God Save tJhe Queen
La halle mesurait 100 pied's de lonigueur pair 46 x>iefls de larg'eur. Elle était en brique et à dieux éta'ges. Ixî premier étage était di-
Tisé en 17 éttiux pour boiifcilier^. A chaque extrémité de lia hialle, on avait i>ratiqiié un escalier conduisant au second étage.
O seconid étage était divisié comme isuit. L'ne salle de 00 piedis par 40 pour les réunions puibiliquies, ICs concerts, les soirées diramatiques, les coniférences, etc. La «lalle du Conseil, où 'sie tenaient les réunions des conseillers, mesuiraiit 40 pieds par 30 laissant de chaque côté un espace où le public était admis.
A ^extrémité de la bâtisse se trouva ienc «deux (bureaux, celui du maire (;t celui du secrétaire-trésorier.
Les plans de la halle avaient été faits par l'architecte Michel Patr^^, de Québec. Les entrepreneurs étaient MM. Edouard LTallé et Gieirmain Halle. Elle coûta |7,400.
Notre premier hôtel de ville existe toujours. C'est la gare actuelle de l'Intercolionial.
LE VOYAGE DE MGK DEZIEL . EN EUKOPE
Eti 1865, M. le curé Déziel qui, de})uis qu'il exerçait le aninistère, ne s'était jamais donné une journée de repos, demandait nu climat d'Europe le rétablissement de sa santé.
II s^einï)arquait le 5 août à bord din " Peruvian ", ^n compagnie de M. l'abbé Ohandionnet, de l'Université Laval, et du R. P. Pelletier, Jésuite.
Le jouir de son départ, l'Union St-Josep(h, de iNotre-Dame de Lévis et rUnioin S t- Joseph de [Léviis /se Irendii/rent au ipiresbytère, musique en tête, et présentèrent une adiresse à M. Déziel.
Le curé de Lévis fut enisuite conduit à bord du " Peruvian " dans un bateau à vapeur loué
sipécialement pour cet objet. GIrand nombre die citoyens de Lévis et les deux compagnies d^ milice de la ville accompagnèrent leur pasteur jusqu'au steamer.
M. Louis Carrier, maire de Lévis, le docteuir Blancbet, député de Lévis, et plusieurs des premiers citoyens de Lévis, reconduisiTent le cuiré dans un remoirqueuT jusqu'à Berthier.
Nous avons été assez heureux pour mettre la main sur un petit cahier qui contient les notes prises 'au fil de la plume par Mgr Déziel au cours de son voyage en Europe.
Ces notes ne nous disent rien de nouveau. Seulement elles nous pennettent de suivre assez exactement l'itinéraire du curé Déziel en Europe. C'est la raison qui nous les fait publier ici ;
" 15 août 1865. — Lomdonnery, à 8 lieures du matin, 2,000 âmes. Elle est entoiurée <î^ «gplendides coteaux couverts de cottages, d'axbres et de belles récoltes. Très beau coup •d'oeil.
" Partis à 10 heures pour Dublin.
" Nous arrivons à Dublin à 6 heures du soir, et nous logeons k l'hôtel Welslh,, Nos 20 et 21.
'' 15 août 18G5. — Nous avons aujourd'hui vu Mgr l'ardhevêque Collen. Il nous a reçus avec beaucoup de ipolitesse. C'est un vieillard de 60 et quelques années, mais qui a l'air encore 'bien vert. De là, nous sommes allés visiter Pégliitsie icathédirale. A notre ,grande surprise, nous n'avons trouvé qu'une église bien communie. Nous avions vu dans notre " Guide " que cette église avait coûté plus de 100,000 louis. Nous devions donc nous attendre à trouver quelque chose de remarquable. Le portail est simplement orné d'une colonnade qui sufi>porte um fronton qui luimême est suirmonté d'unie immense statue. L'intérieur ne vaut pas mieux.
" Les laùtres églises ne valent pas la peine d'être mentionnées. Il n'y a vraiment aucun monument remarquable dans cette ville si
\ considérable. Le Stepheii Grteen esi; une belle place de promena de.
