HISTORIQUE
Nous ne voulons pas, dans ce chapitre, faire une longue énumération remontant aux auteurs anciens qui se sont occupé des rapports du glaucome et des lésions vasculaires. On trouvera du reste, dans la thèse de Joseph, de 1904, les indications historiques remontant depuis les livres hippocratiques, en passant par les écrits de Maître Jean, où l’on trouve des indications vagues sur le glaucome, à ce moment encore peu différencié de certaines autres affections oculaires.
Brisseau, en 1709, dégagea du tableau nosologique du glaucome le symptôme de l’hypertonie oculaire, qui ne tarda pas à devenir le fait capital de cette maladie. Après l’étude de l’exagération de la tension intra-oculaire, on pousse les recherches du côté des vaisseaux sanguins pour expliquer ces troubles.
En 1847, Desmarres signale le glaucome comme un indice de la sénilité. Il ajoute, en parlant des causes prédisposantes : « Il en sera de même de certaines prédispositions morbides générales, telles que
le rhumatisme, la goutte, etc. »
Ce sont ces faits que souligne Panas en incriminant la goutte, l’arthritisme, la syphilis, autant de causes d’angiosclérose.
Les rapports du glaucome et de l’artériosclérose sont entrevus dans toute une série d'observations : Meurer, Julius Michel, Delalande, Kœnig, Adolphe Hirt, Raehlmann.
Panas et Rochon Duvigneaud, dans leur ouvrage, publient une observation du docteur Graefe, où celuici constata, au cours d’une autopsie d’un malade atteint de glaucome, et mort d’hémorragie cérébrale, des lésions d’artérioselérose sur les artères de la base du cerveau. Zimmermann, dans son ouvrage sur la pathogénie et le traitement du glaucome, s’occupe surtout de ses relations avec les lésions cardiaques.
Terson et Campos, en 1838, examinèrent la tension artérielle chez les glaucomateux, pour savoir si les malades sont «plus ou moins souvent en état habituel d’hypertension artérielle». Ils laissent donc de côtéles autres symptômes de l’artériosclérose et ne s’intéressent guère qu'aux rapports du glaucome et de la tension artérielle.
Sur un certain nombre de cas examinés par les auteurs, ils arrivent à des résultats assez douteux, et leur conclusion est que l’hypertonie oculaire peut se rencontrer sans hypertension artérielle.
Ils pensent que le glaucome, surtout dans sa forme aiguë, n’est donc pas en rapport étroit avec l’artériosclérose. Ils pensent que le glaucome aigu est peut-être un accident passager analogue aux œdèmes aigus.
Bajardi, dans son travail, s’accorde avec ces derniers auteurs, conclut qu’il peut y avoir forte hyper-