SCÈNE IX
Les Mêmes, JACQUES, LE COMTE.
LE COMTE, entrant.
Ah ça I pourquoi cet imbécile me barre-t-il le passage ?
JACQUES
Monsieur le vicomte l’a vu , on n’est entré qu’en me passant sur le...
LE COMTE
Sors, drôle 1 Eh bienl mon cher Noël, je viens te chercher. Tu as eu le temps nécessaire pour faire tes réflexions, pour achever tes malles, partons 1
< NOËL
Mon père... oui... je ne sais si...
LE COMTE
Tu balbuties., tu es pâle... (Se retournant et voydnt l'nlentine, qui s'appuie tremblante sur le dossier d'un fauteuil.) Ah ! ah! voilà l’explication. [S'asseyant.) Voilà l’obstacle.
NOËL, hésitant.
Nous ne sommes pas seuls... si vous avez à me parler. , , ne...
LE COMTE, froidement.
Nous ne sommes pas seuls, il est vrai... mais il y a un moyen bien facile pour que nous le soyons.
NOËL, suppliant.
Mon père ! [Valentine va pour sortir. Noël la retient du geste, elle chancelle et s’assied.)
LE COMTE
Que madame se relire.
NOËL , avec vivacité.
Mon père 1
LE COMTE
Serait-ce, par hasard, le père qui devrait céder le pas à la maîtresse ? Vous vous oubliez, Noël I
VALENTINE, Se UvOKt. ,
Monsieur le comte, vous commettez une cruelle méprise.
LE COMTE
Je ne vous parle pas. Noël, faites sortir cette femme. Vous auriez dû vous rappeler que l’appartement où votre mère est morte ne devait pas être souillé par...
NOËL
De grâce ! arrêtez !
LE COMTE
Par des femmes perdues.
VALENTINE, sanglotant.
Mon Dieu ! mon Dieu ! {Elle retient Noël.)
NOËL
Monsieur, savez-vous que vous parlez de la femme la plus puie qui soit au monde ?
LE COMTE
Que fait donc sa pureté dans un appartement de garçon ?
VALENTINE
AhI c’est trop ! c’est tropl mais, monsieur, je suis...
LE COMTE
Je ne vous parle pas... Finissons^en. Qu’elle sorte !
NOKI..
Restez, madame. Avant tout, vous êtes chez moi, et je ' saurai vous faire respecter par qui que ce soit.