TRIOLETS FUNAMBULESQUES
Gambronne du Dernier Carré
De la Rime — Hugo nous regarde! -
Et plus carré qu'Albert Carré,
Cambronne du Dernier Carré,
Je le jette, sous Poincaré,
Le cri stoïque de la Garde,
Cambronne du Dernier Carré
De la Rime, — Hugo nous regarde!
Oui, temps du Petit Sucrier Et de sa cour de forbans vile, Tu peux dire et même crier, Oui. temps du Petit Sucrier, Que mon encre est de l'encrier De Théodore de Banville, Oui. temps du Petit Sucrier Et de sa cour de forbans vile.
Mieux encore, il me Ta légué, Avec un reste d'ambroisie Au moment de passer le gué, Mieux encore, il me Ta légué, Sans autre prétexte allégué Que d'embêter la Bourgeoisie Mieux encore, il me Fa légué Avec un reste d'ambroisie.
Catulle, son cousin germain, Est mort, broyé par les Ménades, Sur la route de Saint-Germain, Catulle, son cousin germain;
Délivrés du péril germain,
Ils ont repris leurs promenades;
Catulle, son cousin germain,
Est mort, broyé par les Ménades.
Et Silvestre aussi s'en alla Riche d'amoureuses détresses Les retrouver au walhalla, Et Silvestre aussi s'en alla, Où sa corbeille déballa Autant de rimes que de tresses, Et Silvestre aussi s'en alla Riche d'amoureuses détresses.
Goppée, un de nos forts rentiers, Avait de la Rime aux Grands Livres; Crésus, vous vous apparentiez Coppée, un de nos forts rentiers; Ses comptes sont à jour, entiers, Son papier « vaut », intègre, en livres; Goppée, un de nos bons rentiers, Avait de la Rime aux Grands Livres.
L'aède aux yeux de lazuli
Était, — rime ôtée, — un rude homme;
Comme Patam à Mazuli,
L'aède aux yeux de lazuli
Ajoutait au nom de Sully
Celui, moins heureux, de Prudhomme;
L'aède aux yeux de lazuli
Était, — rime ôtée, — un rude homme.
Roi de la rime, Heredia Régnait sur le sonnet, son trône.
Tel un pape en sa sedia, Roi de la rime, Heredia, Quand la mort le congédia En plein festin comme Pétrone; Roi de la rime, Heredia Régnait sur le sonnet, son trône.
Avant d'être un dieu patenté, Nul ne rima mieux que Verlaine, Satan ne l'avait pas tenté Avant d'être un dieu patenté;
Duchesse, à quel épatant thé Retourna-t-il son macfarlane?
Avant d'être un dieu patenté, Nul ne rima mieux que Verlaine.
Je laisse ceux de Mallarmé Monter le bateau qu'il arrime; Par l'espérantisme alarmé, Je laisse ceux de Mallarmé, Étant contre lui mal armé, Car il est Français par la rime.
Je laisse ceux de Mallarmé Monter le bateau qu'il arrime.
Au bon fleuriste Gazalis Va ma fidèle sympathie, Sa rime orne mon vase à lis, Au bon fleuriste Gazalis; Ce qu'est la datte au physalis Il l'est au chantre d'Hypatie; Au bon fleuriste Gazalis Va ma fidèle sympathie.
220 L."£S CONS RIMFARS
On chantait chez Lemerre : Ah zut
Alors si Mjérat est Valade!
De l'ut haut jusque s au bas ut,
On chantait chez Lemerre : Ah zut!
Où sont-ils? Là où est Kossuth!...
0 Pinde, quelle dévalade!...
On chantait chez Lemerre : Ah zut Alors si Mérat est Valade!
Sur ce simple appel : « Dierx le veult », On partait pour le Saint Sépulcre, Tristans dont la Rime est TYseult, Sur ce simple appel : « Dierx le veult », Moult (bous croisés nous disions : « meult ») Beau fut ce temps, en latin : pulchre! Sur ce simple appel : « Dierx le veult », On partait pour le Saint Sépulcre.
Ces oiseaux, leurs cris, pépies, Sont à présent sur le Parnasse D'où l'on a la Grèce à ses pieds.
Ces oiseaux, leurs cris pépies.
Vous sa^vez que de nos trépieds Quand Dieu nous pêche, c'est par nasse. Ces oiseaux, leurs cris pépies, Sont à présent sur le Parnasse.
France, Anatole, et Bourget, Paul,
Boudent à ton martyre, lyre;
Moins saints que saint Vincent-de-Paul,
France, Anatole, et Bourget, Paul;
Pas plus en Bourse qu'au Népaul
Elle n'emplit la tirelire;
France, Anatole, et Bourget, Paul,
Boudent à ton martyre, lyre.
