ACTE PREMIER
furibond
iMalheureuse!
Les bras vers les étoiles :
Mais sois témoin, ciel qui frissonnes, <^^"elle a par un baiser mérité son pardon.
Et il la baise dans les cheveux, joycuièement.
LIZANE
tout en l'écartant mal
Derrière les billards, et loin du rigodon,
Les nouveaux. Ceux qui font des sonnets. Ça les mène
A ne dîner, très tard, que trois fois la semaine.
Des enfants presque. On dit : C'est les Parnassiens.
Drôle de nom. Ils sont très mal vus des anciens
Pour leur barbe blondine et leurs fronts sans grisaille.
Villiers. Tous ses cheveux dans l'œil. Une broussaille,
Du feu dessous. Est-il roi des Grecs? c'est le hic.
Hérédia ne vient jamais. Il est trop chic.
Comme on ferait tourner des tables, main crispée.
Tendus, ils font le rond vers Catulle ou Goppée.
Catulle, en porcelaine, a des airs belliqueux!
L'autre est plus doux. Des fois je m'asseois avec eux;
Ils parlent de Hugo, d'Hamlet, de llosaliude,
De l'amour, de la mort, de la Chine, de l'Inde,
De Leconte de Liste et de l'Himalaya;
Ce que je bâille dans les bocks qu'on me paya !
Tout de même on sent bien qu'ils sont tout autre chose
Que des bourgeois qui font des affaires en prose.
0 frères de mon rêve! 0 futurs compagnons î
LIZANE
poiifTant Je rire
Et les dames, dans un coin, se flanquent des gnons.
Emmenez-moiî Par les jours d'or et les nuits bleues.
Sans nul bagage, avec mes jambes de sept lieues.
Ivre, criant ma joie en fabuleux discours,
Jouant Diègue ou Léandre et chantant dans les cours,
Je veux, ô muse femme! 0 chair de ciel pétrie!
Te suivre vers la Gloire ! et vers la Brasserie.
qrii a songé, après un coup d'uni vers l'aubrrge
Au fait... — Vous, qu'étes-vous? Paysan? non. Rentier? — L'instituteur?
Je fais des vers.
LIZANE
Fichu métier.
N*importe.