'' 15 août. — A 11 heiiires du matin, nous arrivons à l'Exposition. I^ palais <le cristal, où elle se tient, est assez élégant. 11 y a en arrière un 'beau jardin traversé en divers sens par de grandes allées. Les espaces qui se trouvent entre ces allées sont parsemées <le fleurs artistiquement placées. On y trouve aussi deux jets d'eau. Le tout forme un assez beau coup d'oeil. La vue de tous les ob jets contenus dans le palais nous donne une idée assez juste die l'industrie et de l'a richesse dies diverses nations. L'Angleterre ^y distingue entre toutes pair les niachines ; la France par le fini et le goût dau's les divers objets d'art qu'elle y a enrvoyés. Il s'y trouve aussi des richesses immenses. On y remarque un grand nombre de statues presque toutes dues au ciseau italien. Il y en a plusieurs q.ui sont très remarquables.
^' Dans la journée du 15, nous avons parcouru les divers départements dies mac'hines, de l'orfèvrerie, etc., etc.
" Lie lendemain, 16 août, nous avons examiné en d'^tail ï<es diverses galeriesi die tableaux. Les galeries italiennes et françaises remportent sur toutes les autres. Ces deux
galeries renferment de très belles peintures. Il y en a même de très remarquables. Jjsl galerie espagnole contient quelques beaux tableaux. Les Anglais ne peuvent lutter avec les autres.
" Nous avons ensuite visité le cimetière catholique de Dublin,. Il irenferme un grand nombre de monuments dont quelques-uns sont pemarquables. C'est dans ce cimetière que se trouve le tombeau d''0''Connell. Il repose dans un caveau fermé par une g)rille.
^^ Tout près du cimietière se trouve le jardin botanique. Il est très étendu et renferme beaucoup de plantes étrangères.
" le jardin zoologique ne contient «pas d^animaux bien rares.
'^ Phénix Park a 1700 acTes en suiiei-ticie.
'^ Le 18 août, à 8 heures, nous laissons Dublin pour nous rendre à Limerick par la vo-ie ferrée. Tout l'espace qui se trouve entre ces deux villes est très mal cultivé. Les lords ont chassé leurs fermiers, il y a quelques années, et aujourd'hui ils laissent presque toutes kurs terres en pacage.
'' Nous arrivons vers deux heures à Limerick. Nous prenons une voiture et fais'ons le
tour de la ville. Aucun monument digne d'attention. A 4 heures, nous entrons dans un hôtel pour diner. Diner très maigre que nous payâmes très cher.
" A cinq heures, nous prenons le train pour Killarney où nous arrivons à dix heures.
'^ Le lendemain, 19 août, nous allons en excursion sur les lacs de Killarney. C'est une suite de lacs encadrés dan« des montagnes très pittoresques.
^' A cinq heures, nous allons faire visite à Mgr David. C'est un des hommes les plus connus de l'Irlande. Il est très éloquent. Le soir, nous fais'ons visite aux Pères Récollets. Ils ne sont que cinq et nous reçoivent très bien.
'* Le dimanche, M. l'abbé Laliberté et moi allons dire nos messes dans leur chapelle. Le même jour, à 3 heures de l'après-midi, nous assistions aux vêpres dans la même chapelle. J'eus l'honneur de les chanter solennellement, ayant le supérieur pour diacre et un autre père pour sous-diacre.
" Le lendemain, 21, après avoir dit la messe chez les mêmes Pères, nous partons pour Cork.
'^ Cork est une jolie ville traversée par la rivière Lee, et assez bien bâtie. La haute vil-
le est bâtie en amphithéâtre. Nons la visitâmies à la hâte en compagnie du jeune (Jos'on) Perreault. Parmi ses monuments les plus rem-arquables sont régli'se cathédrale et la chapelle des Pères de Saint-Vincent. Elles sont gothiques. Le même jour, M. Perreault nous laisse pour Glasgow. Après son départ, nous aillâmes visiter le vieux châteaa de Blarney, qui se trouve à environ 5 milles de Cork. Ancien château-fort pris par Cromwell. Une ancienne tradition veut que le protecteur ait brisé une pierre' d'une des tourelles de ce château. On la conserve avec respect. C'est une tradition chez eux qu'une -personne qui baisie cette pierre est heureuse Ile reste de ses jours. Une vieille Irlandaise, qui a l'air d'une sorcière, vint la clef à la main pour nous ouvrir la porte de la tour. Après avoir payé à la vieille lia ^omme d'un schelling, il nous fallut nous soumettre à la cérémonie du baiser de la pierre. Elle y tenait fortement. Mes deux compagnons s'y soumirent volontiers et donnèrent le baiser à la pierre vénérée au grand contentement de la vieil'le. Quant à moi, en vrai hypocrite, je me contentai d'en faire le tour.