Mistral réclame Jean Aicard Car il rime moins qu'il n'assone, C'est là, vous dis-je, qu'est l'écart; Mistral réclame Jean Aicard,
Le retard est d'une heure et quart Entre Paris et Garcassonne; Mistral réclame Jean Aieard Car il rime moins qu'il n'assone.
Va, Rime aux fermes appas, ris Des vains efforts de la province, Sur toi je tiens tous les paris, Va, Rime aux fermes appas, ris; Si tu fleurissais hors Paris Que voudrait-on que je devinsse?
Va, Rime aux fermes appas, ris Des vains efforts de la province.
Rostand hernanise du cor
Mais plus lointain que sa Princesse,
Comme Roland, dans le décor,
Rostand hernanise du cor,
Cambo, Cambodge, voir Angkor,
Où tout son d'alexandrin cesse,
Rostand hernanise du cor
Mais plus lointain que sa Princesse.
Passons crédit à Richepin Du titre dont on l'intitule Sur les estrades en pitchpin, Passons crédit à Richepin; Pris de la peur du chiche pain Son Capitole capitule; Passons crédit à Richepin Du titre dont on l'intitule.
Des deux Régnier le Mathurin C'est celui de la particule, N'en doutez pas, même à Turin, Des deux Régnier le Mathurin.
Son équivalent l'as-tu, Rhin?
Réponds, parle, mais articule.
Des deux Régnier le Mathurin C'est celui de la particule.
Si vous voulez savoir jusqu'où Je suis Madame de Noailles, Londres, Paris, Rome, Moscou, Si vous voulez savoir jusqu'où.
Mais, à la rime, casse-cou.
Berger sans chien perd ses ouailles; Si vous voulez savoir jusqu'où Je suis Madame de Noailles.
Où donc est cet Abel Bonnard?
Qui rimait d'instinct, tel le faune, Avec un si bel et bon art, Où donc est cet Abel Bonnard ?
Se serait-il fait sorbonnard?
Allô, j'attends au téléphone.
Où donc est cet Abel Bonnard?
Qui rimait d'instinct, tel le faune.
Comme aux jours du bon roi Loys 11 y a tournoi de Rivoire Contre Miguel Zamacoïs Comme aux jours du bon roi Loys, Pour la Rime, belle Helloys, Qui pleure dans sa tour d'ivoire, Comme aux jours du bon roi Loys Il v a tournoi de Rivoire.
LES BONS Rl.MELRS -*">
Ponchon, Delorme et Marsolleau Riment en merles dans les feuilles, Chacun d'eux y tient son solo, Ponchon, Delorme et Marsolleau; Musette ainsi verse à seaux l'eau Pour arroser ses chèvrefeuilles; Ponchon, Delorme et Marsolleau Riment en merles dans les feuilles.
Les nouveaux riment sur les ponts Dans le casque de Bélisaire, Clercs de l'office sans répons, Les nouveaux riment sur les ponts Avec, aux chapeaux, les crépons De leur verbe mort de misère; Les nouveaux riment sur les ponts Dans le casque ue Bélisaire.
Si c'est la poire qu'il leur faut, Le vers-libriste d'après boire, Qu'André remonte à l'échafaud, Si c'est la poire qu'il leur faut; La buse n'est pas un gerfaut Non plus que le litre un ciboire, Si c'est la poire qu'il leur faut, Le vers-libriste d'après boire.
Rime pauvre est triste à mourir, C'est le pavillon veuf de rose; Sans elle où vivre, aimer, courir?.
Rime pauvre est triste à mourir.
Plutôt dans la prose pourrir, Ce chlore sied à la chlorose.
Rime pauvre est triste à mourir, C'est le papillon veuf de rose.
Tenez, que Ton m'exile à Puy Sous le nom cruel de Magloire, Sans pain, sans pipe et sans appui, Tenez que l'on m'exile à Puy,
Si votre consonne d'appui Suffit désormais à ma gloire, * Tenez,~que l'on m'exile à Puy Sous le nom cruel de Magloire.
Je rimerai rothschildement,
Et comme un Inca du Mexique>
Jusqu'au bout de mon fil d'aimant,
Je rimerai rothschildement;
Vieil enfant — yes, old child — dément,
Qui ne sait jouer qu'au lexique,
Je rimerai rothschildement,
Et comme un Inca au Mexique.
Toi, critique, à ton sécateur!
J'ai depuis longtemps ceint mes lombes
Du nom de versificateur;
Toi, critique, à ton sécateur !
Les rimes vont à Téquateur
Bec à bec comme les colombes;
Toi, critique, à ton sécateur!
J'ai depuis longtemps ceint mes lombes.
Cambronne du Dernier Carré De la Rime — Hugo nous regarde!
Et plus carré qu'Albert Carré, Cambronne du Dernier Carré, Je le jette, sous Poincaré, Le cri stoïque de la Garde, Cambronne du Dernier Carré De la Rime. — Hugo nous regarde!
LES ODÉONS NATURELS