LES TROIS FORTS DE LEVIS
Quels sont les lévisiens qui n'ont pas visité ou tout au moins examiné de ])ivs les forts No 1, No 2, et No 3 élevés sqr les hauteurs
de Lévis, l'un* dans Saint-Joseph, l'autre er arrière de Lévis et le troisième dans Saint David de Lauberivière.
Beaucoup sont isous l'impression que ces fortifications remontent à 1837-38. Erreur.
En 1803, il y eut plusieurs frictions entr€ l'Angleterre et les Etats-Unis.
Dès le i^rintemps de 1864, le colonel Jarvis, officier des (linigénieurs Royaux, accompagné de plusieurs officiers, «ous-officiers et soldats, vint au Canada afin de isuggérer un teyistème d-e 'défense à employer en cals de guerre avec les Etats-Unis.
EN 1775, les Américains s'étaient rendus à Québec par la vallée de la Ohaudière. Les Ingénieurs Royaux examinèrent tout de suite les environs de Lévis afin de leur fermer le passage.
Le 13 juin 1804, le Conseil de la ville de Lévis adoptait la résolution suivante *
'' Résolu : Qu'il soit fait mention dans le livre des délibérations du Conseil des noms des Ingénieurs Royaux arrivés le 14 mai sur le steamer " Belgian ", et qui sont employés à faire des explorations dans les environs de Lévis pour y élever une forteres,se ; lieutenant, II S. Sitwell ; sergent, Thomas IS^at-. son ; caporaux^ William Haunah, Alfred Ded-
lan ; soldats, John Brophy, George Dallas, olin Dongherty, Patrick Donghertj^, Edward 'llUot, James Kay, Daniel Noble, Charles Iweeney, Joseph Smith, Edward Waselt, Charles Gibbon. " De retour en Angleterre, le colonel Jarvis ût on rapport! an 'gouvernement impérial. îi ecommandait de dépenser 200,000 louis stering pour les défenses de Québec ; 443,000 ouis sterling pour l'érection de forts à Montéal et GO'0,000 louis sterling pour fortificaions à Kingston, Toronto et ïïamilton, dans e Haut-Canada. Il suggérait aussi de ne pas éduire le nombre des troupes a-nglaises staionnées au Canada.
Le gouvernement accepta une partie des uggestions du colonel Jarvis. Ainsi il dé- :ida la construction de trois forts à Lévis.
Le fort No. 1, celui de Saint-Josei^lh d-e Lé- 'is, fut commencé en 18G5.
Dans le " Canadien -' du 31 mai 1865, nous isons :
'^ Le département de la iguerre'a fail l'a- :hat de deux lots de terre situés a Test de et )rès de l'église Saint-Joseph de Lévis, l'un de \/L. le notaire Guay, et l'autre de M. Sanison.^ 3es travaux d'abattis ont déjà été cor.imenîés sur ces lots de terre qui sont destinés il scr
vir comme lieu de campement pour les î^^oidats. :
" La propriété de M. Simmons qui se trouve dans l'endroit le plus élevé à l'ouest de la ville de Lévis, connue isous le nom de Ville- Marie, et qui est située près de la résidence du colonel Dallaire, a aussi été achetée par le département de la guerre. Cette magnifique propriété, qui a été payée |8,400, doit servir de. résidence aux officiers de la garnison.
^^ Actuellement le département de la gueri est en voie d'acheter une lisière de terrain ûi cinq arpents ^de largeur isur une longueur d< près de trois milles, embrassant toute l'étenJ due qui se trouve entre l'église Saint- Joseph et la partie ouest de la ville de Lévis, vis-âvjs la citadelle de Québec.
" Sur tout le parcours de cette lisière on devra ériger des fortifications dans lesquelles se trouveront un igrand nombre de casemates.
" Ainsi la ville de Lévis est donc à la veille de compter au nombre des villes les mieux fortifiées, comme elle est déjà une des mieux situées ; car si Québec est le Gibraltar 2, par, son site et ses fortifications, Lévis va certai-j nement dievenir le Gibraltar 3. "
Le 21 juin 1865, le " Canadien " disait :
— loi
" Les ppopriétaiires des terrains requis i)ar rOrdonnaiice pour la constiniction des nouvelles défenses à Lévis viennent dxtre notifiés de la jjrise de possession de .ces propriétés par le gouvernement militaire. On sait rpie les lots de urve -ainsi occupés s'éteTjûent depuis l'anse de Patton jusque d'ans le voisi- Qage de la rivière Etchemin, les fortifications 4u'oii se propose d'y ériger cduvriront non seulement la cité et la citadelle, mais encore le port tout entier. Le prix offert aux propriétaires des terrains en question est de $40 l'arpent ; si ceux-ci ne l'acceptent pas d'ici à 14 jours, l'affaire sera alors soumise à des arbitres.
'' Les propriétaires sont unanimes à déclarer ces offres tout à fait insuft'isiantes. Nous i^royons, jiour notre jmrt, qu'ils ont droit l'exiger bien davantage et nous espérons que le gouveniement reviendra sur sa décision. Il 3st parfaitement labsulrde d'offrir le même prix pour des propriétés d'une valeur inégale. u'es't l'arbitraire. ''
Dans le '' Canadien " du 24 juillet 180.5, lous lisons :
" Lfi contrat pour la construction des fortifications à Lévis a été donné à MM. Wor-
tlliington et frères, architectes, de Toronto, par le département des Ingénieurs Koyanx. Ces entrepneneuTs sont arrivés ici et vont commencer îsans délai les travaux. Les troupe< stationnées à Ltéivis seront eniiployées • sur nne section ; mais Ton aura besoin d'un grand nombre de journaliers et de tailleurs de pierre. Les Canadiens-Français, d'après ce qui se passe, seront loin d'être favorisés dans ces travaux de fcirtifications. Mais si jamais, malheureusemient, il fallait d'éfendire devant l'ennemi ces places en voie d'être fortifiées, alors isans doute, on accorderait cette faveur aux Canadiens-Français, ou du moins on serait bien aise d'avoir leur appui. Qu'en pense le département des Inigénieurs Royaux ? "
Le 31 juillet 1865, le " Canadien " disait encore :
" MM. G. et J. Wortliington, entrepreneurs des fortifications à Lévis, ont besoin de plusieurs ouvriers pour travailler aux excavations de terre et de rochers à Lévis. Ces messieurs nous ont donné Faissurance, samedi, qu'ils employeraient aux travaux des fortifications tous les ouvrier}^ qu'ils trouVei'ont propres à ce genre d'ouvrage, sans distinction d'origine; et que déjà ils employaient un grand nombre
de Canadiiens-Français. Tiès bien ! et nous en félicitons les MM. Wortliington contre lesquels nous n'avons irien dit parcequ'ils n'é- . taient qu'entpopremeurs ; mais d'un autre côté cela ne change rien à ce que nous avons avancé. De sorte que nous uMin tenons encore aujourd'hui que le Département des Ingénieurs Royaux a aig'i de la manièi-e la plus injuste envers les CanadiensFrançais, en ne •s'adiressant qu'à des entrepreneiifs d'une autre origine pour d'onner les travaux d'une si grande importance que ceux des fortiticatlonis de Lévis. "
Les trois forts de Lévis sont reliés par une suite de fortifications en tenre parallèles à la crête des hauteurs.
Ces forts qui ont coûté des sommes folles ne résisteraient pas un quart d'heure à l'artillerie de mairine actuelle.