisc quî s'est arretée.

Louise, que veux-tu?

LOUISE, courant à elle.

Je veux t’embrasser. {Elle l’embrasse.)

Va jouer, mon enfant.

LOUISE, continuant sa chanson.

Elles sont belles et gentilles,

VALENTINE

C’est moi qui lui ai appris cette ronde enfantine, elle s’est |)rlsè d’une belle passion pour cet air, et le répète du matin au soir! La chère enfant! que de longues heures elle m’a fait trouver courtes et heureuses ! Que de fois un de ces regards où se peignait sa tendresse instinctive a fermé les plaies

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