ACTE II
KERVEN.
Ne vous donnez pas la peine de mentir. .. {Il va au cabinet.) Venez, madame. [Valentine sort, se soutenant à peine.)
ASATOLE.
Kervenl mon ami! {A part.) Qu’est-ce que j’ai fait là, moi?
KERVEN, doucement.
Laisse-moi ! Valentine, avez-vous jamais eu un reproche à me faire, dites?
VALENTINE
Jamais !
KERVEN.
Me suis-je toujours conduit en époux fidèle et dévoué ?
VALENTINE
Toujours !
KERVEN.
Et maintenant répondez-moi avec franchise : Vous aimez cet homme, Valentine ?
VALENTINE
Henri , je vous jure que je suis innocente !
KERVEN.
Que faites-vous donc ici ? Répondez ; justifiez-vous ? je ne vous condamnerai pas sans vous entendre.
VALENTINE
Je... je suis venue... je... Ahl mais c’est affreux! Je suis perdue, monsieur, parlez, parlez donc I NOËL, O son père.
Monsieur, vous savez si j’aimais ma mère : sur sa mémoire, je vous jure...
LE COMTE, se détournant.
Vous ne respectez donc rien ?
NOËL, à Anatole.
Mais, toi, parle, défends-la !
ANATOLE
Eh ! que veux-tu que je dise?
NOËL
C’est à se briser la tête !
GIROFLÉ, GIllOFLA
KERVEN.
Vous avez écrit des lettres à monsieur d'Ernée.(.4 Anatole.) Tu les as vues?
ANATOLE
C’est vrai.
Aujourd’hui, bravant toute pudeur, vous êtes venue ici. Tout à l’heure, monsieur le comte d’Ernée vous a surpris ensemble, enfermés... n’est-ce pas vrai, monsieur le comte?
LE COMTE
C’est vrai.
KERVEN.
Ayez donc au moins le courage de votre amour!
VALKNTINE.
Henri, je vous jure que je ne suis pas coupable, j’étais venue pour lui dire un éternel adieu.
KERVEN.
Personne ne vous croira.
VALENTINE
Personnel... [Regardant autour d'elle.) Personne... mais regardez-moi , écoutez-moi. Est-ce que mes larmes, est-ce que ma voix, est-ce que tout en moi ne vous crie pas : Cette femme dit la vérité !... Anatole !... Monsieur le comte !... [Se détournant.) Ah ! je suis maudite !...
KERVEN.
Jamais vous ne rentrerez dans ma famille, ni dans ma maison, il y a des exemples dangereux de mère à fille.
VALENTINE, SC voUatit la figure.
Oh!
LE COMTE
Vous êtes cruel, monsieur, c’est votre droit, mais un d’Ernée vous a fait tort, un d’Ernée vous doit réparation... Je suis à vos ordres.
KERVEN.
Pardon, monsieur le comte, ce n’est pas vous, mais votre fils que je combattrais et que je tuerais, car Dieu est juste, si je n’étais retenu par une raison, une seule, mais toutepuissante : je n’ai pas le droit de me battre, parce que j’ai une fille...