‹ Glande Thyroïde: Et Déformations Dites Essentielles Des Os Chez Les Adolescents État Actuel De La QuestionChapitre 4 sur 19 · AGE · texte numérisé non relu

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tre-épreuve est aussi probante: en posant de fortes ligatures sur les lobes du corps thyroïde, les animaux succombent, bien qu'on ait laissé la glande en place, parce qu’elle est supprimée fonctionnellement. Vassale et Gley ont injecté, par voie intra-veineuse, à des chiens et à des lapins thyroïdectomisés, des extraits de corps thyroïde; ils ont ainsi prolongé la survie chez ces animaux et même ils ont observé une diminution des accidents. Nous verrons plus loin qu’une méthode de traitement du myxœædème est née de ces expériences, qui, venues immédiatement après celles de Brown-Sequard concernant l’action physiologique de l'extrait testiculaire, assurent solidement la méthode thérapeutique dite opothérapie (de oxoç suc.

Mécanique de la fonction thyroïdienne

L'appareil thyroïdien n’a pas de canaux excréteurs ; il

fonctionne comme glande à sécrétion interne. D’après

Gley, les conditions essentielles des sécrétions internes sont au nombre de 3:

a) Condition histologique: les cellules de ces organes doivent offrir les caractères d'éléments glandulaires, et elles doivent être orientées suivant les vaisseaux afférents de l’organe.

b) Condition chimique : il faut qu'une substance chimique particulière soit caractérisée dans ces cellules.

€) Condition physiologique : le sang veineux qui vient de ces organes doit présenter les propriétés physiologiques spéciales de cette substance. Pour ce qui est du corps thyroïde, les conditions histologiques et chimiques sont remplies ; les éléments cetlulaires sont ordonnés ainsi qu’il con-

RTS substance qu’il a appelée F (iodothyrine », et qui est spéciale au corps thyroïde.

On n’a pu, à la vérité, retrouver jusqu’à ce jour, dans le sang veineux venant du corps thyroïde, le produit actif sécrété par lni. Mais cependant, des démonstrations physiologiques, expérimentales et thérapeutiques, 7° nir lieu de cette dernière preuve; et les expériences dont il

\a été parlé plus haut ainsi que les injections d'extrait thyroïdien chez un sujet myxœdémateux, prouvent surabon-

. damment que le corps thyroïde est bien un organe à sécrétion interne. Une fois les principes actifs élaborés par lui, passés dans le milieu intérieur, leur action sur l'organisme tout entier se fait sentir.

Cette action est double :

1° Fonction anti-toxique;

2° Action de régulation des fonctions nutritives et des processus chimiques.

Fonction anti-toxique., — Les accidents tétaniques survenant chez les chiens ayant subi la thyroïdeetomie totale, seraient dus à ce que le sang de ces animaux contient une substance toxique appelée la « guanidine », la sécrétion thyroïdienne détruit les substances toxiques qui s'aceumulent, en son absence, dans l'organisme. On peut atténuer ces accidents chez ces animaux en faisant une saignée, et en la faisant suivre d’une transfusion du sang d’un chien sain, soit d’une injection de sérum salé, soit d’une injection d'extrait thyroïdien.

Action de régulation des fonctions nutritives et des processus, chimiques

Encore plus Amportante. au point de vue de la question

que nous étudions ici, est cette fonction ‘régulatrice. Cer:-

— 18 | tains animaux résistent assez longtemps à la thyro-parathyroïdectomie, lorsqu'on leur conserve une petite portion de la glande, pour qu’on ait pu observer chez eux que la nutrition est profondément troublée et abaïissée, de façon générale et importante. Ces troubles sont dus à ce que l’organisme (manque alors d’un principe qui augmente normalement l'intensité des mutations de matières dans les. tissus, et qui, chez les jeunes animaux, règle le développement des os tout spécialement » (Gley). Ce principe est l’harmozone thyroïdienne. Parmi les produits de sécrétion (de &puéGw je règle, je dirige) et des hormones (de opuaw j'excite). : :

Ces harmozones sont des substances régulatrices de processus chimiques ou des fonctions. On ne connaît pas encore la nature chimique et le mode d'action de ces agents ; le testicule, les corps jaunes, le thymus, le corps thyroïde en sécrètent, et le Corps thyroïde tient sous sa dépendance, par son harmozone spéciale, le développement du tissu osseux, et l'allongement des membres, d’après Lembling, de même que la sécrétion interne du testicule tient sous Sa dépendance le développement des caractères sexuels secondaires.

Quant aux hormones, pour Gley toujours, ce sont des substances qui provoquent des. fonctionnements et jouent le rôle d’excitants. L’hormone thyroïdienne a pour rôle d'activer les échanges azotés et respiratoires. Si l’appareil thyroïdien est supprimé par un acte opératoire ou par une. maladie spontanée de l’organe, on aura la possibilité d’étudier d’une part les troubles produits par la suppression des harmozones et hormones thyroïdiens, d'autre part, la suppléance que peut apporter à l'organisme l'injection ou l’ingestion de produits thyroïdiens.

