ACTE CINQUIÈME
MARIE
Café de la Mairie.
Je sais.
EMMA
II a ses gants, son pardessus fourré?
Qu'il rentre! II fera froid.
MARIE
interrompant sa besogne
Moi, madame, j'irai Si vous voulez. Mais c'est tout à fait inutile. Quand monsieur, — et, souvent, il vous répond d'un style! — Est en train de jouer à quatre aux dominos, Les quatre archanges des quatre points cardinaux Ne l'empêcheraient pas de finir la partie.
EMMA
qui rit un peu
Soit.
Un regard à la pendule.
II n*est pas bien tard.
Ver» la fenêtre :
Et la brune est partie Laissant un peu de douce ouate à la forêt.
Elle s'assied à la petite table, devant le registre. Puis, lentement, pour se convaincre :
N*est-ce pas? Les docteurs ont dit qu'il guérirait ?
218 GLATIGNÏ
MARIE qui s'approche
Oh! s'il suffit, — je puis, moi, servante, mais vieille. Parler?— d'un tendre soin qui choie, entoure, veille, Pour qu'on guérisse, il est sauvé dès aujourd'hui.
Très familièrament affectueuse :
Vous le mignotez tant!
EMMA
J'ai tant souffert par lui.
La souuette, du cùté du bureau.
Ah!
MARIE
Non. Il a la clé.
Marie va voir; presque tout de suite, elle revient, disant .
Madame Andral!
Mme Andral entre, son parapluie à la main ; c'fst la petite veuve du premier .acte, qui grisonnait. ËHo a des bandeaux blancs, à présent. Mais, vieille, elle a toujours un air d'enfant. Elle est timide, s'arrête, comme toute gênée d'être là.
MADAME ANDRAL
Sans doute...
Moi-même...