ACTE DEUXIÈME
(A Paris, plusietirs années après le premier acte)
DECOR
Chez M. de (lirardin. Une des salles de la bibliothèque. Luxe disparate, austère et futile, monacal et mondain. De grands bahuts bas, sombres, les uns cnlr'ouvcrts, pleins de dossiers, supportant des bustes de philosophes, d'économistes, et des statuettes de comédiennes du xvili" siècle. Il y a vers le fond, à gaucho, en réduction, marbre teinté, « La FRILEUSE de Houdon »; au premier plan, à droite, la statue, grandeur nature, du garde des sceaux chancelier, Pierre Séguier ; sur le socle : « Pierre SÉguier, 1588-167:2 ». Au mur, un portrait étroit et long de Napoléon Je', qui ressemble à Emile de Girardin. — Par une grande baie ouveite, la salle donne sur une serre merveilleusement fleurie, dont le toit de verre est tout blanc de neige. — Une cheminée est pleine d'e'normes bûches flambantes. Sous un lustre de Venise, chaises, une grande table, fauteuils, un guéridon léger, japonaiserie, avec un en-cas, biscuits, sandwichs, porto dans du cristal tailladé. — On accède à cette salle, au premier plan, à gauche, par une entrée cachée d'une tenture, plus haut, par une porte à deux battants, en face, au fond, par la serre ; à droite, vers le fond, sous le portrait de Napoléon, par un escalier de bois noir sculpté, — quatre ou cinq marches, — qui tourne à angle droit. — 11 est un peu plus d'une heure de l'après-midi.
52 GLATKi.NY
PERSONNAGES
ALBERT GLATIGNY. — EMILE DE GIRARDIN. - LIZANE. — LA PRLN- CESSE D'ELFE, ambassadrice de Courlande. — UN SECRÉTAIRE. — UN AUTRE SECRÉTAIRE. — UN VALET. — UN JOURNALISTE. — ( N HOMME DE BOURSE. — UN DÉPUTÉ. — UN BOUTIQUIER DU QUARTIl lî.
Des domestiques, des gens de lettres, des bas-bleus. — Les clients et : clientes d'Emile de Girardin.
A 1 lever du rideau, ijuatrc ou cinq valets en livrée, presque impériale, refoulent l'entrée à gauche, vers la porte à deux ballants, vers la serre envahie auss poussée d'une foule — hommes et femmes, — qui crie et gesticule.
On n'entre pas !
LES VALETS