** Nous montâmes ensuite dans la tour. Elle nous donne une excellente idée de ce genre
de fortifîcaitions. Dès que nous fûmes descendus, M. l'abbé Chandonnet demanda à la vieille de lui permettre de détacher un morceau de la pierre précieuse. La vieille répondit d'abord avec une grande indignation, puis elle s'adoucit peu à peu. A la fin, un schielling eut raison de tous ses scrupules.
" Nous nous trouvions donc en posisession d'un morceau de la pierre de Bilarney, et nous pourrons rendre nos amis heureux pour 'la vie en le leur faisiant baiser à notre tour.
^' Après cet exploit, nous retournâmes à notre hôtel, d'où nous partîmes le lendemain pour nous rendrei à la gare du chemin de fer qui devait nous conduire au vapeur qui fait la traversée entre l'Irlande et ^Angleterre.
** Qe vapeur était très beau et assez grand, et nous y aurions été très bien, si nous n'eussiionjs pjas eu pour compagnons des boeuf^ des moutons et des cochons. Le pont en était couvert. Ces bestiaux répandaient dans tout le vaisseau une odeur désagréable.
" Néanmoins notre traversée fut très heureusie. Très peu de vent.
** Le lendemain, 23, nous entrions à Bristol par une pluie battante.
'^ Nous arrivâmes à Londres dans l'aprèsmidi. Après avoir fait notre toilette, nous
allâmes chez M. Toupel, prêtre de Véglise français^', auquel j'étais recommandé par M. le grand-vicaire Oaizeau. Il nous reçut très poliment, mais il n© put nous permettre de dire la messe dans l'ég-liise française, parcequ'il n'y a qu'un seul autel. Il nous donna une lettre pour M. Hunt, curé de l'église paroissiale. Ce dernier nous permit volontiers de dire la messe chez lui. Nous usâmes de cette permission tout le temps ■ de notre séjour à Londres.
Le journal de Mgr Déziel parle ensuite de son séjour en France.
'^ Le 15 septembre, nous arrivions à Lyon.
" Le dimanche, à 4 heures, nous assistons à un salut à la chapelle de Fourvières.
" Le 17, je dis la messe à l'autel de la Sainte-Vierge. Après l'action de grâces, nous visitons le couvent des Soeurs de Jésus-Marie.
'' Le 19, messe à l'autel de sainte Philomène. Le même jour, M. Chandonnet part pour Paris. Je retourne 'à Lyon.
'' Le 20 septembre, j'arrive à Vich}^ où je suis demeuré 25 jours. J'en suis parti le 17 octobre pour Lyon. MM. La.liberté et Chandonnet, vinrent m'y rejoindre le 20.
*' Le 21, nous partons ensemble pour la Grande Chartreuse, où nous arrivons le len-
demaîn au midi, après avoir dit la messe le matin à Saint-Liaiurent du Pont.
'* Nous repartons de la Grande Chartreuse le 25 pour C-hambéry, où nous nous rendons en diligence.
*^ Le 26, nous laissons Chambéry pour l'Italie. Nous traversons le Mont Cenis pendant la nuit.
'* Nous passons par Suse, Turin, Milan, (où je dis la messe sur le tombeau de saint Charles Borromée), le lac Majeur, Sento, Luino, Lugans, pBergame, Ylenise', Padoue, Bologne, Lorette, etc.
'* Le 10 novembre au matin, nous arrivons à Rome.
C'est là toutes les notes de Mgr Déziel sur son voyiaige en Europe.
M. le curé Déziel revint dans sa chère paroisse le 9 juillet 1866.
Le ' ' Courrier du Cania^da ' ' du surlendemain rendait ainsi compte de son arrivée au milieu de ses ouailles :
*^ Le Révérend M. Déziel, curé de Notre-Dame de Lévis, est arrivé lundi soir, de retour d'un voyage en Europe. Son arrivée a été saluée par les plus grandes démonstrations de joie et d'affection de la part de ses paroissiens et de tous les citoyens de Lévis en général.
A la nouveille de sa venue, environ 5,000 personnes se sont rassemblées auprès de la g'are et dans les rues par où le bien-aimé pasteur devait passer. Un eorps de musique a exécuté des airs brillants ; une grande illumination répandait sur toute la ville de Lévis l'éclat et la solennité d'une grande fête ; des feux die joie, des fusées sillonnaient les airs. Cette réjouis'sanice pulbîlique témoigne de l'estime, de T'affection et de la reconnaissance que les citoyeuis de Lévis portent à leur digne et vénéré pasteur, et c'est sans doule une cionsolation pour un curé de se voir aimsi entouré des respects et de l'amour de ses paroisisiens. "