Cette diminution considérable des échanges nutritifs se

= — “mesure à l’abaissement de la dpetas des calories et de la dépense d’ albumine. Les sujets myxædémateux ne consomment, à l’état de repos, par minute et par kilogramme, que 950 à 60 p. 100 de la quantité d'oxygène fixée par un sujet normal. I y a diminution aussi sur Îa quantité d'azote total qui est éliminée. Si la glande thyroïde a été supprimée, l'insuffisance thyroïdienne se manifestera encore par des altérations de la peau, et un retard de l’ossification chez les sujets jeunes, d’où le Nanisme. Marfeld écrit dans son traité sur lés « maladies des os » de la collection Gilbert et Thoinot: « Il est bien établi que les substances élaborées par le corps thyroïde ont un rôle stimulateur sur la croissance en général, et particulièrement sur la croissance des os.» |

Ces retards de l° ossification, dûs à la dysthyroïdie, viennent de ce que L'appareil thyroïdien a la charge de régler les mouvements de la chaux dans l'organisme; et la dimi-

nution de l'énergie due à l’abaissement de la dépense des

calories retarde eette fonction. Frouin a montré que l’on peut faire vivre des animaux thyroïdectomisés en leur faisant absorber des sels de chaux, et les signes de cachexie strumiprive diminuent, si l’on fait ingérer à un myxœædémateux de la glande thyroïde, il se produit un relèvement puissant de la dépense totale des calories, et de la dépense

d’albumine. On voit augmenter les échanges respiratoires ; la température, qui était abaissée, se relève. D’après Magnus-Lévy, la consommation d'oxygène s’accroit et se maintient tant que dure le traitement; si on le suspend on verra se rétablir l’ancien: état de choses. Les échanges azotés sont puissamment augmentés par un apport plus considérable d’albumine d’une part, et d'autre part par élévation de la fonte des tissus. D'ailleurs, si l’on fait ingérer de la glande thyroïde à un individu bien portant, on remar-

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que une augmentation de la quantité d’albumine détruite. Si même on donne des doses trop importantes ou trop prolongées, on verra apparaître des phénomènes pouvant reproduire des accès: de Basedowisme fruste, avee de’ la tachycardie et des trémblements. De même que le myxœdème ou la thyro-parathyroïdectomie donnet un tableau d'hypothyroïdie ou de dysthyroïdie, de même la maladie de Basedow est un syndrome d’hyperthyroïdie, avec fièvre, tachycardie, désassimilation exagérée, tous Symptômes produits aussi par l’ingestion de glande thyroïde ou d’extrait thyroïdien en quantité exagérée. Ces deux syndromes, hypothyroïdie et hyperthyroïdie peuvent, d’ailleurs, retentir pareïillement sur de Squelette, le premier par arrêt de la calcification, le second par décalcification exagérée. L'étude chimique de l’appareil thyroïdien a permis de fixer quelques points précis éclaircissant ces actions sur le métabolisme. Oswpld a découvert l’un des produits par lesquels la glande thyroïde ingérée exerce dans le myx-

&dème spontané ou post-opératoire l’action curative qui

a été signalée plus haut. C'ést une globuline appelée «Lodothyro-glcbuline ». Baumann a pu en isoler un produit de dédoublement 1° « Todothyrine ». Ces Corps contiennent de l'iode en forte proportion: 0 gr. 34 pour 100 chez l'homme. Banman, en effet, constate que la glande thyroïde de l’homme contenait environ 4 milligrammes d 1ode, et il a isolé l’iodothyrine en faisant bouillir, par un procédé assez brutal, la glande avec de l'acide sulfurique fort.

Oswald à isolé aussi une nucléoprotéide, qui contient du phosphore. On ne sait pas encore de façon absolue si la thyroïde ne contient que ces. substances spécifiques; on n'est pas certain non plus que leur origine soit thyrotïdienne plutôt que parathyroïdienne.

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Gautier a prouvé que le corps thyroïde contient de l’arsenic en plus grande quantité que les autres organes.

Cet aperçu dé physiologie, déjà succinct, serait fort incomplet si nous ne disions pas un mot des synergies glandulaires. Pour,Gley, en effet, les organes à sécrétion interne auraïent des actions réciproques les uns sur les autres par leurs hormones. Ces capsules surrénales et l’appareil thyroïdien auraient mutuellement des influences excitatrices:"l'iodothyrine serait l'exeitant de l’appareil surrénal, de même que l’adrénaline activerait les fonctions de la thyroïde. D'autre part, le pancréas aurait une influence modératrice sur la glande thyroïde, dont la s6crétion influerait pareillement sur la fonction pancréatique. j

Tel est l'état actuel de nos connaissances sur la physiologie de l'appareil thyroïdien. En résumé, grâce à son action anti-toxique, il détruit les produits nuisibles qui ont tendance à s’accumuler dans l'organisme, ce qui se produit lorsque il y a suppression fonctionnelle ou org anique de [a

glande; par son action régulatrice et excitatrice, il assure

les échanges azotés, et dirige Les mouvements de la chaux dans l'organisme, et il tient ainsi sous sa dépendance le développement du squelette. Toute la question du métabolisme du caleium a besoin d'être appuyée par de nouvelles séries d'expériences. Mais on peut cependant, en s’appuyant sur la clinique, affirmer l'influence considérable de la sécrétion thyroïdienne sur l’ossification.

Que la fonction thyroïdienne soit déficiente dans un organisme en voie de croissance, corime celui de l'enfant, le squelette s'en ressentira profondément. Plusieurs observations du châpitre suivant montrent la coexistence de SYMpP: tômes indubitables de myxædème avec des déviations de la colonne vertébrale, et les bienfaits que les jeunes mala-

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des ont retiré du traitement opothérapique associé au traiïtement orthopédique qui seul était insuffisant à amener la guérison. Quelle est la part qui revient au corps thyroïde? Quelle est celle que l’on doit assigner aux parathyroïdes ? On n’a pu encore fixer de limites précises aux fonctions de ces organes. Peut-être concourrent-ils ensemblé à assurer le même rôle. Et la théorie des synergies glandulaires agrandit singulièrenrent le champ des hypothèses, si l'on admet les actions qu’exercent les unes sur les autres les glandes endocrines.

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